‹ L'Europe et la révolution française Volume 6Chapitre 16 sur 122 · TI · texte numérisé non relu

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82 LA PAIX AVEC L'AUTRICHE. — iSOO.

ce que « des avantages solides, bien et dûment assurés », engageassent l'Autriche à retourner ses cartes et à jouer Bonaparte, après avoir dupé les Anglais. Ce sera difficile, concluait Gobenzl, « nous nageons entre deux eaux * » .

Sur la route, les militaires, les préfets, tout nouvellement installés et battant neuf, le vinrent visiter et saluer au passage. Il arriva à Paris, le 28 octobre, à huit heures du soir. Bonaparte ne lui laissa point le temps de se dégourdir ni de prendre Tair de la ville. Il l'attendait aux Tuileries. A neuf heures, Talleyrand l'y introduisit. La mise en scène avait été subtilement étudiée. A Passariano les rapports étaient ^plus que courtois, familiers. Gobenzl pouvait se flatter de reprendre la conversation sur le ton où il l'avait interrompue. Bonaparte ne l'entendait point de la sorte. Le salon où il reçut Gobenzl était fort peu éclairé : une seule lampe, sur une petite table, derrière laquelle se tenait le Gonsul ; aucun fauteuil près de lui; tous les sièges avaient été enlevés, sauf des canapés assez éloignés. Gobenzl entra, écarquillant les yeux, craignant de trébucher, fit ses politesses un peu gauchement, et, cherchant à s'asseoir, se vit obligé de reculer jusqu'aux canapés, à distance '. Bonaparte le retint jusqu'à quatre heures du matin , tour à tour caressant, violent, insinuant; la même escrime, les mêmes assauts qu'en 1797. Entre temps, il annonça qu'il s'était emparé de la Toscane. Gobenzl prit la nouvelle en mauvaise part, mais il ne put que payer de contenance. Bonaparte insista sur la nécessité de traiter sans l'Angleterre. « Nous ne pourrons en parler, dit Gobenzl, que quand nous serons bien fixés sur les conditions de cette paix. »

Il en parla toute la nuit, et les jours suivants avec Joseph, avec Talleyrand. Talleyrand offrit la ligne de la Ghiese et la Légation de Ferrare : les deux autres Légations, Bologne et Ancône, passeraient au duc de Toscane ; la Toscane passerait au duc de Parme ; Parme et Modène seraient réunis à la Gisalpine. Le 2 novembre, après un dînera Malmaison, Bonaparte

» Gobenzl à Thugut, 25 octobre 1800.

' TàLLEYRA>D, Mémoires, t. I, p. 281, — Rapports de Cobenzl, dan» Sybel

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