‹ L'EuropeChapitre 56 sur 93 · Retour sur la géographie physique. — La · texte numérisé non relu

Retour sur la géographie physique. — La

Turquie d’Europe (sans compter Candie) est située entre 39° et 48° de latitude, et entre 13° 30' et27°30'de longitude orientale: elle est bornée, au N., par T Autriche et parles principautés tributaires (Servie et Roumanie) ; a l’O. par l’Autriche, la mer Adriatique, le canal cl’ Otrante et la mer Ionienne ; au S. par la Grèce ; à TE. par T Archipel, la mer de Marmara, les détroits des Dardanelles et du Bosphore qui la séparent de l’Asie et par la mer Noire ; elle a une superficie d’environ 357,000 Idiome très carrés.

Elle appartient au climat méditerranéen ; mais les nombreuses montagnes dont elle est couverte, établissent de grandes différences de température entre les provinces, selon l’altitude et l’exposition, et y rendent en général le froid rigoureux en hiver ; dans la Bosnie, l’Hertzegovine et sur presque tout le plateau central, les hivers rappellent ceux de la Suisse et la terre se couvre d’une épaisse couche de neige.

Les terrains primitifs dominent dans la partie centrale ; les terrains crétacés dans la partie occidentale ; et les terrains tertiaires au N. et à l’E. Le pays est généralement montagneux : du Tchar-Dagh rayonnent les Alpes Dinariques au N., les Balkans et le Bhodope ou Despoto-Dagh à TE., le Pin de au S.; les principaux cours d’eau sont la Narenta , le Dr in, la Vo’ioussa , affluents de T Adriatique, à l’O. ; le Salembria, VTndjé-Karasou , le Varclar , le Strouma , la Marilza , affluents de l’Archipel au S. et à TE. ; le Danube avec ses affluents la Save, la Morawa, etc., sur la frontière septentrionale.

303. Les révolutions politiques. — Dans l’antiquité, la Thrace, la Macédoine, FÉpire, longtemps barbares, étaient, avec la Thessalie, les principales régions de cette contrée que la Grèce civilisa en partie. La Macédoine, devenue puissante, grâce aux conquêtes de Philippe et d’Alexandre, assujettit la Grèce (336 av. J. -G.) et fut à son tour soumise par les Romains (148 av. J. -G.).

Dans les derniers temps de l’Empire, Constantinople, fondée par Constantin sur l’emplacement de Byzance (330), devint la résidence des empereurs et, quand l’héritage de Théodose eut été partagé entre ses deux fils (393), elle fut la capitale de l’Empire d'Orient (393-1433). Les empereurs d’Orient eurent successivement à lutter contre les barbares qui franchissaient la limite du Danube, Goths, Huns, Serbes, Bulgares, Croates, Valaques. Dès le vu® siècle, les Serbes et les Bulgares établirent leur domination entre le Danube et les Balkans, les premiers à l’ouest, les autres à l’est, et ces derniers dominèrent même quelque temps sur presque toute la péninsule, où leur race est encore nombreuse. L'Empire d’Orient s’était séparé de l'Église romaine au ixe siècle (schisme de Photius). Au xmc siècle, pendant les croisades, les Latins s’emparèrent de Constantinople et fondèrent un empire éphémère (1204-1261) . Au xive siècle, les Turcs Ottomans , originaires du Turkestan, franchirent les Dardanelles (1356), conquirent la Thrace qu’ils appelèrent Roumili , c’est-à-dire pays des Romains (1360), la Bulgarie (4396), la Valachie (1393-1460), la Servie (1459), la Bosnie (1463), la Morée (1470), l’Albanie (1473) et la Moldavie (1489). La prise de Constantinople en 1453 avait mis fin à l’empire grec. La conquête de Belgrade et de Rhodes (1522) et le règne de Soliman le Magnifique marquèrent l’apogée de l’empire ottoman qui s’étendait, à la lin du xvic siècle, jusqu’au lac Balaton, et possédait la plus grande partie de la Hongrie et toutes les côtes de la mer Noire. La fin du xviic siècle inaugura pour

lui une période de décadence : la paix de Garlowitz (1099) lui enleva la Hongrie, la Transylvanie, PEsClavonie, la Dalmatie. Au xvme siècle (de 1718 à 1792), il perdit les côtes de la mer Noire, Temeswar, la Bukovine ; au xixc siècle, la Bessarabie (1812). La Servie se déclara indépendante en 1800 ; le traité d’Andrinople (1829) consacra l’indépendance de la Grèce, et milles principautés de Servie, de Valachic et de Moldavie sous le protectorat de la Russie. Celle-ci, aspirant à la conquête de Constantinople, chercha à étendre son influence sur les populations de la Turquie. Toutefois le traité de Paris (1850) arrêtant momentanément ses progrès, écarta la frontière russe des bouches du Danube et mit les principautés sous la protection des puissances signataires du traité.

Page 1