‹ L'Europe et la revolution francaise (volume 2)Chapitre 51 sur 103 · LE PROTOCOLE DE LANGRES · texte numérisé non relu

LE PROTOCOLE DE LANGRES

réciproque sur quelques portions de territoire au delà des limites, de part et d'autre » . C'était pour lui une échappatoire, un moyen spécieux de relier les négociations de Ghâtillon aux insinuations et à la déclaration de Francfort, le Rhin, les Alpes et Tétendue de territoire que la France n'avait jamais connue sous ses rois.

Les Russes auraient voulu interdire toute communication aux Français sur les futurs arrangements de l'Europe. La pro-. position parut blessante en ces termes; on l'écarta, et l'on se borna à stipuler : « Qu'on leur donnera connaissance des arrangements généraux sans cependant en faire un objet de négociation » ; enfin « qu'en cas de rupture des négociations, les conditions proposées seraient portées à la connaissance de la nation française v . Avant qu'on levât la conférence, Castlereagh déclara que son gouvernement espérait qu'aucun des souverains alliés ne s'opposerait à la restauration des Bourbons, dans le cas où elle serait l'œuvre de la nation française, et il se réserva le droit de rompre les négociations le jour où la situation de Napoléon n'assurerait plus de garantie à l'exécution des engagements qu'il aurait pris.

Les plénipotentiaires devaient emporter une instruction commune. Metlernich fut chargé de la rédiger '.

L'ardeur d'Alexandre, l'audace de BlUcher coupaient court aux tergiversations des politiques : en 1792-1795, les diplomates arrêtaient les armées; en 1814, les armées entrainent à leur suite les diplomates effarés souvent, toujours cabalant et murmurant. Toutefois le ferment subsistait, et Napoléon pouvait espérer encore, les battant en détail, de les séparer dans les négociations. Il défit Blucher le 31 janvier à Brienne; Blacher le battit le 1" février à la Rothière*. Le 3, les plénipotentiaires des alliés partirent pour le congrès. Us emportaient ces instructions ■ écrites sous l'impression du succès de Blûcher : diviser la négociation en deux parties : F le

' Bar-nur-Aube. 2 février 1814 Focrnier, voir ci-après, p. 262. * Henry Houssatk, 1814. — Thibrs, t. XVII. Livres li et lu. ' BcsmE, t. XXXI. Congrès de Chaûllon. — Fourrier, pièces.

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retour de la France aux anciennes limites ; 2* la communication sommaire à la France, qui n'y devait exercer aucune influence, des vues des alliés sur la reconstruction de l'Europe, savoir : V Allemagne composée d'États souverains et con* fédérés; la Suisse confédérée; V Italie partagée en États indépendants ; V Espagne aux Bourbons ; la Hollande indépendante et accrue. A ces instructions écrites, Alexandre ajouta Finjonction verbale à son représentant a de ne rien précipiter, mais de laisser aux événements de la guerre le temps de développer leurs résultats. »

Les plénipotentiaires étaient : pour la Russie, le comte Rasoumowsky ; pour TAutricbe, le comte Stadion; pour TAngleterre les lords Gastlereagb, Aberdeen, et sir Charles Stewart; pour la Prusse, Humboldt, plus tout un état-major de chancellerie, scribes et protocolaires. La petite ville, désertée par les paysans, n'avait plus de marché : « Nous faisons des provisions comme s'il s'agit d'aller aux Indes » , écrivait Stadion à sa femme.

Le 4 au soir, réunis chez Stadion, les alliés se retrouvèrent en présence de la question qu'ils s'étaient tour à tour posée à Prague et à Francfort * : « Et s'il consent à tout, dit Rasoumowski, devrons-nous signer? » Castlereagh et Stadion se récrièrent contre les curieux malavisés et les questions incomniodes. On décida d'ajourner la notification des conditions de paix.

Gaulaincourt les attendait. Il passa la journée du 4 dans un

* Notes et protocoles dans ânoeberg, p. 104 et suiv. — Rapports de Stadion^ journal de Floret, dans FouRsiEn. — lettres de Cattlereagh, Notes de Stewarl

— Gaulaincourt à l'empereur, 5 février 1814. — Cf. ci-dessus p. 137, 202.

' Sur leur installation, voir Mémoires de Miue de Guastenat, t. 11^ p. 278.

— SÊocn, t. VI, p. 289.

verneur de Pari*4 - ^ ^ m v

' ^- **• 'empereur dé&m ^-^ S'>ii verneur russe . • » «^ rc

Entre le vote de TAutriche et celui do 1« t. 'i

duisnil, sur ur^ ^ • *. . ^^ ceiui ae l^ Russie, il se pro-

«««■P-. à l'échu ? \-7" ^'" d'Ale^^^^re, élevé par La

'a Révolution o ' P^''**^**P''««' «t selor^ 1 «s précédents de

qu. serait cen«' " ''«P''^*^"*^'» ^« Ki-am^<=«, et l'assemblée

entière ; Mette ^^ '■^P'"^*®"^" ^«"8 stipules r«it pour la France

puIesji.ridicTue'^"' *•" *'°"^"'''^' ^® ser»«,«^it agité de scru-

" propice À f * ' ""^ invasion ennemie n^ lui semblait point

dante.. . n ^^®*''® «*P"mer au peuple »«3». -volonté indépen-

en i79.'i et de ^"'l^^"^'* peut-être des vo-t^s de la Belgique

tait pas ^^ ^^plébiscites de l'Italie cr^ J. 796. Il n'admet-

gence — que H ^^*" "" corollaire de sa c= <=» M^ception de la réverains par 1 .* ^^orps formés par Nap>ol ^on devinssent soudéclarer déoK ^^ême de leur au te u x- ^ t:, compétents pour

d'élire. Eng ^^ prince qu'ils n'aiaï*£i.i ^T^t pas eu le droit

d'atlribuer " ^^ regardait pas moi «rm.^ c^omme impossible

choisis par 1 ^^^^^ d'une assemblée d** m :«:i^clividus appelés et sion du voeii P^^ssances étrangères l^fc- ^v^aleur de Texpres-

Ainsi se co^****'***"-

proposition j '"^disaient, en leurs f o m* mtm"». ^^ s protocolaires, lea

tuait é Ira np- *"»és. Dans les propos , l'opposition s'accen-

de cette esD^ ^'^t. « L'exaspération d^ 1 ' .^^ «atriche et la jalousie

sontextrêm *^^ *^® **'ctature de la Russie , <3omme on l'appelle,

des'arrarjfre ', ® Autrichiens nepa«-l^»^*- *^® "«" moins que

traîner ^^ p .^^P^^énaent avec la Francs «s ^^Imatôt que de se laisser

*=* qu'il y f*^ ^ ** suite de l'empereim K- «3. «s Russie, sans savoir

bande coinj^*^*"** '*® veulent inciter ^V^otre Majesté à faire

disent cju'iig *"*^ ^^^'^ ^ux, écrivait :t^ «i.«-<ienberg au roi'. Ils

rangeraiçj^j **>nt sûrs que la Bavière- ^*^ '« Wurtemberg se

"^•''ienbe *^'^'' *=^^^- Quel malfc»^^ '^ ■" si cela fût réalisé ! .

'*'"e"« confl^ ^'^'*'''«n»it- Metternicl» -e. *^ * «^«^ Alexandre une

«"^ence, le 14 ^u mati« - ** l'endoctrina et lui

'^••ier 1814. For«,.Eii.

illusions et calculs d'Alexandre sur Bem.^<3lotle et au maniement des assemblées par le « vertiiev«.3c: » La Harpe une licence suffisante. II se pouvait aussi q»»^ ^C^ apoléon abdiquât, qu'il n'y eût point de révolution et que 1«ï8 pouvoirs publics se prononçassent pour la rég^ence : c'éts^i*. la part des espérances pour l'Autriche, faute de quoi ^>«.«t tternicb, par antipalhie de Bernadette et jalousie de la I^^jssie, se rabattrait sur les Bourbons, solution préférée de^s Anglais et que les événements rendaient de plus en plus vraisemblable.

Ce projet, adopté par CastlereagK , ti a. rclenberg et Metternicli, fut soumis le 15 février à Ale:ïtan<3l ^«. qui y adhéra. La nouvelle d'une quatrième victoire de 1?^ apoléon, le U, ny fut pas pour peu de chose '. L'Angleterre d'ailleurs avait ses arrhes. L« 1 5 février, c'est-à-dire e« ,«éme temps que le projet de traité à imposer à la Fraaoe , C;astlereagh et Nesselrode échangèrent des notes identiq««« «^ '» f «>» ^J^^^^^ poix avec la France pouvant être corxcl « « avant que les arrangements de ta paix européenne fct^s^*-*- «<^»'«^«« «"*" ^"* alliés r.^. *^ eiirup .^^ ^^ià • l' que les pays

alhts, ceux-ci convenaient d'ores et ** -':.^ a 1„ Fr«Le situés ent..^ i *- .. • ^ <:M-<z>«tière de la brance,

» entre ta Meuse et l'ancienne «rK-« M„«,,r:^>, îns-

d une rk'«>.« 1 » K ; — -» depuis Maestricnjus-

u une part, entre l» Mphsb et le R.1»»*^- *^^f qui Golo^w. Meuse ei , ^^^ d'Orange pour être

4 /-o»ogne, seraient cèdes au pnK^«=^*= , "„. Lvs de la

réunis À t*^..» - . wi ii j --« «m^ les autres pays de la

rive pauoK '•*™^'' ^ '" " ^m J^^e ou distribués, d'ao-

nve gauche seraient réunis à la Hol t«^*^*^^ „ . .- j. i-^llecord aveo 1' a i i • ■ 1 *- «j.<-e protection ae i Aiie

magne =>. ;^,"Sleterre, pour la mei 1 1^ ^.^^^ . 3. ^^ j^ ,,,,i^„ à l' An Jl^T """^ indemnité au roi **^^ ^^ t^^t ,« matériel de «"^rre orT"^-**^ ^°"' '^' ^"^''^''"^^^t^rnich reçut aussi ses èp.ces ITT'^ dans les ports ». ^-^^ : l'Italie. Il écrivait le ' '* ^ Hud 1^^*'*^ "" morceau splen- ** * ^ ^g moment la nouvelle ^"e le ro-^îi**^ " " ^**"^ recevons *^"^^^^ d'alliance avec nous, et que s * tapies a ratifié son ^-^"^^^ sur le Piémont. "

Gastl ^** *''"»ée est en pleine "*^*'*^^^^ Troyes pour Chàtillon, avec le ^'^^*.^*^ partit, le 16 février , ^capitulation. C'était pire

P'^ojet de traité, ou plutôt *^^

* MartiT- "^^ H»rdenherg, 14 février 18t *" - ^^'»«. t. XI, p. 200.

d'hui sur OUo«fi«»^ ^„i, eneo,

qu'il ne l'a pa«««' ^^ ^e croyait ^^ " ivre de joie « ^ „„ «'alar

affaires. ^"^«^" ^ «perçut : - ^t P»

de. chose. Il s «J^^esduBt-n! ^ a„, frontières "«^^^^^^ore à Cbat"^ Montu,irail, et le ^^^^^e de S.le- a été décisive. . - ^ déroute- -

la Russie n'ex»«t« P|"; ^,,e et l^* pour M^e pRrtx>«t on se ^^

L peuple f-"!?"J^.r,:: Jppé d'^ ic \4, BlacHer revint à w

Cependant M:aret ecn ^^^gj^«,:.r»

comme probable <,ne ««« ie- Xi

illusions de l'empereur de ^ ^^^^^ raisonnable que sur les base V ^^^^^m. i à Francfort. Toute autre V»;* pc» ^J

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prêts à traiter. Il se lamente,^^^^^ I. ^ J

jl écrit à Maret, le 14: '' ^^^ ^ .^^^ -

Ils n'auront »orup\xle sur ^ ^^ -^^^ ^

U ne fa^tt pas se faire iW^^^^^^'^^ co^*:^ *-

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