‹ L'Europe et la revolution francaise (volume 2)Chapitre 50 sur 103 · LE PROTOCOLE DE LANGRES. — 1814. Î · texte numérisé non relu

LE PROTOCOLE DE LANGRES. — 1814. Î

Autrichiens de la coalition. Avec les Autrichiens, on pouvait aller à Paris, et la victoire emporterait le reste. Il consentit â une conférence où l'on arrêterait les bases des instructions à donner aux plénipotentiaires qui se réuniraient avec Gaulaincourt à Ghâtillon ^

Toutefois, avant d'y envoyer son ministre, Alexandre voulut préciser ses vues, poser ses réserves, et il fit rédiger à cet effet, — par Pozzo, croit-on, — des « observations » sur le mémoire de Metternich'. « Personne ne saurait décider, lorsque la guerre dure encore, si le but de Talliance est atteint... La probabilité d'atteindre le but dépend de la victoire, w Passant aux négociations successives de Prague, de Tœplitz, de Francfort, la note russe en définissait exactement Tesprit : c'étaient des ouvertures qui n'engageaient à rien, un moyen d'entamer des négociations préliminaires, en se réservant d'élever les exigences selon les événements de la guerre : ce qui, en réalité, était advenu.

Dans le moment où une grande partie de TEurope était encore occupée par les armées françaises, et lorsque les espérances de succès étaient incertaines, les alliés ont dû circonscrire leurs prétentions à la nature de leur situation; mais ces termes ne sont pas une renon- <ûation à tous les autres avantages auxquels la Providence et les sacrifices immenses que les puissances ont déjà faits leur permettent d'aspirer... Les hases dont on a parlé d'une manière non officielle à Francfort ne sont pas celles auxquelles on voudrait se tenir strictement aujourd'hui; les idées de Fribourg diffèrent de celles de Bàle, et ces dernières peuvent n'être pas conformes à celles de Langres.

S'il est donc permis — comme il est vrai — d'étendre ses prétentions d'une manière aussi grave..., aucune transaction antérieure entre les alliés ne les oblige nullement envers leurs ennemis...

Il n'y avait pas lieu, poursuivait la note, de discuter avec la France les arrangements relatifs à l'Europe; on n'avait qu'à déterminer et à lui notifier » ses limites futures » . La note concluait à négocier en combattant :

* MeUernich à l'empereur, 28 janvier ; à Schwarzenberj;, 30 janvier. Fourrier. ' Russie, t. XXXI : Délibérations entre les cabinets alliés à Langres.

Cette manière de voir n'implique ni ne blesse la question de la dynastie, mais si la Providence convertissait les événements et la popularité de Napoléon en instruments de destruction contre son existence politique, ni la justice, ni les intérêts de r£urope n auraient à souffrir d'un pareil résultat.

Alexandre avait consenti à des conférences de Ghâtillon, moyen dilatoire, mais avec rarrière-pensée d'en rompre les effets. Ainsi, à Prague et à Francfort, a Metternich, écrivait Munster, a fait tous les efforts possibles, depuis le séjour de Fribourg, pour arrêter les opérations militaires. L'empereur Alexandre lui a toujours échappé en se portant en avant ''». Il partit, en effet, le 29, laissant parlementer les diplomates. Toutefois il eut soin d'ordonner à ses ministres de (aire ajourner la première conférence de Ghâtillon au 3 février, « probablement « , écrit Munster, on peut dire : certainement, « dans rintention de porter un coup à Fenneroi et de terrasser le monstre » .

La conférence entre les alliés eut lieu le 29 janvier chez FAutrichien Stadion. Y étaient présents : Metternich et Stadion pour l'Autriche, Nesselrode et Rasoumowsky pour la Russie, Castlereagh pour l'Angleterre, Hardenberg pour la Prusse. Pozzo di Borgo tint le protocole *.

L'on convint que Gaulaincourt serait informé de l'arrivée des plénipotentiaires à Ghâtillon, pour le 3 février, a6n d'ouvrir des tt conférences préliminaires à la paix générale « ; que, dans ces conférences , les quatre stipuleraient au nom de l'Europe. Gastlereagh, avait fort à cœur de corriger l'espèce d'aveu tacite donné par Aberdeen aux a limites naturelles », en novembre, à Francfort; il fit arrêter que Ton proposerait à la France les limites de 1792 comme base de la paix. On ajouta, sur la demande de Metternich : a sauf à entrer dans des détails d'arrangement d'une convenance

^ Rapports de Munster, 30 janvier, 2 février 1814. Fourribii.

* Protocole de la conférence tenue à Langres le 29 janvier 1814. Russie, t. XXXI. — Metternich à Hudelist, 30 janvier, 1" février 1814. — ForRRiEB, Ohckew, t. II, p. 763-764.

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