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Honved hongroise

La réforme du régime obtenue par la nouvelle loi militaire veut so préoccuper principalement des nonvaleurs, ou de ce qui compte à peu près comme tel.

On pense y arriver :

Par l'augmentation du contingent annuel, porté de 95,474 hommes à 403,100 survalue de 7,626 équivalant à un accroissement de 21,976 hommes, soit à une dépense de 5 millions de florins * :

1*^ Cette augmentation sera rendue plus facile par la nouvelle fixation imposant le service militaire seulement à partir de la 21® année, pour éteindre la proportion par trop forte des ajournés : 287 p. 1,000 pour la classe 1886.

* Le budget de l'exercice précédent, voté en 1888, aux Délé- };aUons, le chiffrait : armée de terre, 121,131 900 florins; année lie mer, 11,318,287 florins.

2® Par la suppression de la ré serve de remplacement qui entrerait en partie dans le contingent, en partie dans la landwehr:

3*^ Par Taugmentation du nombre et de la durée des périodes d'instruction pour la landwehr.

Le landsturm, qui ne date que de 4886-87, n'est encore qu'incomplètement et imparfaitement organisé; mais il tend de jour en jour à le devenir davantage, afin de pouvoir prendre dans les services sédentaires, la place laissée libre par l'incorporation de la majeure partie des divisions de landwehrs, dans les formations de première ligne.

En 1882, la monarcliie a admis le lotissement régional ; en principe les corps de troupe doivent être garnisonnés dans leur zone de recrutement, mais le principe tolère de nombreuses exceptions motivées le plus souvent par des considérations politiques.

Néanmoins, quand le besoin s'en fait sentir, l'avantage incontestable d'établir les corps à proximité de leur district de recrutement fait négliger la préoccupation politique plus ou moins motivée; c'est ainsi qu'a été officiellement expliqué en juillet 1887 l'envoi en Gallicie de la 2® division d'infanterie précédemment garnisonnée à Vienne, et de 4 régiments de

cavalerie.

Actuellement encore, sans comprendre l'occupation de Bosnie-Herzégovie, 12 régiments d'infanterie sont encore stationnés en dehors de la région territoriale de leur corps d'armée.

L'armée impériale compte 15 corps d'armée dont la composition théorique à deux divisions dUnfanterie n'est pas toiyours fidèlement observée. Les V et

74 L'EUROPfi EN ARMES

H« corps (Gracovie et Vienne) sont à 3 divisions, le XIV* corps (Innsbrûck) n'est formé qu'à deux brigades et le XV® corps (Serajewo) comprend deux divisions et deux brigades indépendantes.

Le nombre des divisions d'infanterie s'élève à 32 (y comprenant les deux divisions nominativement formées avec les brigades de montagnes), quoiqu'il puisse être fait mention d*une 36® division, car en réalité manquent dans la série les n^"' 20, 21, 22, 23 et 26, réservés à des formations spéciales.

Les brigades d'infanterie se comptent de 1 à 94, avec manquement dans la série pour. les n^'^ 35, 36, 41, 42, 43, 44, 48, 46, 51, 52 et 72 à 94. Les brigades de montagnes se suivent de 1 à 8.

Au total, 102 régiments d'infanterie à 4 bataillons, plus un dépôt ; chaque régiment correspond à un district.de recrutement; de ces régiments, 4 sont hongrois, 19 galliciens, 16 tchèques, 5 croates, etc., etc.

Les chasseurs à pied présentent 32 bataillons à 4 compagnies plus un dépôt, et le régiment des chasseurs tyroliens de l'Empereur à 10 bataillons et 2 cadres de dépôt.

La compagnie d'infanterie peut être à l'effectif normal, renforcé ou réduit; l'effectif normal montre 82 hommes, l'effectif réduit 67 hommes. Je me suis laissé dire que, dans la pratique, l'effectif normal était assez souvent inférieur à l'effectif réduit ; l'effectif renforcé est à 127 hommes, plus exactement à 128, car je sais que certains régiments en Gallicie avaient leurs compagnies à cet effectif.

En principe, chaque corps d'armée est doté d'une

brigade de cavalerie, de 2 régiments à 6 escadrons, dont la mobilisation est très grandement facilitée par une série de dispositions fort pratiques. Le IV^ corps (Gratz) possède deux brigades non endivisionnées; trois divisions permanentes ou indépendantes de cavalerie ont été formées depuis peu : P'' (XP corps Lemberg), 15, 20 et 21® brigades (36 escadrons), IP (P"" corps Gracovie), 5, 11 et 14^ brigade (42 escadrons), IIP (IP corps Vienne), 2 et 7® brigades.

Les XII et XV® corps sont dépourvus de cavalerie.

Depuis que les ublans ont déposé la lance, l'armement des 41 régiments de cavalerie à 6 escadrons est uniforme; les subdivisions d'armes sont : 14 régiments de dragons tous Gisleithaniens (deux se recrutent en Gallicie et en Bukowinc), 16 régiments de hussards, tous Hongrois, et 11 régiments de uhlans Hongrois et Groates.

Enfin, chaque corps d'armée (à l'exception du XV®) est pourvu d'une brigade d'artillerie: la brigade comprend des groupes de batteries divisionnaires, et un régiment de corps à deux groupes de batteries montées, et des batteries à cheval. Dans les quarantedeux groupes de batteries lourdes, divisionnaires, les n«» 7 à 28 sont à effectif normal, les n^'* 29 à 42 à effectif réduit (2 pièces seulement en temps de paix).

Au total, 212 batteries avec 796 pièces à l'effectif de paix et 1,664 pièces sur le pied de guerre.

Nous ferons remarquer que l'organisatio)! actuelle de Tartillerie ne répond qu'imparfaitement aux exigences des formations éventuelles du temps de guerre. ^

Cette insuffisance en artillerie ressort avec évidence

de la comparaison eatre les armées russe et austrohongroise.

On compte en Russie 3 pièces par bataillon d'infanterie, en Autriche-Hongrie i, 6 seulement. Il en résulte que pour mettre la monarchie sur un pied égal à celui de TEtat voisin, il serait nécessaire d'augmenter de 14 pièces la dotation du corps d'armée. On pourrait à la rigueur se contenter d'une augmentation de 8 pièces (une batterie) ce qui ramènerait la proportion à 2, 9.

Mentionnons encore douze bataillons d'artillerie de forteresse autant pour la défense des places que pour le service des parcs de siège, dont ceux dits mobiles (Mobile-Belagerungs, Batterie-Gruppe) méritent une mention particulière. Ces cinq petits parcs mobiles sont établis : 2 à Vienne, 1 à Budapesth, 1 à Cracovie et 1 à Przeraysl (4 pièces de 12 centimètres, et 8 mortiers de 15 centimètres). Cette organisation récente particularise bien la guerre future à laquelle TAutriche-Hongrie se prépare.

Enfin, pour en finir avec cette énumération : deux régiments du génie, un de pionniers, trois du train et les services auxiliaires.

J'ai déjà dit dans un précédent volume, Jtusses et Autrichiens en robe de chambre, ce que je pensais du soldat de l'armée impériale. Il a dans la moyenne toutes les qualités d'un excellent troupier, et si les armées austro-hongroises sont exposées aux échecs futurs, que je considère comme peu douteux, c'est à l'organisation défectueuse du mécanisme que la nation devra seule imputer ses défaites.

Je crois qu'une grande et apathique fatalité pèse sur les destinées de la monarchie.

Poussée par les impérieuses exigences de son alliée, elle se ruine en prodigieuses dépenses militaires : elle transforme son armements modifie Téquipement de

* Transformation de rarmement. — C'est au mois de novembre 1886 que le ministre de la guerre, comte Byland- Rheidt, exposa aux Délégations la nécessité de transformer rarmement et leur proposa Tadoption du fusil Manniicher, à répétition, du calibre de onze millimètres ; le projet ministériel répartissait comme suit la fabrication : 23,000 fusils en 1887, 210,000 en 1888, 300,000 en 1889, le reste en 1890. Les Délégations consentirent à un premier crédit de 3,500,000 florins.

Quelques spécialistes, notamment dans Tarme intéressée, protestèrent avec plus ou moins d'énergie contre cette transformation incomplète de l'armement; de Tavis de tous, la répétition ne pouvait être séparée de la réduction du calibre. Mais le minisire, comme il le déclara lui même, cherchait encore la poudre autorisant l'adoption d'un calibre réduit. Cette nouvelle poudre ne fut expérimentée à S^e^er que dans les derniers mois de l'année 1887 ; aussitôt le ministre proposa aux Délégations l'adoption d'une arme d'un calibre de huit millimètres ; un premier crédit <le 15,512,000 florins, fut voté pour 1888 et un second (juin) de 13,384,700 florins pour 1889.

Comme l'a fait connaître le ministre, la manufacture de Steyer peut produire mensuellement 25,000 fusils, soit 300,000 par an.

L'ouvrage spécial que M. Strachovtky a consacré à cet établissement confirme ces données : la production journalière y est de 1,100 fusils par jour.

A la suite du mouvement considérable qui s'est produit en Hongrie, en vue de l'installation d'une manufacture d'armes nationale, le Parlement de Pesth, a sanctionné en 1888 la création de cet établissement.

La société s'est constituée au capital de 3 millions de florins; l'État lui a fait don du terrain près de Pesth, et l'outillage a été commandé à la maison Lowe et C^', de Berlin.

L'installation doit être terminée le 30 septembre 1889, et la fabrique devra avoir livré, au 31 décembre de cette même année, son premier mille de fusils, au prix de 18 fr. 56 ; 180,000 armes devront être fournies au 1'' mai 1892.

Il est aisé de se rendre compte, d'autre part, des premiers

soQ infanterie*, revise ses règlements*, améliore son réseau ferré et, malgré tous ces efforts, tous ces sacrifices, elle progresse peu et ne reconquiert pas la confiance morale qui a fait jadis, sinon la force, indubitablement Thonneur des armées impériales.

A raisonner philosophiquement, j'estime que cette déchéance est le fruit douloureux du servilisme auquel la nation s'est condamnée.

Le maréchal de Saxe a écrit dans ses Rêveries : « L'espérance fait tout endurer et tout entreprendre aux hommes ; si vous la leur ôtez, ou qu'elle soit trop éloignée, vous leur ôtez Tâme. »

Une nation qui a abdiqué toute espérance a peutêtre aussi rendu l'âme.

Les détails relatifs à la mobilisation ont généralement besoin d'être beaucoup améliorés, notamment

besoins de l'armée : 502 bataillons à 860 fusils chacun ; si Ton y ajoute une réserve de 30 p. 100, on arrive au total de 725,000 armes.

A la fin de Tannée courante neuf corps d'armée seront possesseurs du nouvel armement : IV, V, VI, II, I, XI, etc.

' La distribution de l'équipement modifié se fait au fur et à mesure de l'armement des corps avec le nouveau fusil. 1,500,000 florins sont attribués au dernier budget à celte transformation.

Le sac est en deux parlies, faciles à détacher et répartissant très judicieusement la charge sur les épaules et les hanches; la partie inférieure du sac renferme une boîie de conserve; 6 paquets de 10 cartouches, et deux magasins avec 5 cartouches l'un. — Sur chaque côté du sac une poche pour 20 cartouches. — Le manteau est roulé autour du sac et la paire de bottes de rechange a été remplacée par des souliers légers. Un homme sur deux porte l'outil de pionniers, l'autre le campement.

* La commission s'est réunie à Vienne dans les premiers jours de janvier, sous la présidence de l'archiduc Albrecht.

en ce qui concerne la constitution des approvisionne- Qfients et les conditions de transport.

A ce dernier point de vue, Tétat-major général à Vienne ne peut ignorer qu*il doit s'attendre à de cruels mécomptes.

Le matériel à employer pour la concentration en Gallicie est notoirement insuffisant*, et les voies de garage, pas assez nombreuses, ne doivent être considérées que comme des paHiatifs pour compenser le rendement insuffisant des lignes à voie unique et la ' pénurie du matériel.

Il est juste de faire observer que lorsque les travaux projetés auront été exécutés, les conditions laisseront moins à désirer. Le tout est de savoir quand le projet de loi déposé le 23 avril 1888 à Pesth, parle ministre des travaux publics, aura reçu Tindispensable consécration. Ce projet de loi tend à obtenir la garantie de l'Etat pour un emprunt de 17 millions de florins, à la charge des compagnies de chemin de fer :

Kaschau-Oderberg ; Nord -Est-Hongrois ; Hongrois-Gallicien.

* C'est ainsi qu'en Autriche-Hongrie, la relation entri^ le nombre de kilomètres exploités et le nombre de locomotivos en service se traduit par 0,20. Cette même relation est en Allemagne de 0,33 et en Russie de 0,26.

En Autriche-Hongrie même, la proportion est très régulièrement répartie; les compagnies privées sont très heureusement dotées: Ausstg-Teplitz, 0,55. Kaiser Ferdinand Nord-Bahn, 0.42. Sud- Bahn. 0,28; tandis que les chemins de fer de l'Etat sont médiocrement avantagés: K. K. Staats bahnen, 0,17. K, K, Ungarische Staats bahn, 0,14.

L'emprunt doit permettre aux compagnies de majorer le rendement stratégique de leur réseau :

1° Par la pose d'une double voie;

2® Par laugmentation du matériel roulant :

Achat de 1,200 wagons et 200 locomotives. Ces dernières surtout font défaut.

Il est question auss^i de la construction d*un pont sur le Danube à Presbourg ou Gomorn.

La ligne Kaschau-Oderberg^ de date assez ancienne, réclame de très sérieuses améliorations.

Le Nord-Esl-Hongrois exige, notamment, la pose dune double voie sur le parcours Munkacs-Beskid, avec prolongement sur Stryi et Lemberg.

Le Hongrois-Gallicien, la ligne la plus importante au point de vue militaire, a besoin d*une rectification de tracé avec diminution des rampes et des courbes aux environs de Lupkow où elle franchit les Karpathes.

D'une façon générale, la Hongrie a beaucoup à faire pour compléter et perfectionner son réseau de voies ferrées.

On n'a pas donné suite aux divers projets émis pouf la construction d'une ligne Marmaros-Szigeth reliant la Gallicie orientale à la Hongrie et à la Bukowine. De Szigeth la ligne passerait les Karpathes au col de Sumaram, empruntant ensuite la vallée du Pruth jusqu'à Delatyn où elle bifurquerait pour gagner Stanislawow et Kolomyja. Un autre tronçon partirait de Szigeth vers Kirliboba.

Le ligne transversale Szigeth-Nagy-Ban ya-Dées manque toujours.

En Croatie et en Slavonie, les voies ferrées font complètement défaut; le tronçon Agram-Ëssegg n'a été entrepris que depuis peu; les villes de Gospic, Otocac et Stuin sont totalement isolées, ce qui gêne sérieusement la mobilisation des régiments n** 79 et 96.

Signalons seulement en Gisleithanie rétablisse* ment de la transversale Taus-Klattau-Horazdiovitz- Pisek-Mulhausen-Tabor-Iglau, qui doit plus tard être continuée sur Brunn. Olmûtz, appelé à un rôle stratégique si important, serait ainsi notablement dégagé, surtout si Ton se décide activement à doubler la ligne Prerau-Oderberg, par la construction de la parallèle HuUein-Teschen-Kalwarya .

Nous constatons donc la très réelle préoccupation de parfaire la bonne organisation du réseau ferré . Cette préoccupation se manifeste surtout en Hongrie, quoique les provinces Gisleitbanes ne soient guère plus richement dotées en lignes à double voie. Ainsi : le réseau uniquement autrichien avec 10,236 kilomètres de développement, ne s'accuse à double voie que dans la proportion de 6,18 p. 100. Les lignes exploitées en commun parles deux parties de la monarchie mesurent 5,627 kilomètres dont^22 p. 100 à double voie; sur ces 5,627 kilomètres 2,797 courent en Autriche avec 35,7 p. 100 à double voie.

Enfin, n'y a-t-il pas lieu aussi de s'inquiéter des difficultés qui résulteront pour le service de la voie, de la non adoption d'un langue officielle? Ce n'est assurément pas sans raison que ce point délicat a été soulevé par le colonel von Guttenberg, chef du service des chemins de fer à Tétat-major général,

dans une conférence du 8 janvier faite au personnel à sa disposition.

Dans les conditions générales qui viennent d*étre dites, il est permis de douter que Tétat-major puisse avoir achevé, comme il Tespère, avec le vingtcinquième jour, sa concentratiou en Gallicie.

La mobilisation elle-même 8*opérerait-elle sans grippements ?

Pour Tarmée active tout est parfaitement préparé, mais, pour les deux landwehrs, les choses n'iront pas aussi aisément, et, l'emploi même de ces forces, expose à bien des mécomptes.

Entrons à leur sujet dans quelques détails plus positifs.

Dans les provinces cisleithanes, l'organisation de la landwehr correspond à la région territoriale du corps d'armée. Le général commandant le corps d'armée est également commandant territorial et délègue ses pouvoirs à un officier général ou supérieur connaissant spécialement de toutes ces ques^ tions.

A un degré au-dessus, l'archiduc Régnier est commandant supérieur de la landwehr, et, c'est à son activité intelligente que l'organisation est redevable tout au moins d'une apparence de sérieux.

Il est secondé dans sa tâche par les colonels désignés pour prendre éventuellement le commandement des 22 régiments à former avec les 78 bataillons de landwehr (non compris 4 bataillons de chasseurs dalmates et 10 bataillons de chasseurs tyroliens).

La cavalerie de la landwehr, placée sous Tinspection permanente d'un officier supérieur, compte 3 régiments de uhlans et autant de dragons.

Or, est-il nécessaire d'insister pour faire, ressortir combien sera fatalement pénible la mobilisation de cette landwehr, figurée seulement par des petits cadres et servie par un personnel auquel fait défaut Texpérience pratique et que ne seconde pas de bons cadres inférieurs ? Ce qui est vrai pour Tinfanterie se complique davantage pour la cavalerie.

La récente mesure, qui a augmenté de quelques officiers et de quelques hommes la composition des cadres permanents, ne signifie rien ou presque rien.

En Hongrie, l'organisation de la landwehr est plus sérieuse et j'ai pu constater partout combien leur honved, première ébauche d'une armée dédoublée, était chère aux Magyares.

L'infanterie de cette honved compte 92 bataillons formés en 20 régiments (demi brigade), accouplés en 14 brigades, pour être assemblés en 7 divivions, chaque division sous les ordres de l'officier 'général commandant le district. Trois divisions se constituent encore avec des formations complémentaires.

La cavalerie compte 10 régiments de hussards, qui viennent récemment d'être augmentés de 2 escadrons chacun.

Ces 92 bataillons qui, jusqu'à ce jour, étaient représentés par un seul cadre permanent, doivent à de nouvelles dispositions une organisation plus rationnelle, avec des cadres permanents de compagnie.

Si nous en exceptons l'artillerie qui n'existe pas encore — et pour cause — dans l'armée de la honved.

nous sommes forcés de constater la tendance à transformer, sous l'énergique impulsion du général de Féjervary ^ les 7 divisions de honved en autant de divisions prêtes à entrer en campagne avec Tarmée de première ligne.

Ces apparences favorables ne nous portent pourtant pas à nous déjuger. La réalité est moins parfaite.

Nous avons dit précédemment que la série des divisions actives laissait vacants les n~ 31, i% 23 et 26. Ces places sont prises par les divisions de landwehr et de honved :

landwehr.

Les divisions restantes de honved complètent la série 37 à 45.

Ajoutons-y encore pour la cavalerie une division de landwehr et deux de honved.

* Le baron Geza Fejervary, feld-maréchal-lieutenant et ministre de la (guerre en Hongrie, a célébré, le 15 août 1888, le quarantième anniversaire de son entrée au service.

Fils d'un feld-maréchaUlientenant, Geza Fejervary fut élevé à TÂcadémie militaire de Wiener-Neustad et en sortit en 1851, à rà^^e de 18 ans, comme sous-iieutenant. La campagne de 1859 le trouve capitaine à Tétat-major du IV corps (Benedeck) ; il se dislingue, la veille de Solférino, par une très audacieuse reconnaissance, et reçoit, à la fin de la campagne. Tordre de Marie-Thérèse et des lettres d*annoblissement.

Après la campagne du Schleswig-Holstein, le capitaine Fejervary, promu major, sert comme aide de camp de TËmpereur ; nommé colonel en 1872, il entre aussitôt comme secrétaire d'£tat au ministère de la honved.

Quant à rartillerie nécessaire à ces divisions, il est hors de doute qu'on aura quelque peine à pouvoir l'organiser.

L'effectif sur le pied de guerre de la landwehr cisleithane doit compter 183,000 hommes; en réalité 210,000 hommes figurent sur les matricules ; l'effectif normal de la honved est fixé à 3,673 officiers et 149,800 hommes; en réalité à 2,788 officiers et 192,800 hommes.

Il y a des deux côtés excédant en hommes, mais des deux côtés aussi insuffisance en officiers, en Hongrie surtout où le manquement atteignait Tannée dernière près de 900 officiers ; c'est-là une grosse lacune difficile à combler.

Enfin, malgré tous les efforts tentés dans les deux parties de la monarchie pour parfaire Tinstruction des officiers de l'armée auxiliaire, l'instruction pratique et professionnelle de ces offiéiers laisse passablement à désirer {Académie Ludovicay école de cavalerie, cours d'instruction pour les sous-officiers en Hongrie; sept écoles de candidats officiers de landwehr et école de cadets de landwehr en Autriche), Le cadre des sous-officiers est plus médiocre encore.

L'instruction des recrues dans les deux landwehrs se ressent considérablement de l'insuffisance des cadres et de l'esprit même de l'organisation.

Le landsturm — sauf ce qui concerne le Tyrol et le Voralberg — commence seulement maintenant à recevoir une véritable organisation ; le premier ban doit fournir 208 bataillons de marche.

Etablissons maintenant le décompte des formations précédemment énumérées.

La division d'infanterie compte : 388 officiers, 15,773 hommes, 2,459 chevaux et 424 voitures; autrement, 12,844 fusils, 452 sabres et 24 pièces.

La division de cavalerie compte : 217 officiers, 5,411 hommes, 5,731 chevaux et 397 voitures.

Le corps d'armée compte : à deux divisions 26,347 fupils, 904 sabres, 88 pièces.

A trois divisions 39,200 fusils, 1,400 sabres et 112 pièces (72 divisionnaires et 40 de corps d'armée).

Les 450 bataillons actifs et les 186 bataillons de landwehrs permettent de former 14 corps d'armée à 3 divisions — pour 14 desquels nous trouvons l'existant en artillerie.

De plus, les modifications organiques, qui datent de 1886, mettent à la disposition de l'armée de campagne les éléments rendus disponibles pour les formations du premier ban du landsturm :

112 cinquièmes bataillons.

35 bataillons de réserve de landwehr et de honved.

183 bataillons de dépôts de l'armée active ou de la landwehr et de honved jusqu'à présent affectés au services des places, garnisons, lignes, d'étapes, etc. *.

Total; 330 bataillons ^

* On a enfin proposé de revenir au système du général de Kuhn datant de 1868 et modifié en 1882.

Le général de Kulm avait établi le principe de 80 régiments pouvant se dédoubler.

On aurait procédé de même pour les 102 régiments à

AUTRÎCHE-HONGRIE 87

Il est assez probable que rétat-maj<»r de Vienne projette d'utiliser ces ressources en infanterie pour nourrir l'effectif de ces formations mobilisées, en portant, par exemple, à 4 bataillons la composition du régiment d'infanterie.

D'autre part, nous pouvons pressentir l'augmentation permanente du nombre des corps d'armée. — On arrivera peut-être au nombre de 19 corps à 2 divisions, qui viendraient renforcer à la mobilisation des divisions de réserve. — Pour le moment, nous savons déjà que le X® corps (Briinn) est transporté à Pryzemvsl; et Ton doit s'attendre très certainement à la prochaine reconstitution de ce corps sous une autre dénomination.

La composition éventuelle de l'armée austro-hongroise nous est donnée à 45 divisions d'infanterie et 8 divisions de cavalerie.

3i divisions actives y compris la 8« division dans le

Tyrol.

4 division vacante, la 20®, qui peut être formée dans le

XV® corps avec les brigades ii^» 39 et 40. 13 divisions de landwehr et de honved, n^^ 21, 22, 23, 26, 37, 38, 39, 40 41, 42, 43, 44, 45.

45 divisions.

4 bataillons actuellement existants en créant, en vue du dédoublement, les cadres des 5* et 6« bataillons.

Le dédoublement de ces 102 régiments permettait de porter de 45 à 60 le nombre des divisions, sans compter les 184 demibataillons disponible dans les deux landwehrs, autorisant la formation de sept nouvelles divisions de réserve.

Ces 45 divisions permettent la constitution à 3 divisions de 13 corps d*armée (n^ 1 à 13), laissant deux divisions pour Torganisalion nouvelle du XIV^ corps.

Quant à Tattribution aux corps d*armée des divisions de réserve, elle parait pouvoir être la suivante : XIIP C, 42« D. ; XIP, 43«; X% 41^ IX-, 26*; VIll% 21«; V1I% 23«; VI», 39«; V% 37«; IV% 40«; 111% 22«; les 4S« et 44» divisions seraient affectées aux II» et P*" corps, perdant en échange chacun une de leur division active.

Les 8 divisions de cavalerie doivent être formées : 1"^, Buda-Pesth; 2», Presbourg; 3», Vienne; 4», Lemberg; 5», Buda-Pest (honved), 6», Brunn; 7», Cracovie; 8», Lemberg.

Si nous comptons Teffectif du corps d*armée à 70,000 hommes, nous estimerons celui de Tarmée de campagne, en y comprenant les divisions de cavalerie indépendantes, à 1,020,000 hommes.

Il ne nous reste plus maintenant qu*à étudier remploi de cette armée dans Téventualité toujours menaçante d'une guerre avec la Russie.

La Russie sera-t-elle dans cette guerre complètement dépourvue d*alliées ? Telle est évidemment la première donnée du problème stratégique.

Il n'est pas possible, on le conçoit, d'y adapter une solution ferme. Il faut savoir se cpntenter d'hypothèses logiquement déduites.

Il est hors de doute qu'un conflit sur la Vistule provoquera dans les États balkaniques une déflagration générale, soutenue peut-être par Tattitude du Monténégro, entretenue bien certainement partons les éléments pansiavistes.

La Bosnie et l'Herzégovie, ces provinces non resti^ tuées en violation formelle de ce fameux traité de Berlin dont rAutriche-Hongrie et l'Allemagne se constituent les vigilantes gardiennes, les provinces de Neu'Oestreich seront, disrje, en feu. Une étincelle suffit pour y faire jaillir l'incendie.

Pi*emière conséquence, immobilisation du XV® corps.

La Serbie, devenue par la force des choses une province vassale de la monarchie, est sujette aussi à bien des émotions. Pour éviter de m'engager dans une digression politique, je nientionnerai simplement les aspirations si ardentes du parti anti-autrichien, les menées du panslavisme et les revendications des Karageorwitsch.

L'empereur François-Joseph, peut-il malgré l'abdication du vaincu de Sliwnitza et de Pirot, renoncer à la situation si laborieusement acquise à Belgrade ?

Puis, que fera la Roumanie ?

J'espère, je crois, qu'elle saura faire respecter la neutralité de son territoire ; mais quelque soit la politique adoptée, l'Autriche-Hongrie est obligée à faire sérieusement surveiller cette frontière, ne serait-ce que pour appuyer moralement l'attitude de la Roumanie. Le XIP corps à Hermannstadt, est tout naturellement désigné à cet effet ; mais, il semble presque indispensable d'immobiliser un troisième corps, le VIP àTemesmar ou le XlIPà Agram, prêta soutenir, soit le XIP corps, soit à pénétrer en Bosnie ou en Serbie.

Donc, a bien chichement compter, un ensemble de trois corps d'armée ; l'imprudence de cette économie

parait telle que nous devons admettre avec quelque certitude, pour les débuts tout au moins, le stationnement dans cette partie de la monarchie des quatre corps sus-indiqués.

Cette défalcation faite, la masse principale de l'armée est affectée, tant au transport en Gallicie, base de concentration, qu'à la formation de Tarmée ou des armées de réserve.

L'idéela plus généralement adoptée, celle qui parait aussi reposer sur les données les plus probables, admet la formation de deux groupes d'armée de première ligne :

l** L'armée de la Gallicie orientale vers Lemberg comprendrait probablement les XP corps (Lemberg), IV® corps (Pesth), V® corps (Presbourg) ;

2** L'armée de Gallicie occidentale, autour de Cracovie, comprendrait : P*" corps (Cracovie), X® (Brunn), IX® (Josepstadt), XIIP (Prague).

Les II, V et VIP corps sont transpor es par le réseau Hongrois-Gallicien, Buda-Pest-L^ geny-Lupkow.

Chvrow ( Prezmysl-Lemberg.

\ Striv-Stanislaw.

Les IX et X* corps gagnent à Prerau la grande artère Kaiser-Ferdinand-Bahn, qui sert également d'exutoire, au transport du quartier général, et à une partie du matériel.

Entre les deux groupes, leur servant en quelque sorte de trait d'union, avant d'être rattaché à l'armée de la Gallicie orientale, le IP corps (Kaschau) à Tarnow, plus exactement sur la ligne Dembica-Tarnobryeg.

Au tota], 24 divisions immédiatement transportables .

Les derniers corps d'armée et divisions qui restent, doivent servir plus tard de noyau à la formation des armées de réserve, peut-être Tune sousEperiès, l'autre sous Olmiitz.

Quelques indiscrétions paraissent indiquer que le VIP corps a pour destination définitive Eperiès et que les deux brigades constituant le XIV^ corps pourraient bien être réservées au renforcement du XV® corps qui comprendrait alors 4 divisions, ce qui permettrait son dédoublement. Le XIIP corps deviendrait ainsi disponible à son tour.

Dans ces conditions l'armée de réserve sous Eperiès, armée appelée à occuper le centre du déploiement, serait formée des VIP, XIIP et IIP corps; l'autre armée formée à Vienne d'abord, amenée à Olmiitz ensuite, comprendrait le IP corps et le XIV® reconstitué.

Il va sans dire, comme je l'ai soigneusement fait observer au début de cette étude, que les indications qui précèdent sont simplement déduites de considérations générales, d'études particulières, aidées de-ci de-là de quelques indiscrétions recueillies par des personnes curieuses de pénétrer certains détails. Ce sont des groupements d'étude, rien autre chose.

Admettons donc comme il vient d'être dit, le transport plus ou moins tardif, mais définitif, dans la zone de concentration, des dernières formations. Nous retrouvons ainsi treize des corps d'armée, ce qui nous donne comme disponible, pour une guerre

contre la Russie, un effectif que nous estimerons en chiffres ronds à 950,000 hommes.

J ai déjà dit que Tf^tat-major autrichien avait la prétention d achever le vingt-cinquième jour la concentration de ses armées ^ Je rappelle également que pour les raisons déjà dites, cette prétention est quelque peu exagérée.

Mais, comme la préparation russe est grevée d*une lenteur plus pénible encore, l'état-major de Vienne peut envisager ce retardement sans trop d'inquiétude, n'ayant guère à redouter que les atteintes de la cavalerie russe. Ces atteintes seront principalement dirigées contre la longue artère qui sous le nom de Karl-Ludwig'Bahn coupe le glacis gallicien, se soudant d'une part au réseau Silésien, pénétrant à l'autre extrémité en Bukowine.

Cette voie très exposée, et dont la destruction serait gênante, est le seul moyen autorisant transversalement les communications et les ravitaillements. Sa protection doit être assurée par les troupes de couverture auxquelles sont affectés tout d*abord les P' et XP corps, dont l'effectif du temps de paix est très notablement renforcé» :

'On compte généralement ;

1» Un million de soldats, 250,000 chevaux,. 35^000 pièces et voitures et les approvisionnements nécessaires. 2" 2,500 trains à 100 essieux à raisons de 4 voies et de 40 trains. Le transport dans ces conditions exige 16 jours.

* Rappelons de plus que la loi d'avril 1888 permet au ministre de la guerre de convoquer exceptionnellement, pour le service actif, les hommes de la réserve et de la réserve de complément. Grâce à cette loi, le gouvernement peut renforcer ceitains corps sans bruit, sans jeter dans le pays et à Textérieur le trouble que provoquerait une mobilisation même partielle.

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l^ corps, 47 bataillons d'infanterie, 42 escadrons, 19 batteries et 23 compagnies d'artillerie de forteresse et 1S compagnies du génie.

XI® corps, 32 bataillons, 36 escadrons et 16 batteries, puis ensuite le VP corps avec une division de cavalerie.

Le 6® jour, 6 divisions de cavalerie appuyées par les colonnes d'infanterie assurent d'une façon très suffisante la protection de la ligne.

Enfin, outre les mesures spéciales prises en Gallicie pour la formation immédiate des troupes de la landwehr et du landslurm, certains travaux de fortifications dernièrement entrepris ou complétés interdisent toute tentative bien sérieuse.

Suivant les renseignements qui ont été communiqués par un journal militaire russe, Jaroslaw a été transformé en une solide tête de pont sur le San, englobant le village de Garborze, à S ou 6 kilomètres en arrière des marais d'Ogrody, et une ligne de redoutes a été tracée, s'appuyant à gauche, au San, près du village de Szowsko, à droite à la ligne ferrée près du village de Surochow.

Lemberg est doté d'ouvrages détachés dont le plus rapproché sur c TExercir platz > couvre la gare; tandis que le plus lointain, sur la hauteur au-dessus du village de Holoskowk, conjugue son action avec l'ouvrage sis sur le petit plateau du village de Maléçhow pour commander la traversée du défilé formé par les marais de Grzybowice.

A la suite de la publication du traité secret entre TAllemagne et rAutriche-Hongrie quelques esprits chercheurs se rappelant bien des démarches faites

par 1 etat-major de Berlin, auprès de celui de Vienne, notant de nombreux indices tendant à établir une association de travail, entre autres, la récente mission du général de Panitz, parcourant avec le lieutenantcolonel von Wagner, le major von Sachse, le capitaine von Lasser, les confins de la Gallicie, certains esprits curieux, dis-je, se sont demandé comment se manifesterait au point de vue militaire Taccord intervenu entre les deux puissances.

Or, il est aujourd'hui hors de doute que le traité n*a pas été publié dans son intégralité et qu'il existe, comme annexe, une convention militaire, fixant les conditions précises de Taction militaire.

SiTAUemagne est en guerre avec la Russie (je ne me sers pas de l'expression : est attaquée, qui ne signifie rien), TAu triche-Hongrie met à la disposition de son alliée la totalité de ses forces.

Si TAutriche-Hongrie entre en guerre avec la Russie, TAllemagne n'admettant pas l'inaction de la France, met à la disposition de son alliée telle fraction de ses forces dont elle peut disposer, soit au minimum, une armée de cinq corps ou de groupes équivalents.

On pense généralement, c'est du moins ce que j'ai entendu dire à Vienne, que la portion de cette armée agissant sur la rive gauche de la Vistule serait com- " mandée par le roi de Saxe.

On disait aussi à Vienne que cette armée allemande, quoique bénéficiant d'une certaine indépendance, re-» levait directement du généralissime autrichien, J'archiduc Albert ; le comte de Waldersée, ajoutait-on même à cette époque, était le commissaire allemand au quartier général de l'archiduc.

On prétend généralement que les sympathies entre le jeune empereur allemand et le septuagénaire archiduc sont des moins vives, surtout depuis le voyage de ce dernier aux manœuvres allemandes de 1888. Le vainqueur de Custozza, le plus autrichien des archiducs, à juste titre jaloux des égards qui lui reviennent, aurait été profondément mortifié d'élre traité en subordonné par le jeune Hohenzollern.

Ce froid menace singulièrement de compromettre la bonne direction nécessaire à des opérations entre alliés, et promet de nous faire revivre les éternelles difficultés qui naissent entre alliés, dans les quartiers généraux .

Blûcher lui-même, malgré toute son énergie, n'a jamais pu en triompher.

Que serait-ce donc aujourd'hui, surtout dans cette armée allemande, où malgré les efforts de la légende^ Tobéissance passive et respectueuse n*est pas la vertu maîtresse des généraux en chef? Est-il nécessaire de rappeler la personnalité de Steinmetz s'entétant plus qu'il n*y était autorisé au sanglant combat de Nachod et oubliant sous Metz, dans les environs de l'observatoire du mont Biaise, les égards de simple politesse qu'il devait au prince Frédéric-Charles.

Avec un jeune empereur et de vieux généraux éprouvés, les types à la Steinmetz ne peuvent-ils reparaître ?

Il parait assez indiqué qu'il entrerait dans les intentions de l'état-major autrichien d'adopter une attitude défensive sur la droite (armée de la Gallicie

orientale) et de faire opérer à son déploiement stratégique une conversion sur ce pivot.

L'objectif premier, particulièrement réservé à l'offensive du centre (armée de Gallicie occidentale) et à la gauche (armée allemande), serait Ivangorod pour rompre le triangle Varsovie, Ivangorod, Brest-Litewky qui commande toute la manœuvre en Pologne.

On fait, en Autriche-Hongrie, très médiocre cas de la valeur de ces places. S'il fallait même en croire certains conseils venus de Berlin, le siège en serait superflu, la manœuvre stratégique, avec menace sur leur flanc gauche (armée de la Gallicie orientale), devant sufflre pour forcer les Russes à évacuer la Pologne.

Cette théorie pessimiste et décevante commencerait malheureusement aussi à être admise en Russie, comme semblent le prouver certaines paroles d'une imprudente franchise attribuées au général Gourko.

J'ajouterai encore que Ton a en Autriche-Hongrie une très honorable considération pour l'armée russe dont on constate, mais dont on ne surcharge pas les imperfections.

En somme, dans les hautes sphères politiques et militaires, il n'est pas d'imprudent qui accepterait avec joie un conflit irrémédiablement prochain.

11 m'est demeuré comme impression générale que r Au triche-Hongrie était fort peu soucieuse de se mesurer avec la Russie.

Est-ce par défiance de soi-même? Je suis porté à l'admettre.

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