ESSAI DE COALITION CONTRE L'ANGLETERRE
au besoin. Mais qu'ils aiment, qu'ils fournissent des vaisseaux ! « Je trouve honteux pour la monarchie espagnole que deux vaisseaux en bloquent sept devant Cadix. Ce ne sont plus ces fiers Castillans qui soumirent le Nouveau Monde. » — « Il faut absolument, à quelque prix que ce soit, que nous devenions maîtres de la Méditerranée. » Cependant, la Russie entraînera la Prusse. La France formera des armées sur les côtes, en Hollande, en Breta^jne, en Corse. « Alors TAngleterre sera sans aucune communication avec le continent. Les trois puissances alliées, la France, rEspa(jne et la Hollande, doivent profiter de la circonstance pour frapper quelque coup qui fasse chang^er l'aspect de la guerre '. »
Les Espag^nols s'exécutent. Le 29 janvier 1801, ils s'eng^agent à env£fhir le Portug^al. Bonaparte pousse à fond contre Naples : il entend s'assurer le droit d'occuper ce royaume avec 10,000 hommes « pour mettre un frein aux usurpations maritimes de l'Ang^leterre » . Les Français seront à Tarente et à Brindes « pour se rendre en Egypte » . C'est Murât qui, à la tête de son armée, va décider l'affaire. Il rompt l'armistice et annonce qu'il va marcher. Ferdinand fut si terrifié du panache et si charmé, à la fois, de la belle humeur du beau-frère du Consul, qu'il exprima le vœu de le voir chargé de la négociation. Il y trouverait, écrivit Murât, non moins inconscient de l'avenir que ce Bourbon, « une preuve certaine de l'intention que vous avez de le maintenir dans le royaume de Naples ! »
' « L*alliance de la Hollande offre un résultat peut-être le plus intéressant de tous, celui d'exclure le» An{^Iai8 du continent, ,. L'Anfjleterre devient fortembarrassée de ses denrées... et les Anj^lais se trouvent vaincus par l'abondance comme ils ont voulu vaincre les Français par la disette... Nous désirons fort que [l'Espagne] sente comme nous l'ituportance d'un traité qui, suivi bientôt de l'accession du Portugal, pourrait fermer à notre ennemi commun les portes du continent européen, depuis Gibraltar jusqu'au Texel, chasser les Anglais de la Méditerranée. » — Le Comité de salut public : Instructions de Noël à la Haye, août 1795; instructions à Barthélémy, 27 aoûl; 4 septembre 1795, minute de Sieyès et minute revue par Sieyès.