‹ L'Europe et la révolution française Volume 6Chapitre 29 sur 122 · PAIX ATEC LA RUSSIE · texte numérisé non relu

PAIX ATEC LA RUSSIE

troupes coloniales « pour les îles d'Amérique » ; le 8, il ordonna Tenvoi à Saint-Domingue de douze vaisseaux portant 7,000 hommes, et manda à Leclerc de se rendre « en toute diligence à Paris, avec ses aides de camp » . Il lui réservait le commandement de l'expédition.

Les préliminaires laissaient à Bonaparte les mains libres en Suisse, en Italie, où il s'agissait de se fortifier contre tout retour offensif de l'Autriche et d'asseoir la suprématie française, en Allemagne, où se préparait une opération capitale, r amoindrissement de l'Autriche, l'extension de la clientèle française dans l'Empire, les remaniements des territoires et de la Constitution, qui devaient conduire à renouveler la ligue du Rhin de Louis XIV, garantie de la cession de la rive gauche entière, comme cette ligue de Mazarin l'avait été de la cession de l'Alsace. Mais dans l'un et dans l'autre de ces pays, l'Italie et l'Allemagne, Bonaparte avait à compter avec la Russie. Alexandre, sous le prétexte que sa grand'mère était intervenue dans le traité de Teschen, se déclarait garant de la Constitution de l'Empire et prétendait intervenir dans les règlements de la paix de Lunéville ; en Italie, sous le prétexte de défendre l'indépendance des États et les droits des princes, il marchait à prendre pied sur les côtes de la Méditerranée; il disputait â la France l'hégémonie de la Péninsule, par les mêmes moyens dont la France avait usé, sous les rois, pour la disputer à l'Autriche. Or, la paix n'était point faite avec la Russie ; la négociation s'en poursuivait concurremment avec celle de Londres : elle fut plus épineuse et aboutit à des arrangements plus compliqués.

Markof était arrivé à Paris le 20 septembre. Ce n'était ni

un homme à séduire ni un homme séduisant. Il apportait chez

les républicains toute la superbe d'un ministre de Catherine

la Grande négociant avec des Polonais, arrachés par quelque

Kosciusko, plus heureux, à leur irrémédiable anarchie. 11 ne

'■ faisait pas plus de cas du génie politique de Bonaparte que

1 Souvorof du génie militaire des généraux de la Révolution :

vaincre des Allemands et leur dicter la paix comptait pour peu

Page 1