‹ L'Europe et la revolution francaise (volume 2)Chapitre 48 sur 103 · LE PROTOCOLE DE LANGUES · texte numérisé non relu

LE PROTOCOLE DE LANGUES

tournaient à la prudence infiniment plus qu'à Taudace. « Nous> devrions faire ici la paix, écrivait-il ce jour-là même à sa femme, c'est mon avis. Notre empereur, Stadion, Metternich, Castlereagh même sont de cette opinion. Mais Tempereur Alexandre ! C'est le moment des résolutions décisives ; que le Ciel nous protège en cette crise ! »

L'empereur François demanda à Metternich un rapport sur le mémoire de Schwarzenberg. Metternich le lui remit le lendemain 27. Il rappela les stipulations de Tœplitz, Tobjet alors donné à la guerre : m le rétablissement de l'équilibre des puissances de l'Europe et une répartition de leurs forces respectives propre à assurer cet équilibre ' »> ; « le refoulement de la puissance française dans des bornes compatibles avec un système d'équilibre en Europe» . Pour atteindre ce but, les puissances ont jugé nécessaire... « la rentrée de la France dans les limites du Rhin, des Alpes et des Pyrénées, le Rhin elles Alpes offrant des lignes à déterminer, » Voilà, enfin, le grand secret de Francfort qui s'échappe. C'est que les alliés n ont plus à feindre. Ils peuvent dire ce qu'ils ont toujours voulu, et l'imposer. Napoléon, poursuit Metternich, « a envoyé à Chàtillon un plénipotentiaire, Caulaincourt, pour négocier la paix. Acceptera-t-il la négociation sur ces bases? On le saura bientôt, si l'on veut entrer en conférences. « Reste la question du gouvernement intérieur de la France. Metternich est d'avis de ne la point soulever, a d'en réserver Finitiative à la France elle-même, de ne pas la provoquer et de ne pas l'empêcher ». Les Anglais estimaient que cette neutralité conduirait à le restauration des Bourbons. Metternich nourrissait d'autres pensées. C'était, continuait-il, u de tirer de Texistence de Napoléon, tolérée par la nation, tout le parti possible, et le même, quant au point de vue général, qu'il serait juste et raisonnable de vouloir atteindre de la réintégration des Bourbons effectuée par la nation. » Sur Berna-^ dotte, il était formel : « Je n'admets pas la possibilité de

' Préambule des articles sépares et secrets du traité du 9 septembre 1813. Voit ci-dessus, p. 187.

rétablissemeut d'une autre dynastie et ne m'arrêterai pas à démontrer que les puissances ne sauraient jamais parvenir à donner à un grand peuple un souverain pris dans un parti relativement faible. » — « Ce ne sera pas Bernadotte qui le remplacera, avait-il écrit déjà le 16 janvier. Il ne faut pas connaître la France pour en admettre la supposition la plus éloignée. » — Il concluait en proposant une conférence «ntre les alliés sur les six points suivants: 1* Les alliés sontils prêts à traiter avec la France sur les bases convenues entre eux « et avec une fixation de limites du côté des Alpes et du Rhin, sur lesquelles les quatre cabinets auraient à •convenir sans perte de temps? » 2* Sont-ils disposés à stipuler au nom de l'Europe et à exclure la France de la reconstitution de l'Europe fixée par eux et qu'on énoncera sommairement aux Français? 3* Sont-ils, si la négociation traîne, disposés à faire connaître leurs propositions, par voie de manifeste, au peuple français? 4* La question de dynastie •doit-elle être mise en première ou en seconde ligne? 5* Les ipuissances sont-elles décidées à ne se déclarer que contre la personne de Napoléon, ou bien également contre sa succession -et en faveur des Bourbons? 6" Les cabinets, s'ils ont changé d'avis sur la reconstitution des grandes puissances, telles •qu'elles étaient en 1805, sont-ils disposés à déterminer leurs vues nouvelles et à les fixer'? Enfin il aborde la question, •toujours incertaine, des compensations réservées à l'Autriche et à la Prusse ; se croyant sûr de Hardenberg, ayant ^agné Gastlereagh à ses vues, il veut se débarrasser du cauchemar des prétentions russes sur la Pologne *.

L'empereur François, en une résolution motivée, approuva 4es conclusions de son ministre. Mémoire et résolution impériale furent communiqués aux alliés.

Autour d'Alexandre les esprits étaient divisés. Les généraux

* Texlc dani le l. XXXI dei Publications de la Société d'histoire de Bussie. Le luéinoire y est daté du 14-26 janvier. I.a minute de Metlernich, de sa main, rj)orie la date du 27. Fournikr.

' Mémoire l\ Frédéric-Guillaume, 27 janvier 1814; Fourmer.

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