‹ L'Europe en Armes en 1889Chapitre 7 sur 62 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

de cette criminelle entreprise. On donnait des instructions aux subordonnés en passant pardessus la tête de leurs supérieurs. On improvisait diplomates des officiers qui ne savaient pas lire un traité.

Comme Jules Favre, pour Tarmée de l'Est, on oubliait de notifier aux troupes les armistices conclus.

Les blessés revenaient sans soins et les convalescents en haillons.

Des germes de discorde étaient habilement semés entre les chefs qui se succédaient à la tête du corps expéditionnaire.

C'était Millot contre Brière de l'Isle, Négrier contre Herbinger, Courcy contre Warnet. Les rencontres étaient évitées avec peine.

L'aventure n'atteignait donc pas seulement la mobilisation, les approvisionnements, le trésor public, mais encore la cohésion, la confiance, la discipline, tout ce que forme le moral de l'armée.

En un mot Courbet mourait de douleur, 12,000 hommes succombaient où devenaient invalides, 760 millions étaient pris à nos caisses ou à nos magasins. Une dépense de 40 millions par an nous était imposée, pour payer là-bas des résidents et des sous-résidents recrutés parmi les invalides *de la politique ou les amis besoigneux.

Page 1