VIII. il
16S LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
fera le 21, avec Metternich '. L'Ang^Ieterre s'appropriait le programme russe et prussien du 16 mai, celui-là même que dans le traité de Reichenbach du 27 juin, rAutriche avait éventuellement adopté et auquel les alliés se réservaient de donner a la plus grande étendue ^ « : c'était d'ores et déjà la reconstitution de TAutriche sur Téchelle de 1805,1a Confédération du Rhin dissoute, la Hollande évacuée, l'abandon de l'Italie. Ainsi, l'Autriche n'a pas encore communiqué à Napoléon se^ quatre points préliminaires, et il est d'avance convenu que sur les quatre alliés, trois ne concluront pas la paix à ces conditions-là, et l'Autriche est d'accord avec eux. 11 suffit que Napoléon refuse le minimum pour que cet étrange médiateur se joigne aux coalisés et exige le maximum. Il est très vraisemblable que le même courrier apportait des paroles concluantes sur l'article des subsides, et des garanties au moins verbales, sur celui des indemnités d'Italie, ce chapitre essentiel de la paix autrichienne, depuis Leoben jusqu'au traité de 1805, en passant par Lunéville '. En tout cas l'entente à quatre se trouvait, en fait, nouée contre la France, et l'adhésion de l'Angleterre emportait la paix anglaise concertée déjà par
* Nugent à Cathcart, Prague, 87 juillet. — Cathcart à Castlereagh, 6 août. — Ga8tlereagh à Cathcart, 5 juillet 1813. — Ouckes, aonexes. — Castlbrbagb, Letters and despatches. — Martens, t. XI ; rapport de LieTen, 16 juillet 1813. — Rahkk.
* Cf. ci-det8U8, p. 139, 141; et, p. 136 les quatre points.
' S'éublit-il, ce jour-là même, des rapports plus étroits entre l'Angleterre et l'Autricbe? Metternich obtint-il de l'Angleterre la suprématie de l'Italie? On Ta dit. Nîcomede Bianchi a publié, Storia délia diphmazia europea in Italia, t. I, annexes p. 333, une protestation qui aurait été adressée à Paris, le i6 mai 1814, par Metternich à Castiereagh. Cette note se réfère à des négociations entamées déjà relatÎTement à l'exécution du traite' secret signé à Prague le 27 juillet 1813 et ratifié à Londres le fâaoûf, et en résume le contenu avec précision : ce traité, par ses articles 4, 9, 10, « absolument décisifs » , réservait à l'Autriche • la direction suprême et l'organisation définitive de l'Italie, à C exception des anciens Etals du roi de Sardaigne^ de concert avec l'Angleterre » . Le • royaume » d'Italie passait à l'Autriche. II n'a été trouvé aucune trace du traité ni aux archives du Becord office^ ni à Vienne ni à Berlin. Quant à la protestation de Metternich, dont on n'a trouvé non plus aucune trace, elle a été envoyée à Turin, en copie, pendant le congres de Vienne, par Saint-Marsan, alors entré au service de Sardaigne. Le journal de Saint-Marsan n'en fait pas mention. Rihikri, Correspon* denxa dei cardinali Consalvi e Pacca^ 1814-1815, preceduta da un diario inedito del Mise di San Martano.
Alexandre, c'est-à-dire les conditions du traité d'avril 1805, le retour aux anciennes limites. Au cours de cet entretien décisif, comme Nugent exprimait quelques craintes que Tarrivée de Gaulaincourt ne retardât ou n'empêchât la guerre : « Cela, lui répondit Metternich, ne fera point de différence, car les conditions proposées sont telles qu'elles seront très difficilement acceptées, et en outre, elles peuvent être aggravées. » L'empereur François donna à son tour son approbation le 2 août. « Jamais, dit Metternich, un monarque n'a eu comme lui des entrailles d'État *. » Et dès lors, le ton s'éleva. Le comte Hardenberg écrit à Munster, le 28 juillet : a II m'est difficile d'exprimer à Votre Excellence le changement qui s'est opéré ces derniers jours dans les dispositions de l'empereur et dans le ton que prend le comte de Metternich et tous ceux qui encore avant peu ne parlaient que paix. Aujourd'hui on ne parle que guerre et de sa nécessité. Le comte Metternich répète à chaque occasion qu'il ne s'embarrasse plus de correspondances et de notes, ni de quatre ou 52.r' conditions de paix; qu'il faut la guerre... » Il ajoute : a C'est à Napoléon lui-même que ce résultat est dû. »
Il ne s'agissait plus que de gagner le 10 août, c'est-à-dire de s'acheminer à la rupture en y mettant les formes et en rejetant la responsabilité sur Napoléon. Ces « formes » furent tout l'objet de l'échange de notes qui a pris le nom décevant de congrès de Prague. De toutes ces « formes » , la plus simple et la plus efficace fut de ne révéler et notifier à Napoléon les fameuses bases qu'à la dernière heure et lorsqu'il restait à peine le temps de répondre par retour des courriers.
Narbonne était déjà à Prague; Caulaincourt l'y rejoignit le 28 juillet, tt D'après ce que M. de Narbonne m'a dit » , écrit-il à Maret en arrivant, le 28 juillet, « on est ici sur un volcan et les moments sont comptés; nos retards ont fait mauvais effet. Tout ce que j'apprends me fait doublement regretter
Maiite.\s, t, III, p. 115.
164 LA MEDIATION AUTRICHIENNE. -- 1813.
que l'empereur vous ait, comme à moi, lié les mains plus qu'il ne Tarait promis. » Il se les délia lui-même. Navré de se trouver à Prague « sans moyens de faire le bien ' j^ tel qu'il le concevait, il se les attribua, de son autorité privée.
Il alla le jour même voir Metternich qui lui rendit sur le champ, suivant Tusage, sa visite officielle. Caulaincourt était seul *^. » Dépouillant son caractère diplomatique » , il demanda à Metternich s'il n'était pas étonné de le voir à Prague. Metternich répondit qu'il regardait sa nomination « comme du plus heureux acquis « . « Assurément, reprit Caulaincourt, si vous partez du point de vue des intentions. Je vous parle aujourd'hui en ancien ami et à l'homme qui connaît aussi bien les individus et les questions que moi. Nous causerons demain comme plénipotentiaires. Eh bien, que pensez-vous de la paix? — Elle dépend d'un seul homme. . . — t Tout dépend d'une question préalable : êtes vous décidé à ne pas accepter une neutralité pour laquelle on vous offrira des avantages, et à nous faire la guerre, ou non?... L'empereur croit que vous voulez la paix, ou à son défaut une neutralité bien payée. — Eh bien ! écrivez à Napoléon que s'il a envie de se perdre, il n'a qu'à suivre ces idées;... que nous ferons la guerre...; que rien ne peut empêcher la déclaration de guerre le 11, que la signature de la paix le 10... — Dans tous les cas, reprit Caulaincourt, ne vous attendez pas à une négociation avant le retour de l'empereur, qui n'aura lieu que le 5. Je suis ici sans instructions autres que d'amuser le tapis. On va vous arriver avec toutes les questions de chicane... » Puis : a Que fera l'empereur le jour où il aura la certitude que toutes ses positions sur l'Elbe sont tournées, que vous et les alliés êtes plus forts que lui?... Je l'ignore... Demandez tout ce qui est juste et surtout ce qui présente l'idée d'une véritable base de pacification, vous Tobtiendrez plus facilement que peu> parce que Napoléon en dira : TAutriche est décidée à la guerre plutôt qu'à une trêve; si vous lui demandez peu, il
* A Maret, 28 juillet 1814.
* Rapport de yietiernich à François. 28 juillet 1813. Okckëk, en françai*.
ne fera aucun sacrifice pour la paix et il croira s'arranger avec vous aux dépens des puissances belligérantes ... » Aurait-il ajouté comme Metternich le raconte à Anstett ^ : « Dites-moi seulement si vous avez assez de troupes pour nous rendre une bonne fois raisonnables?» A Tune et Tautre question, la politique et la militaire, Metternich répondit au duc «qu'il serait servi à souhait n . Sur quoi, comme il prenait congé, Gaulaincourt lui fit cette déclaration de plus de conséquence que toutes les notes de chancellerie et tous les marchandages écrits * : « Vous ne voyez pas en moi le représentant des lubies de l'empereur, mais de son intérêt véritable et de celui de la France. Je suis tout aussi européen dans les questions présentes que vous pouvez l'être. Ramenez-nous en France par la paix ou par la guerre, et vous serez béni par 30 millions de Français et par tous les serviteurs et amis éclairés de l'empereur *. »
Ces propos étaient trop significatifs et Metternich y trouva les derniers encouragements pour l'opération scabreuse qui lui restait à exécuter, c'est-à-dire rompre l'équivoque qu'il avait si artificieusement entretenue et déclarer formellement, quel serait, après le 10 août, le rôle de l'Autriche. Il s'en expliqua avec Gaulaincourt. u D'après les diverses conversations que j'ai eues avec lui, » écrit Gaulaincourt, le 30 juillet, au ministre, « et dans lesquelles j'ai cru devoir me borner à écouter, il me parait que les affaires sont beaucoup plus mûres qu'on ne le croit à Dresde. Le résultat de tout ce qu'il m'a dit est que l'Autriche fera tout pour la paix, mais qu'elle est sérieusement préparée à la guerre et qu'elle y est même décidée, dans le cas où la paix ne se ferait pas. Selon
' Rapport d'Anitett, 28 juillet 1813. Marteks, t. III, p. 114.
* Comparez Talleyrand à Erfurt. T. VII, p. 301-303, 315-318.
' Ancane mention de cet confidences dans le rapport de Gaulaincourt à l'empereur du 30 juillet, DL dans le« lettres à Maret du même jour; simplement ces nots : «J'ai vu M. de Metternich à quatre heures le jour même de mon arrivée. Immédiatement après, il m*a rendu visite et j'ai diné chez lui avec M. de Narbonne et toute notre légation, n... « Je me suis tenu dans la réserve absolue qui m'est prescrite. »
i«6 LA MÉDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
lui rAutriche est dans une situation qui ne lui permet pa» d'être neutre. »
Metternich le disait, avec cette restriction mentale que ses engagements étaient pris, mais qu'en les prenant, il s'était réservé de ne les découvrir que le 10 août; il se préoccupait de « filer » la défection jusqu'à cette date et de préparer Napoléon à en recevoir Tavis officiel : quand il le notifierait, il aurait sauvé les « formes » et serait en mesure de répondre aux Français : Tempereur Ta voulu! Caulaincourt Tentendait avec sa pensée de derrière la tête, que la paix était possible, qu'en se donnant à TAutriche on se procurerait celte paix honorable et salutaire et que ceux qui en seraient les instruments auraient bien mérité du pays. Le même jour, 30 juillet, il recueillit, en compagnie de Narbonne, cette déclaration : « Ce ne sera probablement, dit Metternich, que dans la journée du 10 que nous saurons la pensée de l'empereur, et cette journée peut être la paix comme la guerre. Mais soyez bien persuadés que, passé cette journée du 10, rien ne peut faire prolonger l'armistice *. Je vous donne ici ma parole que nous arriverons à cette époque sans que l'Autriche ait l'ombre d'un engagement avec aucune autre puissance *, et que ce ne sera qu'en cet instant même
^ Caulaincourt et Narbonne à Maret, 30 juillet. — Rapport de Caulaincourt à Napoléon, du inètne jour : « Il m'a plusieurs fois répété ce qu'il avait, m'a-t-il dit, déjà annoncé à M. le duc de Batsano et à M. de Narbonne, et ce qu'il regardait comme un devoir d'honneur de faire parvenir à Votre Majesté : c'est que, le 10 août, si les bases de la paix n'étaient pas signées, une déclaration accompagnerait nécessairement la dénonciation de l'armistice... Jusqu'à ce moment, dit-il, l'Autriche ne prendra point d'engagement; mais il y a deux points sur les* quels il ne peut nous laisser aucun doute; c'est qu'elle ne sera pas neutre, et qu'elle fera la guerre... »
' Nous arriverons sans que l'Autriche ait l'ombre d'un engagement,.. Voir le traité de Reichenbach, 27 juin, la déclaration aux Anglais, 27 juillet, ci-dessus p. 140. — Version de Thiebs (XVI, p. 152), Metternich aurait ajouté : «Qu'on ne vienne donc point après l'événement nous dire que nous vous avons trompés. Jusqu'au 10 août à minuit, tout est possible, même à la dernière heure; le 10 août passé, pas un jour, pas un instant de répit : la guerre, la guerre avec tout le monde, même avec vous !» — « Langage calme, triste et grand » , dit Thiers, et p. 180 : « M. de Metternich répéta ces choses qu'il avait déjà dites à M. de Narbonne, d'un ton si calme, si ferme, avec des témoignages si affectueux pour M. de Caulaincourt, et une sincérité si manifeste, car il ne faut pas, comme le vulgaire.
qu'il sera décidé avec qui nous nous battrons. Nous désirons extrêmement que ce ne soit pas contre vous, mais nous avons bien de la peine à Tespérer... Ce qui est impossible, c'est que nous restions neutres... »
Or le jour même, Metternich écrit à Stadion, au quartier général des alliés ^: a M. de Gaulaincourt, qui est animé du meilleur esprit... m'a confirmé que depuis mon voyage à Dresde... l'empereur Napoléon est dans l'illusion la plus complète sur la véritable position des choses. Dérouté depuis longtemps dans tous ses calculs, s'accrochant toujours de préférence à ridée qui flatte ses vues, il parait aussi complètement convaincu, à l'heure qu'il est, que l'Autriche ne prendra jamais fait et cause contre lui, qu'il nourrissait la conviction à Moscou que l'empereur Alexandre se prêterait à la paix ' «> . Et plus loin : « M. de Wacquant se rend au quartier général allié pour y demeurer en qualité de commissaire militaire. Il est muni par le prince Schwarzenberg d'une lettre de créance pour le général en chef des armées russes et prussiennes. Ses ordres portent de suivre en tout point les directions que Votre Excellence voudra bien lui donner *...»»
Toutefois, il restait une inquiétude : si Napoléon acceptait les conditions qui lui seraient posées? et une inconnue : « Il est difficile de se faire une idée de la manière dont il serait même physiquement possible d'arriver à une conclusion en cinq jours de temps. Le fait n'est cependant pas impossible avec le caractère particulier de l'homme duquel dépend en dernier ressort la paix. » Gentz écrit, le 4 août * : u Depuis quinze jours la physionomie de notre cabinet est absolument changée. L'empereur et quelques-uns de ses confidents parti-
s'imaginer qu'un diplomate mente néceMai rement, que M. de Gaulaincourt, ne pouvatl résister à tant d'évidence. Aussi, avec sa yéracîté ordinaire, écriyit-il sur le champ à M. de Bassano... »
» 30 juillet 1813. 0KCKE5, O. und Pr„ t. II, p. 440.
* ■ ... Les ministres (de Napoléon) furent complètement trompés par le cabinet antrichien... • Largeroet, p. iùt, note.
' A sir George Jaksoo, qui accompagnait sir Charles Stewart, en qualité de diplomate. Onckeit, O, und Pr.y t. II, p. 440.
168 LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
culiers qui ne consentiraient à la guerre que parce qu'ils ne savaient plus combattre les raisonnements de M. de Metternich ou déjouer les mesures habiles par lesquelles il les entraînait malgré eux, sont à présent prononcés eux-mêmes et ne voient plus d'autre chance ni d'autre choix. Ce changement a été amené en partie par les progrès que les armements ont faits et par le courage qu'une masse énorme d'hommes et de moyens réunis inspirent aux plus craintifs; mais en grande partie aussi parla conduite inouïe et inexplicable de Napoléon. La seule clef de cette conduite se trouve dans la supposition qu'il n'a jamais sérieusement cru que l'Autriche prendrait part à la guerre; et cette supposition nous a été confirmée de nouveau par Caulaincourt, qui le connaît aussi bien que qui que ce soit. •
La chicane commença : on débattit à l'infini si le rôle du médiateur serait de porter des lettres, de porter des paroles, ou de régler des controverses verbales ; si Metternich remplirait le rôle de courtier ou celui d'arbitre ; si l'on gouvernerait selon les précédents de Ryswick, ceux de Teschen ou ceux de Rastadt, la procédure de ce congrès condamné d'avance à ne jamais s'ouvrir *.
Napoléon revint à Dresde, considérant la reprise des hostilités comme désormais inévitable, à bout de patience avec ses deux familles, la naturelle et l'alliée, ses frères et son beaupère*. Faites savoir au roi de Westphalie, mandait-il à Berthier, de Mayence, que « s'il ne se soumet à obéir à tous les maréchaux, n jamais il n'aura de cominandement dans l'armée française... « Ce qui vient d'arriver en Espagne fait connaître de plus en plus l'importance de tenir à ces principes : que la guerre est un métier, qu'il faut l'apprendre... Le roi d'Espagne à qui j'ai fait dans le temps de semblables observations, est aux larmes de ne les avoir pas bien comprises... »
Ses ambassadeurs ne lui donnaient pas plus de satisfaction : il les jugeait insuffisants, enchevêtrés dans les trames de Met-
' Pièces dans Fain.
' Lettre et ordres à Eugène, à Berthier, 28> 31. juillet 1813. Lecestre.
ternich. Toutefois que voulait dire ce ministre quand il déclarait aux Français : « Ce ne sera qu'en cet instant — le 10 août. — qu'il sera décidé avec qui nous nous battrons? » Quelles étaient, définitivement, ces conditions de paix dont il affirmait que si elles étaient acceptées elles retiendraient TAutriche ; si elles étaient repoussées, elles la jetteraient dans le camp des alliés? Metternich ne s'en expliquait pas encore en forme officielle. Serait-ce celles que Bubna avait insinuées le 16 mai, celles que Metternich avait indiquées le 7 à Narbonne et qui étaient plus étendues ^?
Napoléon, dicta le 5 août à Maret une instruction confidentielle pour Gaulaincourt : savoir, sous le sceau du secret, « de quelle manière rAutriche entend que la paix peut se faire et si, l'empereur Napoléon adhérant à ses propositions, l'Autriche ferait cause commune avec nous, ou si elle resterait neutre ;. . aussitôt que l'empereur sera certain du mot de TAutriche, il donnera des instructions en conséquence à ses plénipotentiaires... « Faire connaître « qu'on désire dans vingt-quatre heures écrire ses conditions sous sa dictée [de Metternich]; que dans trois jours votre réponse sera donnée... que Sa Majesté désire que M. de Metternich soit très sûr de l'approbation de l'empereur d'Autriche. •
Gaulaincourt eut cette dépêche le 6 août et se rendit aussitôt chez Metternich; mais ce ministre était sorti. Le temps se perdit. Enfin Gaulaincourt le rencontra dans la soirée et lui fit en toute confidence sa communication^. Pour être prévue, elle n'en paraissait pas moins embarrassante. Metternich jugeait naguère très douteux qu'il fût « même physiquement possible d'arriver à une conclusion en cinq jours de temps, ff II n'en restait plus que quatre. Le désir exprimé par Napoléon que Metternich « fût très sûr de l'approbation de l'empereur d'Autriche » lui fournit le moyen de gagner deux jours sur ces. quatre. Il alla quérir cette assurance à Brandeis, où se trouvait l'empereur. Il estima d'ailleurs la
* Voir ci-det8U8, p. 11^, 117.
* Rapport de Gaulaincourt, 6 août j.813.
170 LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
démarche de Napoléon dictée par l'inquiétude que lui donnaient les armements de rAutriche. a Plus il semble avoir peur de nous, dit-il, plus il faut lui parler ferme ; plus il cherche à nous séparer de nos alliés, plus nous devons resserrer nos liens avec eux. »
Gaulaincourt avait engagé Metternich à forcer la note. Metternich, qui connaissait très bien Napoléon, ne pouvait pas se flatter de Tintimider en élevant les exigences, tout au contraire. Mais, désireux « de donner aux cours alliées une nouvelle preuve de notre fermeté et d'une loyauté qui doit les lier plus intimement à nous » ; jugeant que Napoléon, ayant promis le secret, ne pourrait publier ces conditions et s'en servir « pour justifier aux yeux de la France et de ses alliés le renouvellement de la guerre >' ; persuadé que des conditions mêmes rigoureuses, seraient approuvées en France et que de toute façon on y reprocherait à Napoléon de les avoir repoussées, il n'hésita point à conseiller à son maitre de porter les points de quatre à six, moyen sûr, selon lui, de décider le refus *. Si Napoléon, ce qu'il considérait « comme presque certain » , les repousse, rAutriche aura marqué aux alliés sa fermeté et sa loyauté. Si Napoléon les accepte, cette réponse aura l'avantage d'abréger les transactions et d'en rendre possible la conclusion. Il était si convaincu du refus, qu'il avait commandé à Gentz de rédiger le manifeste de rupture *. Mais Metternich estimait ce cas a très improbable » . L'empereur, décidément acquis à la guerre, a n'entrevoyant plus la possibilité d'arriver à la paix par suite des négociations établies à Prague » , se jugea « en droit de présenter son ulû" matum » .
Metternich revint à Prague le 7 au soir, communiqua sa réponse à Humboldt et à Ânstett, puis se rendit chez Gaulaincourt ^. Après lui avoir demandé le secret, ce qu'il va dire « ne devant jamais être cité » , il poursuivit : « L'Autriche n'est
^ A Stadion, 6 août 1813. Orcilen.
* Gehtz, Tagebûcher.
' Rapport de Caaiaincourt, 8 août 1813.
LE CONGRÈS DE PRAGUE. — 1813. 17i
encore liée ni avec la Russie ni avec la Prusse *> . Elle le sera « à la cause de TËurope si la paix n'est pas faite le 10 ». u La démarche actuelle est une démarche de force ou de finesse. Sa Majesté (Fempereur d'Autriche) aurait pu s'arrêter à l'idée naturelle que Tempereur Napoléon ne veut que connaître les vues des puissances, afin d'en tirer des moyens quelconques de justifier la guerre et de la continuer. Mais, dans cette hypothèse même, que Sa Majesté rejette, il croit ses vues si justes et tellement dans l'intérêt de la France et de son gendre, qu'il trouverait encore un motif de s'expliquer. Si c'est une démarche de force, ce qui est Topinion à laquelle l'empereur s'attache, il faut s'expliquer, parler clairement et franchement. C'est ce que je vais faire. »
Il lut alors les instructions de l'empereur : « Connaissant par des explications confidentielles préalables les conditions que les cours de Russie et de Prusse paraissent mettre à des arrange-ments pacifiques^ et m'unissant à leurs points de vue... parce que je regarde ces conditions comme nécessaires au bien-être de mes États et des autres puissances, et comme les seules qui puissent réellement mener à la paix générale, je ne balance point à énoncer les articles qui renferment mon ulii» malum... J'attends un oui ou un non dans la journée du 10... Je suis décidé à déclarer dans la journée du II... que je joins mes forces à celles des alliés... »
Suivaient les conditions. « Je les ai écrites d'après ce qu'il m'a dit » , rapporte Caulaincourt *.
Dissolution du duché de Varsovie et sa répartition entre T Autriche, la Russie et la Prusse; par conséquent Danzig à la Prusse.
Rétablissement de Hambourg et de Lubeck comme villes libres banséa tiques et arrangement éventuel et lié à la paix générale sur les autres parties de la 32* division militaire, et sur la renonciation au protectorat de la Confédération du Rhin, afin que l'indépendance de tous les souverains actuels de l'Allemagne se trouve placée sous la garantie de toutes les puissances.
* Texte de CanUincoart. Cf. Ohckbit, O. u. Pr. l. II, p. 450, note , 684. — Tbiku, t. XVI, p. 217. Les italiques indiquent les conditions ajoutées aux quatre points de Beichenbach. Voir ci-dessus p. 136.
17Î LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
Reconstruction de la Prusse avec une frontière tenable sur CElbe.
Cession des provinces illyriennes à rAutriche.
Garantie réciproque que Tétat de possession des puissances g[randes ou petites, tel qu'il se trouvera fixé par la paix, ne pourra être changée ni lésé par aucune d'elles.
Metternich ajouta, « d'ordre de l'empereur » , que faute d'acceptation le 10 août, « nous déclarerons le 11 au matin la guerre à la France ; telles ouvertures qu'on pourrait vouloir nous foire au delà du 10 se lieront aussi peu à la négociation de Prague que les conditions mises en avant dans ce moment auraient la moindre valeur au delà du même terme. Notre alliance avec les puissances actuellement en guerre avec la France prenant son commencement le 11, nous ne recevrons, au delà de ce terme, plus de communication qui nous serait adressée séparément '. »
Donc, il prononça les mots «alliance avec les puissances en guerre avec la France » ; il dit dans quelles conditions le refus de Napoléon amènerait rAutriche à passer à la coalition ; mais il ne dit point qu'il s'engagerait à obtenir des alliés la paix immédiate à ces conditions, si Napoléon les acceptait, ni que rAutriche ferait la guerre pour les imposer aux alliés. Il ne s'expliqua pas sur la question capitale, à savoir : si les alliés et l'Autriche elle-même ne prétendraient point donner à la paix une plus grande étendue ; si les points de l'ultimatum constituaient des préliminaires ou un traité définitif; si en un mot. Napoléon, qui en disant non aurait certainement la guerre, serait sûr, en disant oui d'obtenir la paix aux conditions de l'ultimatum.
Ces mots : conditions que les cours de Russie et de Prusse paraissent mettre à des arrangements pacifiques — l'ultimatum ne disait pas : une paix définitive; ces autres mots : conditions les seules qui puissent réellement mener à la paix générale ; les réserves faites antérieurement au sujet de la Hollande, affaire anglaise, et de l'Italie, affaire russe *, et que l'ultimatum ne
' Metternich à Stadioii, 8 août 1813.
« Voir ci-de88u8, p. 88-89, 114.
confirmait ni ne retirait, toutes ces nuances et restrictions étaient de nature à faire croire que cet ultimatum de FAutriche ne constituait que le minimum des conditions des alliés. Le délai fixé par TAutriche prouvait que son alliance avec la Russie était faite, sinon sig^née, alliance conditionnelle et à terme, mais déjà convenue, même dans le détail d'exécution, puisque le 11 la guerre serait déclarée.
Gaulaincourt, cependant, n'hésita pas à croire la paix possible, à considérer même la paix comme faite parle seul oui de Napoléon, et il pressa Tempereur de le prononcer ' : « Sans doute Votre Majesté verra dans cet ultimatum quelques sacrifices d'amour-propre, mais la France n'en fera pas de réel... De grâce. Sire, mettez dans la balance de la paix toutes les chances de la guerre. Voyez l'irritation des esprits, l'état de TAllemagne dès que l'Autriche se déclarera, la lassitude de la France, son noble dévouement, ses sacrifices après les désastres de Russie... Les heures sont maintenant comptées. » Et, le lendemain, à Maret* : « Je vous plains avec nous... Toute cette affaire a été si mal menée... Ne voulant jamais rien céder à temps, on gâte tout et on perd tout. »
Metternich tenait les alliés au courant; comme Humboldt montrait quelque inquiétude : « On me répondit, mande-t-il à son gouvernement, que, le 11, la guei-re serait toujours déclarée quelque fussent les réponses de Napoléon ; que l'empereur d'Autriche ne voulait ni alliance avec la France ni neutralité, qu'il embrassait entièrement la cause de la Prusse et de la Russie '. »
Le rapport de Gaulaincourt n'arriva à Dresde que le 9, à trois heures de l'après-midi. Pour que la réponse de Napoléon fût rendue à Prague dans la journée du 10, il aurait fallu qu'elle partit de Dresde le 9 au soir.
Napoléon se trouvait pris de court : ainsi en usait-il naguère après ses victoires, au temps de Lunéville et de Presbourg.
' Gaulaincourt à Napoléon, 8 août 1813, ci-après p. 204. ' A Maret, 9 août 1813.
» Rawke, t. IV, p. 41».
174 LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
Il était persuadé que si Ton nég^ociait, les exigences s'ag^gra* veraient à mesure, et il n'avait, pour s'en assurer, qu'à comparer les six points de Tultimatum aux trois points de Bubna le 16 mai ^ Mais il ne voulut point encourir la responsabilité de la rupture. Poussé par Gaulaincourt et par Maret, impressionné, sans doute, plus qu'il ne voulait le dire, par l'état des esprits dans son armée, il consentit à une transaction. Il dicta deux notes pour Gaulaincourt, l'une fort restreinte, l'autre plus étendue, à découvrir seulement dans le cas où la première ne serait point acceptée. Cette seconde note, la seule à considérer, portait : V Dissolution du duché de Varsovie; 2"* Danzig ville libre; 3* Indemnité au roi de Saxe par une cession de 500,000 âmes prises en grande partie dans la Silésie autrichienne et la Prusse ; A* Cession à l'Autriche des provinces Illyriennes, à l'exception de l'Istrie, de Trieste, de Goritz et de Villach. Napoléon considérait l'Istrie comme nécessaire à la défense de Venise, et Villach à celle du Tyrol. 5** Intégrité du Danemark^. Il lui répugnait de capituler si vite, devant le sablier qui s'écoule, ainsi qu'en des enchères publiques. II se figurait que, si l'armistice était réellement dénoncé le 10, par l'Autriche, les hostilités, aux termes delà convention, ne pouvant recommencer que le 17, les négociations pourraient se continuer jusqu'à ce jour-là. Enfin, c'était devenu chez lui une habitude, une sorte de maxime d'État, de ne point expédier les dépêches l'encre humide encore et le papier tiède de l'improvisation. « Il voulait, rapporte Maret, laisser passer la nuit sur ces résolutions si importantes '. » Il prit un moyen terme. Bubna était revenu à Dresde pour observer et écouter. II le reçut et lui parla deux heures durant, lui faisant valoir la portée de ses concessions, l'impossibilité de les pousser plus loin. Pouvait-îl rendre Hambourg et Lubeck? Comment poursuivrait-il la guerre aux Anglais?
^ Cf. ci-dessus, p. 115.
* Maret à Gaulaincourt, 10 août 1813.
' ■ Les affaires des relations extérieures sont des affaires qui doivent se traiter longuement; TOUS devez toujours garder mes lettres trois ou quatre jours sons votre chevet avant de les faire partir. » A Champagny» 1*' avril 1811-
Si la paix maritime se joignait à la paix du continent, cela changerait la question, a Vous voyez, disait-il, je veux beaucoup faire pour la paix : mes alliés perdent, j'abandonne toute une nation qui a beaucoup fait pour moi ; mais ne me traitez pas comme si j'étais déjà battu, ne prenez pas le certain pour rincertain; vous n'exigeriez pas davantage si j'avais perdu quatre batailles... »
Bubna emporta cette impression que Napoléon avait pris son parti, qu'il jugeait au vrai sa situation, mais qu'il entendait ne point traiter le couteau sur la gorge : « Ne me pressez pas de la sorte, disait-il, je veux la paix, mais toutes les négociations, dans le monde, ont demandé du temps! » Il aurait désiré que Bubna partit pour Prague, rapportât l'entretien de vive voix à Metternich. Bubna éluda la demande : il avait mal au pied et il avait eu grand'peine à se tenir debout durant l'audience *. Il se contenta d'expédier un courrier, et Napoléon se flatta que, prévenu de la sorte, Metternich attendrait la communication de Gaulaincourt.
Lorsqu'il reçut le courrier de Bubna, Metternich estima ^ns doute qu*il avait en grande raison d'aggraver Vultimatum. S'il avait sincèrement voulu négocier, il aurait admis que l'on pût discuter sur les articles écartés ou amendés par Napoléon : riUyrie entière et les villes hanséatiques. Mais il ne l'entendait point de la sorte, et, à vrai dire, il n'en était plus le maître. La journée du 10 se passa sans que le courrier de Gaulaincourt fût signalé; Ânstett et Humboldt se tenaient aux aguets, la montre à la main. A minuit sonnant, ils notifièrent à Metternich que leurs pouvoirs étaient expirés*. Metternich déclara le congrès dissous, et une heure après Humboldt écrivit à Hardenberg : « Nos vœux sont remplis, mon cher baron ; ce que nous avons négocié depuis le 4 janvier est obtenu ^. La guerre est déclarée par l'Autriche à la France et Narbonne reçoit ses
' Rapport de Rubna, 9 août 1813. En allemand. Ouckkii.
* Notes d'ÂnsUtt et Humboldt, 10 août 1813. Faiei. — Gaulaincourt à Maret, 10 août 1813, a minuit.
' Allusion aux instructions données, en janvier, à Knesebeck, en vue d'une alliance avec l'Autriche. Kakke, t. IV, p. 421. Voir ci-dessus p. 19.
176 LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
passe-ports. « Je 6s allumer, raconte Metternich, les signaux qu'on tenait prêts de Prague jusqu'à la frontière silésienne, pour annoncer que les négociations étaient rompues et que les armées alliées pouvaient franchir la frontière de Bohème, v
Le 11 août, Gaulaincourt se présenta dans la matinée chez Metternich avec les contre-projets de Napoléon. Il reçut, pour réponse officielle la notification, au nom de la Prusse et de la Russie, de la dissolution du congrès et de la rupture. Metternich ajouta que la médiation était finie ; mais que Tempereur François « n'en soutiendrait pas moins avec le plus grand zèle la cause d'une paix, mais d'une paix véritable, auprès de ses nouveaux alliés * » .
Gaulaincourt croyait encore possible de traiter. Metternich, par politesse et par une sorte de pudeur diplomatique, ne fût-ce que pour reculer le scandale de quelques heures, consentit à causer avec le duc de Vicence « académiquement »» , c'est-à-dire dans le langage des chancelleries, en toute superfluité et insignifiance de propos. Il en profita toutefois pour demander à tout hasard l'Illyrie entière avec Trieste. Mais avant d'attendre la réponse, il notifia, le 12, la déclaration de guerre de l'Autriche. La réponse de Napoléon arriva le 13, sous la forme d'une dépêche de Maret à Gaulaincourt. Napoléon cédait et sur l'article de la reconstitution de la Prusse et sur la dissolution de la Gonfédération du fihin ; il abandonnait l'Illyrie, sauf l'Istrie et Trieste, « parce que pour nous c'est Venise » ; enfin la 32' division militaire, les départements de l'Allemagne du Nord, sauf Hambourg et Lubeck. « En résumé, concluait Maret, tout dépend de l'Autriche. » L'Autriche déclara ne pouvoir plus rien sans la Russie : la Russie arriva le 15, dans la personne d'Alexandre, accompagné du roi de Prusse. Alexandre, dès le premier mot qui lui fut touché, refusa de rien entendre. Le 16, Metternich en avertit Gaulaincourt, qui sur-le-champ quitta la ville. Ainsi, conclut un historien russe ^, fut atteint le but que visait le
* Gaulaincourt à Maret, 11 août 1813. — Note de Metternicli, 11 août. Fais. ■ MAnTEss, t. III, p. 115.
gouvernement russe depuis le mois de décembre 1812» . L'armistice avait produit les effets les plus favorables à la coalition : les réserves russes étaient arrivées, la Prusse avait achevé sa levée en masse, Bernadotte amenait son contingent, TAutriche enfin jetait toutes ses forces dans la balance. Metternich faisait l'appoint décisif : il se crut maître des affaires, ayant joué Napoléon, et de taille à évincer Alexandre de la suprématie de l'Europe. Sur un seul point, ses calculs furent déçus, et ils le furent par un élément qui n'y entrait pas, avec lequel il ne comptait point, la révolte d'une âme de soldat au moment de passer à l'ennemi, et le battement d'un cœur d'homme sous la défroque d'un roi d'aventure.
Metternich pressait Murât de signer une convention secrète d'alliance qui assurerait « définitivement son existence » . Par un des brusques mouvements qui lui étaient familiers, sous le coup d'un de ces élans qui formaient tout son génie militaire, comme un cheval qui s'écarte et se cabre à l'instant de foncer sur l'épouvantail et de se précipiter dans le piège, Murât s'échappa de l'impasse où l'engageaient les Autrichiens, reprit la grande route et courut au canon. Sur une lettre de Tempereur, il partit pour Dresde, le 2 août, et il y arriva juste à temps pour la reprise des hostilités*.
La guerre recommença donc, la guerre sans fin, qui durait depuis 1792, et pour les mêmes causes qui l'avaient fait durer vingt ans et l'avaient étendue aux extrémités de l'Europe. En réalité, pour qui connait les traités d'avril 1805, ceux de juin 1813, les déclarations d'Alexandre, de Hardenberg, de Metternich, des Anglais, de Bernadotte même, le doute n'est pas possible. Ce que veulent les coalisés, c'est la destruction du Grand empire, la ruine de la suprématie française, le refoulement de la France dans ses anciennes limites, et comme consécration définitive, la déchéance de Napoléon, si la guerre ne le tue pas. En réalité, ce que Napoléon défend sur l'Elbe, ce
1 Metternich à Mier, 16 juillet 1813.
' Sur la suite des négociations de Metternich et Rentinck avec Murât, voir les correspondances de Naples, Vienne, Londres, Palerme. Weil, t. 1, p. 57-172.