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La houille et le fer. — L’Italie est pauvre en

combustibles minéraux; elle consomme 5 à 600,000 tonnes de houille, et ne tire guère de son sol que 50,000 tonnes de lignite , provenant des lacs desséchés des époques géologiques. Les principaux dépôts sont, dans les Alpes, près de Boca dans le Novarais, dans le val Gandino près de Bergame, dans le Valdagno en Vénétie ; dans l’Apennin, à Cadibone en Toscane , sous forme soit de bois fossile dans la vallée supérieure de l’Arno, soit de lignite noir et bitumineux à Monte-Rufoli, à Tatti, il Folloniea- Ribalta, à Monte-Massi, à. Acqua-Nera ; dans les Calabres, à Agnana et Gonidoni, mais encore peu exploité. On a reconnu la présence du lignite sur un grand nombre d’autres points. La tourbe abonde, surtout au pied des Alpes , dans les plaines de la Lombardie, du Piémont et en Toscane.

L’Émilie et l’Abruzze (à Chiéti) ont des gisements de pétrole peu exploités (Miaho, San Andrea, etc.).

L’Italie a de bons minerais de fer ; Vile d'Elbe (gîtes de Rio-Marina, du cap Calamita, etc.) possède d’inépuisables dépôts de fer oxydé magnétique que l’on exploite depuis l’antiquité; la Sardaigne , du cap Spartivento à la vallée d’Iglesias, a un riche gisement de meme qualité ; le Bergamasque, le Brescian, la Valteline, la Calabre en fournissent aussi ; mais l’extraction totale ne dépasse pas 150,000 tonnes de minerai.

Aussi travaille-t-on très- peu le fer en Italie: à peine sort-il des usines 50,000 tonnes dont plus de moitié dans la Lombardie qui fabrique des clous et des tôles (Valteline, val Camonica, val Sassina et val Sabbia) ; la forge royale de Pisagne est un des principaux établissements de ce genre; à Piombino, on fait de l’acier.

281. Les autres métaux. — L’Italie possède de belles mines de cuivre , surtout dans les roches serpentines de la Toscane , dans la Vénétie (Agordo); sur une production de 5,000 tonnes de cuivre en pain, 2,200 environ pro-

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viennent de Monte^Catini, de Val di Gecina (Toscane), et à peu près autant d’Agordo (prov. de Bellune). C’est surtout dans la Lombardie (Lecco, etc.) que sont les principales usines pour la fonte et la fabrication du cuivre.

L’Italie produit environ 16,000 tonnes de minerai de plomb , dont les quatre cinquièmes consistent en galène argentifère de la Sardaigne (district d’Iglesias, etc.); vient après, la Toscane septentrionale (Boltino près de Lucques). Le plomb métallique est évalué à 10,000 tonnes. Le minerai fournit souvent aussi un peu d'argent (env. 1 million et demi de francs). Quelques mines (par exemple Macugnaga dans le val Anzasca) donnent de l’or ; d’autres donnent du mercure (Vallalta, province de Bellune; Sièle, province de Grosseto); d’autres du zinc (dans la commune d’Auronzo, province de Bellune), de l’antimoine (à Montant, province de Grosseto i, du nickel (le Becco d’Ovaglia en Piémont), du manganèse (San Marcello, en Piémont, Franura, et Pignone en Ligurie) ; mais tous ces métaux sont en très-petite quantité.

282. Le soufre. — Le soufre est une des richesses minérales de l’Italie. Toute la région sud-est de la Sicile, sur une longueur de 250 kilomètres, renferme une suite presque ininterrompue de dépôts de 1 à 8 mètres d’épaisseur qu’exploitent aujourd’hui plus de 350 soufrières ; malgré les inconvénients d’une exploitation toute primitive et l’insuffisance du combustible pour alimenter les fours (calcaroni), la production dépasse 250,000 tonnes et approvisionne presque toute l’Europe; c’est dans les provinces de Caltanisetta (80,000 tonnes) , de Girgenti (60,000 tonnes), et de Catane (12,000 tonnes) que sont les plus productives soufrières. Près du Vésuve et sur le revers oriental de l’Apennin, entre Ancône et Bologne, se trouvent une quinzaine de soufrières, dont la plus importante est Perticara de Talamella et qui ne rendent pas moins de 80,000 tonnes.

l’europe méridionale.

283. L’acide borique et le sel. — Dans les maremines toscanes, près de Vol terra, entre P omar an ce et Massa , il s’échappe de terre, en certains endroits, des jets de vapeurs sulfureuses ( soffioni , soufflets) ; on a converti ces endroits en lacs artificiels (lagoni) dont l’eau dissout et retient les gaz, puis fournit, par évaporation, Y acide borique.

Grâce à son climat chaud, l’Italie a des salines productives: en Sicile près de Mar sala , de Trapani et d’Agosta ; en Sardaigne, près de Cagliari ; au fond de l’Adriatique, à Comacchio et près de Venise (San Felice), etc. ; elle a aussi du sel gemme (près de Vol terra).

284. Les eaux minérales. — Les eaux minérales les plus fréquentées de l’Italie sont : en Piémont, celles de Gourmayeur, d ’Àcqui, de Valdieri ; en Toscane, celles de San Giuliano, de Lucques, de Monte-C atini , de Val di Nievole ; dans le midi, celles de Castellamare, d ’Isch'ia , etc.

285. Les carrières. — Composé presque tout entier de roches calcaires, l’Apennin est riche en matériaux de construction : le défaut de communications y limite seul V exploitation des carrières. Le macigno , le travertin , l’albâtre de Toscane (Montalcino, Volterra) sont particulièrement renommés.

Plus anciennes sont les roches exploitées sur le liane des Alpes, le granit rouge de Montorfano (près de Pal • lanza), d’Alzo, de Baveno ; le gneiss et le micaschiste des environs de Pignerol (Malanaggio, etc.) et de Saluces ; 1 7 ardoise du district de Lavagna près de Chiavari (mont Saint- Jacques); la pierre à aiguiser du Bergamasque ; le kaolin de l’tle d’Elbe ; la pierre ponce des îles Lipari (mont Campobianco), du Vésuve et de l’Etna, le corindon des Alpes piémontaises.

Le marbre est la principale richesse des carrières d’Italie, ses plus belles variétés sont le marbre vert de Suze, l’euuope. 20

de Polcevira ; le marbre blanc de Gandoggio, elle marbre saccharoïde de Yezze dans le Bergamasque, le marbre blanc et arenaire de Lombardie, la brèche de Vérone, les marbres de Toscane, le marbre blanc de Carrare et de Serrayezza, renommé comme le plus beau marbre statuaire de l’Europe et donnant lieu à une extraction d’environ 80,000 tonnes par an, y compris 13,000 tonnes des •carrières de Massa.

Les argiles colorées, ocre jaune de Sienne , terre verte de Vérone, etc. sont nombreuses en Italie.

286. Les industries préparatoires. — Quand l’homme s’est procuré, par la culture, l’élevage ou l'extraction, tous les matériaux que lui peut fournir la nature, il les met en œuvre par son industrie pour créer les produits utiles à sa consommation personnelle. Mais, avant d’arriver à composer un vêtement, un aliment, il faut qu’il crée, avec ces matériaux, des outils, des instruments pour manier et transformer ces mêmes matériaux: de là une série d industries mécaniques ou chimiques que nous nommons industries préparatoires , parce qu’elles préparent en effet le travail définitif qui a pour but la satisfaction d’un besoin personnel de l’homme.

Les industries mécaniques, par suite du manque de fer et de houille, sont peu développées en Italie ; les principaux ateliers de construction sont situés à Follonica, à Saint-Pierre d’Arena près de Gênes, à Pietrarsa, près de Naples. A Leceo et dans les environs on fait du fil de fer, de la quincaillerie, de la chaudronnerie et surtout les gros chaudrons (pii servent à cuire le lait dans les fromageries de la montagne ; Milan et diverses usines de la Lombardie et du Piémont fabriquent des limes et des râpes.

La Lombardie a des fabriques d’armes dans le Brcscian (Brescia, Corcina), etc. ; et de coutellerie à Milan, Brescia, Florence , etc.

Les industries chimiques sont, par suite de l’abondance des matières premières, un peu plus prospères. Outre l’acide borique, on peut citer l’acide citrique de Sicile, extrait du citron, la garancine de Castellamare extraite de la garance, l’acide sulfurique de Turin, de Milan, de Païenne, la céruse de Gènes et de Livourne, la potasse et le tartrate de potasse des provinces méridionales, le vertde-gris de Naples, la poudre de Toscane, les essences (bergamotte, etc.) de Sicile, des environs de Florence et de Gènes.

On fabrique des bougies dans plusieurs grandes villes, Turin, Milan, Livourne, Pise, etc.

Les tanneries d’Italie qui apprêtent soit les peaux de la contrée, soit celles d’Amérique, ont une certaine importance, surtout dans la Ligurie et le Piémont, dans la Vénétie, dans les provinces napolitaines (Castellamare, San Giaccomo delle Capri, Solofra, etc.) et à Messine.

L’olivier a donné naissance à la fabrication du savon , pratiquée dans un grand nombre de lieux, surtout à Gênes, Naples, Livourne.

287. Les industries alimentaires. — Parmi les industriee alimentaires, l’Italie peut citer ses fromages, surtout les fromages dits de Grana ou parmesans, bien qu’on en fabrique très-peu aux environs de Parme : ils proviennent surtout des provinces lombardes de Milan (Corsico), de Lodi (Codogno), de Pavie, de Crémone et de Man loue. Tiennent ensuite le Gorgonzola et le Stracchino, fromage de brebis du Bergamasque . La charcuterie offre

les jambons de la Romagne et de l’Emilie, les saucissons de Florence, la mortadelle de Prato et de Bologne, etc. Les péites, (vermicelle, macaroni, etc)., des côtes de Ligurie et des provinces napolitaines , les biscuits de Ligurie, les cantucci de Livourne et de Florence, la confiserie (dragées de Bergame, fruits candis de Gènes, nougats de Calabre, chocolat de Turin et de Florence, câpres de Si-

cile), les liqueurs (anisette de Brescia, vermouth de Turin, etc.*) sont également renommés.

288. Les industries textiles. — Quoique produisant le coton , lTtalie ne compte guère que 430,000 broches de filature, dont la majeure partie est en Lombardie (Varèse, Lecco, Milan, Voghera), et en Ligurie (Gênes). Le tissage, plus important, est pratiqué par des tisserands de campagne dans le midi (Cosenza, Gatanzaro, Castellamare) ; a la campagne ou dans des fabriques, en Toscane (Florence et la vallée inférieure de l’Arno), où l’on fait en assez grande quantité pour les classes pauvres des étoffes dites « hordato » et « fustagno », et dans le nord (Milan, Biella, Voghera, etc.).

LTtalie ne met en œuvre qu'une petite partie du chanvre et du lin qu’elle récolte : Lecco, Bergame, Brescia, Milan, Oliiavari, Gênes, Bologne, etc. dans le nord; Naples, Gatanzaro, dans le sud, font de la toile.

La fabrication des draps et lainages, qui est en voie de progrès, produit surtout des articles communs, principalement dans le Piémont , à Biella , le centre italien le plus important des industries textiles, et à Turin ; à Gênes et à Go ni ; dans la province de Vicence ; dans la Toscane; dans la terre de Labour et la province de Salerne.

La soierie a été une des grandes industries italiennes : elle est bien déchue, malgré la présence de la matière première, et elle ne compte guère que 20,000 métiers battants, particulièrement a Corne pour les étoffes ù. bon

marché, à Gênes pour les velours, à Bologne pour les crêpes.

La dentelle et la broderie ont pour centres : Gênes, qui lait travailler les paysannes de la Ligurie; Milan, qui fait travailler celles de la Lombardie (Gantù, Saint- Angelo,

etc.) et \enise. La passementerie a pour centres le Piémont, Milan et Naples.

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