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tê6 L'ECr.OPI ET LA RUPTURE DE LA PAIX. — 1803.
de »a République : » L'armée française... où règne une abominable corruption des mœurs..., est une armée d'assassins et d incendiaires, dont les soldats sont si peu braves que, quand les généraux voient qu'il faut combattre un ennemi résolu à outrance, ils les enivrent î •
C'est alors qu'arrivèrent les propositions des Au-ju rs. L'Angleterre se releva au premier plan. * Je le redis avec satisfaction, écrit de Maistre, la déclaration de guerre efface Tinfamie du traité d'Amiens. «Si les Russes redoutaient * Tinjuste spoliation » de TEmpire ottoman en Egypte, en Syrie, Alexandre la redoutait en Grèce, en Albanie, sur le Danube. Il voyait TEmpire d Allemagne réduit à la vassalité française, comme une autre Italie. La France devenait, à ses yeux, la « puissance monstrueuse ' » qu'était la maison d'Autricbe aux yeux des Français du dix-septième siècle. L'occupation du Hanovre produisit sur lui une impression violente et contribua fort à le pousser à la guerre. En principe, il y était déjà résolu. Mais il ne se sentait pas en mesure, et il lui fallait gat'ner le temps de rassembler ses armées et de nouer une coalition.
Il propose aux Anglais une « alliance sans traité* », propre é se transformer, Tbeure venue, en « traité de subsides » . Il offre, en att/;ndant que Tbeure vienne, une médiation, qui se transformerait en intervention armée, lorsqu'on serait en armes. Fuis il s'adresse à la Prusse. Cette cour le sollicitait. Avant reçu de Bonaparte ses indemnités, elle en réclamait d'Alexandre la garantie, couvant le dessein de reprendre ' ' " nce russe les provinces qu'elle venait de se faire usjj. . :d yfty^r par la Vruuce. L*oc€Upation du Hanovre (jui offusquait à Fétersbourg, effrayait à Berlin, Le Hanovre, ':éUth le salaire que h Prusse réservait à sa défection ù h rause de TKurope, si elle se tomnait ver» Bonaparte, ou à «a 'iéfection à la Vrnuv^^ si elle se tourn<îit vers I Angleterre »-! U Bussje. En prenant ce pays, Bonaparte usurpait le <• gage »
* yitA Ati Vfotuttt4>ts
FRIMIIRS NOEUDS DI COALITIOU. ~ iSM. M7
de la Prusse, et, de plus, 0 U tenait soos 1^ canoo. Com* ment, disait Haugwili, < lorsqu'ils seront aoK portes de Macdeboui^, é\-iter le dan^reux honneur de derenir Faille de la République t ? U s'en oaTiît à Alopeus * : « Je ne me dissimule pas le danger qne nous prépare» à rvn oomme à Tautre, Fambition démesurée de Bonaparte. I^oos serons les derniers à être mangés, ¥oîlà le seul aTantage de la Prasse... L'affermissement du nourel ordre de choses en Allemagne» le sort de l'Europe dépendent du parti qne prendra Totre auguste maître. •
A Péter^bourg, on raillait sans gène « la conduite équt*
▼oque. la plate soumission de la Prusse enrers la France •,
Alexandre ne s'en offensait point. Il lui plaisait de considérer
en FrèdérioGuillaume un client et un satellite» et son amitié
■e souffrait point du personnage piteux on pitoyable de son
ami. Il eut toujours la magnanimité politique et profitable. U
manda à Alopeus qu'il partageait les appiébensions d'Han^
witz et chai^ea son ministre» • en présence dn dangtr immé»
diat qui menace cette partie de FEurope» d'entamer imméduK
( lement une né^jociation secrète avec le cabinet de Berlin, en
vae d'un plan ^;énéral d'action contre la France*. 9 UéerÎTit
an roi, le 4 juillet : « Monsieur mon frère» dans mi moment
anssi important et critique, qui décidera en grande partie de
la situation à Tenir de FE^irope.. .. je tous conjure de prendre
" considération mes propositions et de ne pas tous
Je ne puis roir indifféremment tont le Nord de
e dépouillé, rara^. mis sens dessus dessous poor
e querelle qui lui est si étran<père. . . <^ Un rescrit fut adressé
eus le 30 juin, et des pleins pooToirs le S juillet : la
fournirait âo.OOO hommes, au besoin 50 à €0^000;
^se, autant; la Saxe, de 10 à iO»000; CKsd» de 1%
U.OOO, et daitres en proportion. Les denx pnksanoes se
rantiraient FinWolabilité de leurs territoires.
î Vutriche. sondée, dans le même temps» pïir les Aurais
port 4 â)o|»«««. 1» «Ml l;»»a. Maktvs»» t. VI. ^ Sli «iMJn
et par les Russes, atermoya. Elle demandait à la Russie de lui procurer le temps de s'armer, et à l'Angleterre de lui en procurer les moyens. Jusque-là, elle ne pouvait que travailler à endormir, à force de protestations et d'effusions de neutralité, la vigilance de Bonaparte *•
Cette vigilance était toujours en éveil, et il aurait fallu marcher d'un autre pas pour la surprendre ou la prévenir. Bonaparte pressentit ces mouvements et jugea que, s'il ne les rompait, la France se retrouverait aux prises avec la coalition de 1798. Il lui faudrait donc, pour conserver la paix de Lunéville, soutenir les mêmes luttes qu'alors pour imposer la paix de Gampo-Formio. Malgré le remaniement de l'Empire et les fameuses sécularisations qui, d'après tant de docteurs, devaient cimenter la paix, la République se retrouvait au même point que cinq ans auparavant, lorsque Bonaparte, revenant de Rastadt, prenait le commandement de l'armée d'Angleterre. C'était, comme alors, l'Angleterre à envahir, la Russie à détourner, l'Autriche à terrifier, Naples à dominer, l'Italie à défendre, la Suisse à protéger, l'Allemagne à neutraliser, la Prusse à gagner, la Hollande et l'Espagne à entraîner. Mais les positions occupées par Bonaparte étaient autrement fortes que celles qu'occupait le Directoire, son activité autrement efficace. D'ailleurs, même échiquier, mêmes pièces, même jeu.
Il interdit l'entrée dans les ports de la République et des pays alliés de toutes marchandises ou denrées coloniales venant directement de l'Angleterre ou de ses colonies *. Il
* Béer ; correspondance de Stahrenberg. Mars-mai 1803. ' Lefebvke, t. I, chap. vu et viii. Arrêté» de» 10 et 20 juin 1803; Mémoire d'un h landais, 25 mai; Talleyrand à Bonaparte, 5 août 1803.