‹ L'Europe et la révolution française Volume 6Chapitre 57 sur 122 · VI · texte numérisé non relu

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voient un homme d'État, et de la plus g^rande allure. Les plus» favorablement prévenus attendaient quelque intermédiaire entre Cromwel et Washington; les plus lettrés et les plus ingénieux aimaient à se peindre le gentillâtre corse sous les traits d'un condottiere italien du quatorzième siècle, devenu, par le plus étrange des jeux de prestige, le dictateur d'une révolution née, en France, du souffle de Jean-Jacques, de Diderot et de Voltaire. Ils entrevoient, ce qui est infiniment plus naturel en France, le génie d'État de l'éternelle rivale ressuscité en un seul homme qui est en train de reconstituer, pour la plus grande gloire de la « grande nation » , l'État de Louis XIV.

Les Anglais, les mieux disposés pour la République et pour la paix, les plus connaisseurs en matière d'État, admirent, mais s'alarment. Tel Fox, o plus Anglais encore que whig ou philanthrope » , juge que la France se tourne trop à la puissance et que le maître qu'elle s'est donné devient trop envahissant, non seulement sur les terres du continent, mais dans Téconomie d'État, les métiers, le travail qui produit la richesse. Et l'Angleterre se met en garde, décidée à pratiquer dans les luttes industrielles le même système que dans la lutte pour les colonies, la guerre préventive.

Bonaparte ignorait la puissance du crédit ' ; il méconnaissait la transformation qui s'opérait en Angleterre dans le travail industriel; il ne se rendait pas compte du ressort prodigieux de ce grand peuple; il ne savait pas quelle grande chose, quelle chose nationale était pour les Anglais le commerce, et que cette chose était capable de provoquer chezt

* Voyez Thibaudeau, Miot. Discours au Conseil d'État, 8 février 1802.

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