‹ L'Europe en Armes en 1889Chapitre 18 sur 62 · PRÉFACE XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXV

Les acclamations à Paris, en province, donnent sur les nerfs à une foule d'honorables.

On crie à fructidor, même à brumaire.

Dans les jours qui précèdent la session extraordinaire de 1886, on croit être arrivé à tomber le monstre.

Le général Ferron arpente déjà victorieusement la rue Saint-Dominique, et Saussier, déjà nommé, prépare la liste de proscription des officiers qui ont servi l'aspirant dictateur.

Au paysan, c 6st un autre langage qu'on tient.

Boulanger, sans doute, c'est un vaillant soldat. Mais il n'a dans ses états de service ni Marengo, niÂusterlitz, ni mêmeKaïrouan. Et puis, il veut la guerre, il la veut quand même, pour s'illustrer, pour devenir un nouveau Bonaparte, un autre Napoléon.

Or Napoléon, c'est 1815, c'est 1870, c'est l'invasion, c'est le démembrement, c'est la ruine.

Le pays répond par un formidable haussement d'épaules.

Dans le ministre de la guerre qui a exécuté comme une consigne pénible, mais inéluctable, la radiation des princes de Tarmée, dans l'homme libéral qui a voulu détruire la défiance des mineurs à l'égard de l'armée, dans l'orateur qui a toujours prêché l'union dans une République large et forte, le peuple ne veut pas reconnaître la silhouette de brumaire.

Page 1