‹ L'Europe et la révolution française Volume 6Chapitre 97 sur 122 · VI · texte numérisé non relu

VI

en ces effroyables besognes où il joue sa tête, sa fortune, son honneur? Il le dit à d'Antraigues : » Mon père abhorrait Bonaparte et cet héritage est le mien, et mon père était dans Topinion du parti très considérable ici qui pense que l'Angleterre est surtout nécessaire à la France pour empêcher la tranquillité d'un règne qui, s'il était paisible, ressemblerait à celui de Néron... Je tiens fortement, par principe et par dévouement, à tous les chefs du parti de l'Angleterre en France, en réduisant nos principes à celui-ci : sans l'Angleterre, la France serait un enfer. Et il faut être ici pour savoir les plis et replis de cette opinion; je ne les abandonnerai jamais, et, puisque le hasard m'a mis en état et à même, il faut aller tant que cela peut aller... J'ai une grande fortune, mais je ne la maintiens que par mon crédit, et on n'a de crédit que dans la machine... Voilà, monsieur, les clous qui m'attachent à la chose. » — «Du côté de l'Angleterre, il y a impossibilité à eux de me compromettre^.. Je mesure, dans ce que je leur dis, toutes les possibilités, et ce que je leur fais saToir peut laisser, même en cas d'indiscrétions vagues, le soupçon sur bien des gens. Il faut aussi leur rendre cette justice; rien n'échappe de ce qu'on appelle secret du cabinet qui passe par le seul sous-secrétaire d'État Hammond; jamais il n'y en a eu un seul exemple. » Il réclame le même secret pour les lettres que d'Antraigues reçoit et transmet en Russie, « parce que, vous disant des choses que je peux seul savoir, il serait trop aisé de remonter à la source et d'entraîner ma ruine totale * » .

» PinGAUD, appendice : lettre du 1" mars 1805; cf., tU, p. 230, 234, 260. Fragments inédits. Comparez avec la lettre de Markof, da 12 juin 1803, ci-deMUS, p. 222 la lettre du père.

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