‹ L'Europe et la révolution française Volume 6Chapitre 38 sur 122 · LA CONSULTE DE LYON · texte numérisé non relu

LA CONSULTE DE LYON

j'aurais fait périr toute Fltalle ; parce qu'avant tout je suis de mon armée et pour mon armée. Aujourd'hui même, il faut encore avoir l'œil alerte sur ce pays-là ; cependant ce sont des blancs comme nous, des peuples civilisés, nos vaincus ! »

La Consulte extraordinaire comprit les consultes en exercice, des évêques, des curés, des magistrats, les députés des académies et des universités, des habitants notables, en tout quatre cents Italiens qui se mirent en route pour Lyon, les uns avec zèle, avec confiance, par entrain patriotique; d'autres poussés par l'ambition, beaucoup par la curiosité; la plupart illusionnés sur le Consul, sur l'Italie, sur eux-mêmes. «Allez, leur dit en les saluant, au départ, Sommariva ; allez fonder nos institutions salutaires au milieu de îa grande nation, sous les yeux de celui qui releva notre République après l'avoir créée. . . Que la Cisalpine doive à elle-même ses institutions ! » Quelle que fût, ici, la part de la mise en scène, le spectacle frappa les imaginations en Italie, en France, en Europe. Une nation, illustre entre toutes, mais, entre toutes, humiliée, asservie, démembrée, comme dispersée en exil sur sa propre terre, n'ayant plus même de nom parmi les peuples, ressuscitée par le choc de la Révolution en France, s'en allait demander au Consul des Français de régler ses destinées et de lui donner des lois.

C'est dans ces circonstances que s'entama la négociation de la paix « définitive » entre la France et l'Angleterre. La paix semée sur de tels labours ne pouvait produire qu'une récolte de guerres nouvelles. Avant même qu'elle germât sous terre, le germe en était vicié. Et cependant, à coups de faux et à coups de serpe, on prétendit la moissonner. C'est qu'à Paris comme à Londres, cette illusion de la paix paraissait nécessaire au gouvernement des hommes ; que c'était la saison des sacrifices aux dieux, et qu'il fallait, au moins en quelques jours de fête, rendre cet hommage indirect au travail et à Thumonité.

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