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102 LA MÉDIATION AUTRICHIENNE. — iSiS.
Cependantrun des premiers actes de Mural fut de dep c Vienne, avec des instructions secrètes et toutes p©*'®^'*^^ . ' Tinsu de ses ministres français et de son ministre des a étrang^ères, Gallo, le prince Gariati. Ce prince devait dit à Metternich « que le roi ne désirait que la conserv du trône de Naples, qu'il renoncerait à ses prétentions s^ Sicile...; sûr, cependant, que son existence se trouvera ou tard menacée par la France, et connaissant les vues raies de [l'empereur d'Autriche], il désirait avoir une g^^^ qui lui assurât son existence future; que cette gfaran i pouvait lui être donnée que par TAutriche, et qu'il étai p ^* par contre, à soutenir notre marche [celle de VA-utricn j le fallait, par toutes ses forces militaires ^ n
Il trouvait dans l'attitude de Napoléon u^ preve^ ^^
soupçons dont il lui convenait de justifier ^a <^^*^ V ovi
lettre « des plus inquiétantes* », puis le sil^^^^' ^^U tes
avait écrit deux lettres à la reine, mais §; ^t^^^ ^ • nue
avait dissimulées à son mari*. Il est dite -i ^ ^^ ^ *vrft-
Murât n avait pas eu quelque écho des p^^ % tX xVtïpèD^
noncées à son sujet par Napoléon, et doixt tC^^^^ itava-
donne une idée : « Je trouve la conduite A ^ t ^^^ rrétc^
gante et telle qu'il ne s'en faut de rien q^^^. "^^^ ^^^Iviatoç A^
pour l'exemple. C'est un brave hott^,^ ^^ J^ too*
bataille, mais il manque de combinai ^^^ ^^^ \ roi
ral^. » Il avait lu cette note insérée a "^ ^t cl ^ ^ * * .^^
de Naples, étant indisposé, a dû quitte ^1 ^^^^^^^ ^i%^^^^^ Qe
l'armée, qu'il a remis entre les main ^ ^omr^^ 0^5 ' w
dernier a plus l'habitude d'une p.^^ ! ^^ vice-r^^^ ti^^' ^ ^ grande a^__. #^^
^^ ^dmini»^^
d^^ apport de Durai»»' ^
tout Je o« 1450J, et Hblfert : Afaria è ^^"^^ V^^^ "^"^ "^ a
ini^«-' .j^^iii
' MeUeroich à Mier, 20 avril 1813. « |^^ ^^ < ^^^'
de moi de la cominittion dont il est charge ï***ïnc© Gariati 8*c^«^ ^^^^^^e '«*^'* ^* i
• . J'appris pour la première foit qu'il ^^^ - **^'* ^«t » — ^^^^ Ae<^''^f^^ l'empereur dont Timprewion a été profo^^ /^«t r^^^^ j^^^ ^^ t^^l ^ "^ ^<, î '
mnnication subtistanle entre les deu» ^t c**,* * ^^ \^ «-•'■'* '^ '
ouvert aux penteet les plus inquiéta m A« *^^»»«. . . - .^^^ A * Aût« r
Ellenn-ontpa. été retrouva.. Voî'" ,• O**"*' """ t ^ \*
W '^^'^W^^^'-ép' r avaiei.t''' ^« voyait ren^**^^ ^^^'
'C'''*-''*?èr"*^'>ti I^^-r «néanefr^^"^» français, :t
dfv* «t ^* Pour ' *«* "ns,ie;V?"'««««'«'"^*\-
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'^ •*07et,„i ^ '•^pondait p»*
■'••^".p.«r3,54«..,éta»**«
iO* LA MÉDIATION AOTRICHIENNE. — ^**^-
•Il disant ciu i* fanfaronnades, « promettant monts et merveules, ^ ^^
Allait en6n rendre la liberté à Tllalie, qu il était bo"^^® ^^^
lui donner et qu'il la lui donnerait'. » Bref, *® P*P .^
propre appât, et se posant en paladin de l'indepen
Tunité de Tltalie. 'ané
L'Anglais Bentinck», proconsul de la Sicile, fort ^^^^^^^^^^ par ses espions, suivait de près ces mouvements, ex esprits, et, par ses agents, tenait le fil de toutes les ^^^^^ ^ ^^ Ce protecteur de la légitimité en usait avec les Bout ^^^^ Sicile comme ]\aguère, en Hollande, les mii^*^*'''^^ . ,^^
toire avec les républicains bataves. Il procéda**- P^^ 1 'tait menaces, police, investissement militaire <l**P\*' i A'nonavec ses protégés, à la lutte ouverte. Marie^^^^^ ^^^ v. 'i Agençait à Londres, ameutait contre lui le r^cOV^^ . a i raillé, traîner les troupes siciliennes. L'iitxbéo'l ^^^ ^^^ ' Aes Xncomme toujours, entre la peur de sa feml^^'^^ Tpe^^ ^^^^^^ glais, la peur d'être tué, au moina eit,^ . o^^^ "" abàiq««^*^^' dérangé dans ses chasses et sea divert^ ôe^^^^'nvo^^- ^^^• tour à tour, en faveur de son fila ^*^ ^^^ -^le Ç^ i ^\^
tinck, craignant d'être accusé au ^v ï^*"^^ ^ (Je ]^^ . ^^^ que Napoléon avait joué en Esp^J'^''^«me<» g, ç^^ ^' J de maintenir Ferdinand sur |^ ^'*^» en 1 . c<» ^'^^ «», ie gouvernement, ce qu'il fit 1^ ^f^*;^' »<'^'pu»» '^ ""'aÎ''par les mauvais procédés, le^ . février* ^e *® -«ua
rasser de la reine. Il y réussi, **^^^midati<»''*.' g »^^^\i6 le 2 avril, tâchant de gagner |>" ^^rie-Ga*'**^''* • Je ^' -, trouva en chartre privée, et ^ *-*'iche 1*^ '**' »/ ri^'-^"
nette, errante sur les mer», ^^ **^»ne, gœur ^^ fi t'i^^S^^ dans le temps où, en Alletu^^^*»S8ée de rivaff^ ^j^^t <1^ 4étrôner le roi de Saxe. Ainsi ^**^, Us alliés ^'^^^^\q \&tei^ tauration. ^^ Préparait Iceuvre
Maitre de la Sicile, Benij A
Naples.etparlàdurestede l*J^^ entreprit de le à^''^!^[^,Z et les menées secrètes. 11 e^^^^li^. n multiplia les ért»J.^^j^^,
» BoTT*. t. V, p. 365. ^vec Murât en «égo
• Voir t. VII, p. 546 et ci-det«n.
iO»
xxe: ET MORAT. — 1818 ^ ^t^'
occultes et Touches. Tandis o„'i ^ ^^^^t«
et aux lé^timistes cocr.„.« ''^ ^' ^ P'".^'""*-' «*"* ^^^^ ;?^uns, des droits des a^tr^s *=^«™P'o« de la ^-^^S^^^^^,
Bretagne toute prête à se^^' ?" "., montrait la ^J^^^^^é^ il exhortait Murât « à s« aX", ' '^"^^P"- ' ^^ ''^'^^^'^ italienne louait sa val^„ *' ^^ champion de 1« ^'iV^ ^
««ait que sa réunion 1^^' *"". \^^''^'^ ."^'î'*"'''"^^ "^ ^
entreorise «„« i «**3c allies déciderait le smcc^ ^^^ ^
ïue JoaTh?™^ P«-tx.rb^teur du monde serait écr^ ^
elles état. T""' "^'"^ -«^ <»« ««P»- P" les ali/^/^^ ^
e flattir^^ <>« BenLck%t cet ^^^^^
.n avÏo\ r . '^'"^ éoontées. à tel poi^t qu'il dép^^^:^ ®* I****^"^ en rapporter la confirmation»
es promesses.
es promesses.
aïs en cette première phrase de sa défection evait. comme il !« fit jusqu'à la catastrophe de router et Iui-mê«ie, et ses conseillers, et ses instigateur^ ^
sa
!s complices. Ce malheureux avait l'obsession du règne •oyait sa couronne inenacée par Napoléon, il s'offrait ^ ^ hes; s'il recommençait à espérer en la grâce de l'eropere»^ enait à la Franoe . I*our peu qu'il se rassit, il retroav^^- >n sens, il o^TT^rw..,ow^«.4«. ^..^ i». .ika» wio riir>r>»nteraî^^
l'av
revenait
i bon sens, i] compresnait que les alliés ne laccepterai^^J
*^"« sens, Il comprenait que les alliés ne 1 accepterai naisde bonne foi ; que ISapoléon, sans doute, après Tai ronisé, pouvait cI'viï:! revers de sa plume le jeter à bas ^^\ maïs îl <sArfe*«^^* l-..^.».^-» .^^^^ lo c<»ii1^ n.Vinnne sérieuse
Tav-^^ ^
pouvai »e; mais il sentait bien que la seule chance sérieuse ter roi consistait a rester l'allié de l'empereur qui lav ^ roi. Enfin, soldat dans F âime, il gardait le cœur franchi ieureux, naïf; enFant des rues de France, soldat ^ >rme de l'ancien réf^ime, volontaire exalté de la Révoj
costumes et les broder- J
. malgré les chama.ri-ures de ses costumes et les brodei-j sa livrée. Au milieu de la mascAera napolitaine, la 6 V^. claire subsistait en l«i- Comme le dernier de ses anci ^ Brades. nn^l.^« ^ i « r en«:ourdi en province, dans quel^
arades, prébend eption ou déj>ôt <!< au clairon. y c^^^vat.\i et à charger , 1 «s »
"■daif arec «s^t i
r engourdi en province, aa«« quei ^^ re^oixte, ce héros déclasse se '^>-^V^ r <ie la. République, prêt à pique. ^1 w ^ , Xie tous ses calculs, ceVv ^
.stmx:i.o:t,, sa ^^^^^
106 LA MEDIATION AUTKICHIENNE. — 1813.
préféré, a Quoi ! disait-il à Durant ' , Tempereur peut-il méconnaître de quel avantage je lui serais en Italie? J'ai déjà 30,000 hommes sous les armes; j'en aurai bientôt 40,000. L'armée de Naples fait aujourd'hui la sécurité de l'Italie. Si l'empereur ne veut pas croire à la sincérité de mon assertion, qu'il croie du moins aux instigations de mon propre intérêt. Quelle garantie pourraient avoir à mes yeux leurs promesses? Ne sais-je pas que ma destinée est une émanation de celle de l'empereur? C'est de lui que je tiens ma couronne. Je veux la conserver sans doute, mais je veux surtout conserver mon honneur; que l'empereur dise un mot, et je me charge de la défense de l'Italie. Je la défendrai pour lui, pour son système, sans mélange d'aucun calcul qui me soit personnel. Que sî l'empereur, dans ses vues prochaines, croit encore ma présence utile à la grande armée, il me le dise, et j'y vais ; mais que son cœur ne soit pas fermé pour moi« qu'il me rende la considération dont j'ai besoin pour le bien servir, et qu'en lui dévouant ma vie, je sache au moins qu'il me rend jus-> tice ! »
C'est ainsi qu'en ce printemps de 1813, pourri de trahisons, Murât apprenant que la France courait aux armes, que les confédérés allemands se montraient 6dèles, et que la grande marche en avant allait recommencer, écrivit à l'empereur, le 12 avril, la lettre d'un capitaine surpris en maraude, à un colonel dont il a été l'enfant gâté : u Mon àme a été brisée lorsque vous m'avez montré de la méfiance, lorsque vous avea semblé vouloir m'humilier à la face de l'Europe. Comment, Sire, avez-vous pu douter de celui qui, depuis le commencement de sa carrière militaire, ne vous a donné que des preuves de dévouement et de fidélité, qui n'avait pour objet de ses pensées que la gloire, le service de Sa Majesté, la grandeur de la France ? »
Mais Bentinck le guettait et Metternich tendait ses filets. Ce ministre écrivait, le 20 avril, au comte Mier : «& Nous
' Rapport de Durant, 31 mars 1813.
L'ARMISTICE DE PLEISWITZ. — 1813. 107
sommes prêts à écouter le roi...; Tempereur ne désire que de voir le roi gouverner des peuples qui lui ont voué tout leur attachement » ; puis il parla de la médiation : a La puissance médiatrice n'a plus le choix ; elle ne pouvait réussir qu'autant qu'elle était prête effectivement de soutenir ses paroles par la guerre. En conséquence Sa Majesté rassemble de grandes forces militaires... »
Cependant le tsar et le roi de Prusse s'étaient rendus à Dresde, le 24 avril. Ils y virent arriver lord Gathcart et sir Charles Stewart, munis l'un et l'autre de pouvoirs pour traiter. L'Angleterre déclinait l'entremise, mais, ce faisant, elle poussait l'Autriche dans la coalition, car l'Autriche ne pouvait prouver autrement la sincérité de ses intentions ni autrement obtenir les subsides indispensables pour agir avec efficacité. Elle se trouvait portée à précipiter, plus que Met-^ ternich ne l'aurait désiré, ses accords secrets avec la Prusse et avec la Russie, lorsque l'entrée en scène de Napoléon vint rendre à l'intervention, sinon un sérieux qu'elle n'eut jamais, au moins une consistance apparente et quelque raison d'être, de forme et d'expédient.
Napoléon avait refait une armée, il disposait de deux cent mille hommes. Les régiments français s'étaient exercés et formés en route. Us manquaient encore d'endurance, mais ils montraient de l'entrain, la présence de l'empereur les électrisait. a Jamais, dit un officier, le recrutement n'avait produit une aussi forte et aussi belle espèce de soldats. » Fondue avec les restes de la grande armée, cette jeunesse rappelait, sans la funeste disposition à la panique, les troupes que Dumouriez etKellermann aguerrirentetentralnèrenten 1792. Mais l'artillerie était mal attelée, et la cavalerie insuffisante.
108 LA MLDIATION AUTRICHIENNE- — 1813
En6n ces Français se trouvaient mêlés de trop d'Allemands'. Les confédérés du Rhin comptaient pour un tiers dans les 170,000 hommes que Napoléon porta en Saxe. La France se voyait déjà comme envahie dans sa propre armée.
Arrivé à Erfurt le 28 avril, Napoléon battit le 2 mai, à Lutzen, en Saxe, les Prussiens et les Russes. Faute de cavalerie, il ne put les poursuivre et les détruire. Toutefois c'était une brillante entrée en campag^ne, propre à exalter les troupes, À montrer qu'il demeurait le redoutable meneur de guerre qu'il avait été ; mais ce n'était qu'un succès, ce n'était pas une g^rande victoire, le coup de torinerre qu'il aurait fallu, le coup de massue d'Iéna. Napoléon fit de la bataille tout l'éclat qu'il put à Vienne et chez ses confédérés*. Il jugea que Lutzen devait lui ramener l'Autriche, a La proposition de faire accepter une médiation armée est trop ridicule pour que l'empereur d'Autriche ne le comprenne pas ; il faut le dire net, c'est vouloir mettre les intérêts de la France à la merci de l'impératrice et de M. de Stadion« , écrivit Caulaincourt à Narbonne, le 4 mai. Caulaincourt, qui accompagne l'empereur, sorte de ministre des affaires étrangères à la suite, entre l'état-major et la chancellerie de campagne, tient la plume, mais on reconnaît le style de 1809, après Wagram.
Toutefois, Napoléon les ménage étrangement. Il blâme Narbonne d'avoir poussé trop loin et trop nettement défini les choses ^. Il espère toujours les reprendre : « L'empereur aime son beau-père, il désire lui épargner des malheurs inévitables, s'il se laisse aller aux conseils de l'inspiration et de la clique anglaise. C'est dans la vue de ménager sa faiblesse et de ne pas mettre le ministère dans le cas de revenir sur une fausse détermination, qu'on voulait gagner du temps. Il était évident que si les événements nous étaient contraires, l'opi-
< Le 10 mai, au pasRage de l'RIbe, sur quatre corps et 60,000 à 70,000 hommes,
109 bataillons, 28 escadrons, 18 batleries, on comptait : 3 régimentH de cavalerie et 5 d'infanterie allemande; 9 régiments d'intanterie italienne, illyrieaae« «uisse, espar^nole. Hausser, IV, p. 138.
* A François, au roi de Wurtemberg, à Jérôme, 3 et 4 mai 1813. ' Voir ci-destus la note du 21 avril et l'entretien du 23, p. 91-93.
L'ARMISTICE DE PLEISWITZ. — 1813. 109^
mon de ses peuples entraînerait Fempereur d* Autriche, et le Tanguerait contre nous, tandis que l'armée française, victorieuse comme elle Ta été, il était de l'intérêt de l'Autriche de rester avec la France. L'explication précipitée de Votre Excellence a l'avantage de nous dégager de tous liens avec cette puissance, mais l'empereur aurait préféré que votre réserve lui eût épargné ce faux pas. »
' H se rendit à Dresde, le 8 ; il voulait donner un exemple aux confédérés du Rhin, et aux peuples un avertissement. 11 venait d'apprendre, par une lettre de Frédéric-Auguste et par les rapports de Narbonne, que la Saxe avait adhéré à la médiation autrichienne et que les mouvements de ses troupes tournaient étrangement à la défection ^ Ajoutez les démonstrations haineuses des peuples, agités par Stein et les patriotes allemands. Napoléon adresse au roi de Saxe un véritable ultimatum; il le met en demeure de joindre ses troupes à la grande armée, de déclarer qu'il fait toujours partie de la Confédération du Rhin, qu'il n'a aucun traité contraire à cette confédération, sinon a je le déclare félon, hors de ma protection, et en conséquence il a cessé de régner * » . Une députation municipale, selon les rites, l'attendait à l'entrée de la ville. « Vous mériteriez, dit-il, que je vous traitasse en pays conquis. Je sais quelles insultes vous avez prodiguées à la France, à quels transports hostiles vous vous êtes livrés, lorsque l'empereur Alexandre et le roi de Prusse sont entrés dans vos murs. Vos maisons nous présentent les débris de vos guirlandes, et nous voyons encore sur le pavé le fumier des fleurs que vos jeunes 6lles ont semées sur les pasdes monarques. Cependant, je veux tout pardonner. Bénissez votre roi, car il est votre sauveur. » Le roi de Saxe arriva le 12, soumis, reconquis, et parfaitement loyal en sa résipiscence. Napoléon tint à manifester publiquement leur entente; mais le peuple demeurait hostile, et l'armée, contrainte à
' 20 avril 1813. Oicken, t. II, p. 037. — BortRBFOxs, Un allié de Napoléon^. p. 370, 413, 410 et toiv. — Thiers, t. XV, p. 208 209^ 402, 412. ' A CaaUincourt, 8 mai 1813. — Borrbfors, p. 420 el suiv.
110 LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813
servir, mécontenle et couvant la défection. Frédéric-Aug^uste rapportait de ses pérég^rinations en Allemagne et en Bohème des renseignements fort inquiétants sur l'attitude de TAutriche. Des lettres interceptées achevèrent de démasquer tout ce qu'il y avait de louche dans sa médiation, ses manigances avec les alliés, ses tentatives d'embaucher les confédérés de Napoléon, son dessein enfin d'entrer en guerre, si ses conditions de paix n'étaient pas acceptées, aussitôt qu'elle se jugerait en mesure. M. de Senfft, ministre des affaires étrangères de Frédéric-Auguste, avait vu Metternich. « 11 lui fut facile, rapporte-t-il, en parlant de sa propre personne, de démêler •que la cour de Vienne n'avait aucun espoir sérieux pour la paix, ni de plan fixé pour les conditions à proposer, et était a^u fond décidée à la guerre contre la France ; on ne cherchait <lonc, suivant Texpression de M. de Metternich lui-même, qu'à assurer le succès et à gagner du temps pour achever les préparatifs qu'on annonçait devoir être terminés de manière à pouvoir entrer en campagne à la fin de mai ^ » « Les renseignements que l'on trouve à Dresde ne devraient plus laisser aucun doute, a dit justement Fain. Et de nos jours, un historien allemand : a Napoléon eût été le seul à s'y tromper. » On va voir qu'il ne s'y trompa point.
. La journée de Lutzen servait les calculs de Metternich : «lie rendait une médiation possible; elle procurait à FAutriche le délai dont elle avait besoin, le moyen de leurrer Napoléon, de le traîner, de le tenir en suspens, et de se mettre «lle-méme en valeur. Ce que Metternich apprenait des récriminations des alliés, Prussiens contre Busses, Busses contre Prussiens, n'était point pour le contrarier. L'Autriche pren- •drait^ dès son entrée en scène, la direction de la politique et de la guerre. Si Napoléon avait écrasé les alliés, il serait redevenu maître du monde; s'il avait été mis en déroute, la supré-
* Mémoires du comte de Senfft. — Sur Senfft et set mémoires, Saiictb-Bbutb, Nouveaux lundis^ t. IX, article Bignon. — Bonnefons, p. 311, 418 et suiv. — OiiCKEN, O. und Pr. II, p. %%% et suiv. Zeitalter, t. II, p. 037. — Fàir, t. I, p. 387-389.
L'ARMISTICE DE PLEISWITZ. — 1818. 111
matie serait passée à Alexandre; TÂutriche n'aurait plus été qu*une chancellerie à la suite, et un corps auxiliaire de la coalition. » . Ce fut a dans le flux et reflux d'agitations, de nouvelles, d'appréhensions, de conjectures', » une passe singulièrement périlleuse et difficile pour Metternich : son mattre, à la fois vacillant et entêté, le public emporté tour à tour et effaré, ne comprenant pas, condamnant les retards à déclarer la guerre. Metternich se montra supérieur par la maîtrise de soi-même, la suite, la dextérité, la souplesse dans les défilés^. Cet homme du monde, ce dandy politique, à la main blanche et nerveuse, déploya le sang-firoid, le coup d'oeil et l'énergie d'un vieux pilote.
Les alliés le sollicitaient; Napoléon incomplètement vainqueur, serait contraint d'entrer dans les a formes ». a II s'agissait, a écrit Metternich, de l'empêcher de suivre sa tactique habituelle, c'est-à-dire de se tourner vers la Bohême, afin de frapper contre nous un grand coup dont les suites auraient été incalculables pour l'Autriche, » a Vers la fin du mois, disait-il au comte Hardenberg, l'armée de Bohême devait être prête à agir': en attendant, il comptait être d'accord avec les autres puissances sur la question de la médiation, et jusqu'à cette époque il voulait encore dissimuler avec Napoléon... » H prévoit que m la guerre entre l'Autriche et la France doit éclater par le refus que Bonaparte donnera sans aucun doute aux propositions que la Russie, la Prusse et l'Autriche lui feront conjointement •» .
Le fin de l'affaire consistait donc à lui proposer des conditions qu'on serait sûr de lui voir repousser, et le choix n'était point malaisé, connaissant ses vues, les nécessités de sa politique, et les déclarations toutes récentes encore qu'il avait faites à Schwarzenberg. Napoléon ne pouvait pas reculer sans perdre son prestige, s'avouer vaincu, s'exposer à de nou-
' Cf. Souvenirs du duc de Broglie^ t. I, p. 222.
' « Il ne yacille pat daos Inexécution de son plan. ■ Rapport du comte Hardenberg, 12 mai 1813. — Onoken.
* Mémoires de Metternich. — Rapport du comte Hardenberg, 9 mai 1813.
112 LA xMÉDIATION AUTRICHIENNE. — 1813
velles exigences des alliés, Metternich savait que les meneurs de Topinion, à Paris, se feraient une arme contre lui du refus qu'il opposeraità des conditions préliminaires que, dans Tétat d'esprit où Ton était en France, on jug^erait non seulement acceptables, mais excellentes. On eng[agerait, de la sorte, Napoléon dans une négociation dont le moindre effet serait de creuser davantage la séparation entre lui et les Français. Il aurait perdu l'avantage de l'offensive, la supériorité du nombre, la confiance des généraux, l'entrain à la guerre.
tt Le passage de la neutralité à la guerre ne sera passible que par la médiation armée » , avait dit Metternich à François IL II en était à franchir ce pas. Le 7 mai, il dressa des instructions pour Stadion qu'il dépêchait prés d'Alexandre : il y développait ses idées sur la médiation armée et posait les u vues de paix » à proposer à Napoléon ; c'étaient : 1* La suppression du duché de Varsovie et le retour, en ce qui concerne l'Autriche, à l'état antérieur à 1809; 2* la restitution à la Prusse de ses anciennes possessions dans l'Allemagne du nord ; S* l'abandon par la France de tout ce qu'elle possède, en Allemagne au-delà du Rhin; 4* la Hollande indépendante; 5** la restitution de toutes les provinces françaises en Italie; 6*" la restauration du pape; 7* pour l'Autriche, la frontière d'avant Lunéville, le Mincio ou l'Oglio, plus le Tyrol et le pays de l'Inn, l'Illyrie, la Dalmatie et la restitution de tout ce que lui avait enlevé le traité de 1809; 8* cessation de la suprématie de Napoléon en Allemagne; 9"* le royaume d'Italie hors des mains de l'empereur des Français ^ Voilà, selon Metternich, les conditions d'une bonne paix continentale, mais il reconnaît qu'on doit distinguer un maximum et un minimum j selon les chances de la guerre. Sur la guerre même, il s'exprime nettement : a Le comte de Stadion prouvera... que nous aspirons avant tout à rapprocher le terme... ou par un prompt accord avec les puissances, ou par des opérations qui nous permettent de porter nos forces hors de nos frontières. . . »
' Le traité du 11 avril 1805 le réservait à un des frères de Bonaparte, Joseph vraisemblablement. Cf. t. VI, p. 417.
L'ARMISTICE DE PLEISWITZ. — 1813. 113
A Tappui, Stadion produira des « devis militaires qui ne laisseront rien à désirer à Terapereur Alexandre sur les détails des mouvements de notre armée... Il ne négligera rien pour amener une négociation instantanée, et pour convenir des bases d'une coopération active militaire de notre part dans le cas de la non-réussite de nos soins en faveur de la paix. » Le même jour, François écrivit au tsar. Il forme des vœux pour un arrangement pacifique, mais il ajoute aussitôt : a Nos forces réunies, dirigées d'après un point de vue fixe, et dans raccord le plus parfait, nous feront, il n'en faut point douter, dans la supposition contraire, arriver au plus noble but que puissent se proposer les puissances ^ » Le 8 mai, Stadion se mit en route : il était en mesure de mener à fin a la négociation instantanée » et d'établir entre l'Autriche et les alliés H l'accord le plus parfait » , qui était le but premier de sa mission^.
Restait à lier Napoléon le temps qu'il faudrait pour établir les accords. Metternich vit Narbonne le 7 mai ^. Il n'eut garde de lui déclarer le maximum de ses conditions et ce qu'il considérait comme les bases d'une bonne paix : on les découvrirait successivement, au congrès. Il se contenta d'insinuer que dans les propositions russes, il en repoussait deux tiers, il en admettait un. Mais surces deux tiers, non plus que sur les propositions même, il ne s'exprima clairement. Il n'eut garde d'articuler le principal article des instructions à Stadion, l'essentiel d*une bonne paix selon l'Autriche, à savoir la reconstitution de la monarchie autrichienne telle qu'elle était en 1805. Il ne s'expliquait point. Narbonne le pressa : « Ce qui doit, sans doute, donner le plus d'espérance de voir conclure la paix, c'est la connaissance des conditions que vous êtes prêt à faire accepter et à soutenir; vous m'avez promis de me la donner, et je la réclame. » Metternich divagua, se répandit en circonlocutions. Narbonne, qui se rappelait leur entretien
' OvcKEir, O. und Pr. t. II, Annexes.
' François à Frédéric-Guillaume, 17 mai 1813. Ranke, t. IV.
' Rapport de Narbonne, 7 mai 1813.