PRÉFACE XLI
s'est cru permis de le frapper disciplinairement, comme s'il n'existait pas quelque part dans les règlements militaires, l'interdiction de punir par haiae et pour des fautes non explicitement prévus par les règlements.
Si jamais la politique fut introduite dans l'armée, ce fut certainement dans ce cas par le ministre de la guerre lui-même, devenu le valet docile d'une coterie politique. Pendant que l'opinion était absorbée par ce scandale, M. Ferry poursuivait ses visées ambitieuses, recrutait ses voix, et quand M. Grévy, victime des fautes de son gendre, était obligé de se démettre, il semblait que l'élévation du député des Vosges à la présidence de la République était déjà un fait accompli.
Mais l'opinion publique, mais le patriotisme de quelques-uns, mais la haine du plus grand nombre, faisaient bonne garde et barraient la route à cette ambition malsaine.
M. Jules Ferry avait rêvé de déshonorer le général Boulanger, et le commandant du 13® corps gagnait à cette manœuvre infâme un surcroît de popularité.
M. Jules Ferry avait voulu escalader la première magistrature de l'Etat à la barbe de M. de Freycinet, de M. Floquet, de M. Brisson, et il était obligé d'y pousser M. Garnot, quitte à lui imposer, comme programme, les rancunes et les