‹ L'Europe et la revolution francaise (volume 2)Chapitre 44 sur 103 · LA REPONSE DE NAPOLÉON. — 1813. ÎÎ · texte numérisé non relu

LA REPONSE DE NAPOLÉON. — 1813. ÎÎ

nelle de leurs intentions et de leurs vœux, dit un document officiel russe, les cabinets alliés avaient principalement pour objet de séparer la cause de Napoléon de celle du peuple français et d'éloig^ner ainsi les obstacles qu'une résistance nationale aurait pu opposer aux armées de la coalition. » Cette résolution et Taccueil qui fut fait à la lettre de Caulaincourt quand elle arriva, le 5 décembre, à Francfort, découvrent bien Tillusion où étaient les politiques de Paris. Ils s'imaginaient qu'un oui tout simple, adressé le 16 novembre aux propositions de Saint-Aignan, aurait forcé la main aux alliés. On vit le 5 décembre ce qu'on aurait vu le 25 novembre, à la nouvelle de l'acceptation a des bases g^énérales et sommaires » . Metternich, couva sa réponse cinq jours, et écrivit, le 10 décembre, à Gaulaincourt. Constatant » avec satisfaction que l'empereur avait accepté les bases essentielles » de la paix, les souverains allaient porter, sans délai, cette déclaration « à la connaissance de leurs alliés » , c'està-dire qu'ils allaient consulter les Angolais, non en vue de l'ouverture d'un congères, mais en vue de n conférences préliminaires^ de manière à établir, les bases et le mode d'une pacification définitive ' » . Il est si peu vrai que le ont eût suffi à tout accommoder, qu'il se passa tout un mois sans qu'il fût question de négocier et que les conférences préliminaires ne s'ouvrirent que le 5 février 1814, deux mois après.

Vingt mille exemplaires de la déclaration furent jetés au delà du Rhin et répandus en tous les points de la France a par tous les moyens au pouvoir des alliés » . Elle était antidatée du r^ décembre. Quand elle parvint à Paris, le public et les politiques s'accordèrent pour entrer dans le jeu : ils lurent le texte comme Metternich l'avait désiré; et ils virent, en imagination, les mots fascinateurs la limite du Rhin surgir de l'encre sympathique, a entre les lignes * » ; la limite sacrée de Bàle à la Hollande se dessina sur la carte en un relief lumi-

' Metternich à Wcssenberf;, 6 décembre 1813.

* Mot fie Metternich, I, 252. <— Cf. ci-dessus p. 200. Comparez l'état de l'opinion en 1805, t. V, p. 508.

Page 1