‹ L'Europe et la revolution francaise (volume 2)Chapitre 78 sur 103 · LA SECONDE ABDICATION · texte numérisé non relu

LA SECONDE ABDICATION

trône, le drapeau blanc, les processions, et sur la frontière, resserrée aux lignes des vieilles cartes, Wellington qui arrivait du Portugal, en passant sur le corps de la France; les Anglais en Belgique, qui ne se rembarquaient pas à première sommation comme au temps de Brune; des coalisés qui ne se dispersaient pas comme au temps de Jourdan, de Pichegru, de Hoche, c'était le monde renversé pour ces âmes demeurées enthousiastes et naïves, malgré les panaches et les couronnes de prince, de ducs et de comtes dont quelques-uns s'étaient parés. Le dernier des voltigeurs, sous ce rapport, en savait aussi long et en comprenait aussi peu que le premier des maréchaux, u Je ne crains qu'une chose, disait le Gaulois au grand Alexandre, c'est que le ciel me tombe sur la tête. » Le ciel était tombé.

Le 21 juin, au matin, Napoléon était à l'Elysée, le corps brisé, l'âme abattue. Il se jeta dans un bain et fit appeler Davout ' : « Que dit-on à Paris, que croyez-vous que cela va devenir? » Il déjeune longuement avec la reine Hortense, puis se rend au conseil. Chacun propose la recette de ses temps héroïques : Garnot, une dictature, la patrie en danger, une levée en masse de fédérés, se retirer derrière la Loire; Lucien, un coup d'État : il faut, dit-il, que dans vingt-quatre heures l'autorité de l'empereur ou celle de l'assemblée ait cessé d'exister : un autre 19 brumaire! Mais le temps passe et l'occasion s'en va. La chambre des députés se réunit a midi, seconde édition de la Législative au 10 août. Le déchaînement est général contre Tempereur tombé. « Cet homme est sans armée » , écrit un constitutionnel, fils de préfet, etlui-mème, naguère, préfet de

* Notes rodifjées par Gordon, secrétaire du maréchal Davout, sur des notes prises p.ir lui, au jour le jour. — TuiRRS, t. XX, liv. LXI : seconde abdication.

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