LE SI JANVIER. S
avec son caractère généreux, ses besoins d'ordre, de travail et de sécurité; l'Europe avec ses mœurs avides et ses coutumes conquérantes. La Terreur ne transforma point les Français en Spartiates, ni les rois de l'Europe en croisés. La France était humaine, c'était l'âme de sa Révolution; elle plaignit Louis XVI; elle abhorra les terroristes. Le régicide concerté, motivé, proclamé publiquement comme une déclaration de guerre à tous les rois, coalisa ces rois contre la France. La République entreprit une guerre de principes contre des monarques qui ne lui faisaient qu'une guerre d'intérêt; elle fournit un lien à cette Europe qui n'en avait pas; elle obligea, en quelque sorte, à se liguer contre elle, ne fût-ce que par mesure de prudence, des princes dont les divisions pouvaient être et furent, en réalité, son salut, lorsque cessant de les défier et de les menacer de mort, elle entra avec eux en transaction et en marché. Les rois de l'Europe avaient montré peu de zèle pour Louis XVI. S'armant pour rétablir sa monarchie, ils ne pouvaient la dépouiller; défendant sa personne, ils étaient tenus de ménager la République qui tenait cette personne en otage. Après le 21 janvier, il n'y eut plus de ménagements. L'Europe ne songea qu'à se défendre contre la propagande et contre la conquête. Elle répondit à la guerre de propagande et de conquête révolutionnaire par la guerre de démembrement et d'extermination. Cette guerre, justement parce qu'elle prit les proportions gigantesques qu'y souhaitaient les Montagnards, absorba toute la République et toute la Révolution. Elle amena le gouvernement militaire et le règne d'un soldat; mais ce fut un soldat issu de la République, victorieux des rois, destructeur de l'ancien régime et organisateur de la Révolution, couronnée dans sa personne. C'est par cette voie oblique, mais directe, que le régicide ramena la monarchie en France, et que tant de ceux qui avaient porté ce vote irréparable devinrent les dignitaires, les courtisans ou les serviteurs du monarque suscité par eux, depuis Barère, qui fut l'espion de la police impériale, depuis Fouchéi qui en fut le ministre, jusqu'à David, qui pei-
giiit le âacre de TEiapereur et fit le portrak du Pape^ Le supplice de Louis XVI ne prpcëdAit q^e du ^salut public; il ae relève, d'après la loi méoie de ceux qui lont réclamé, (pie de la raison d'Ëtat. L'histoire montra <)u*il a été, en politique, un actç funeste au saUt de la Fcaace; la s^uLe raison d'État obligerait à le réprouver.
' Sur les 361 TOtanU pour la mort pure et timple et le« 26 votanu pour U mort avac aurais, soit 887, 34 sont morts sur Techalaud, tt sont uopU do mort violente, .28 sont morts natareUemeot, eu toat 83 o&t dispairu avant le 18 brumaire; sur les 304 autres, i5K7 ont occupé des places sous Napoléon. MoaTiiiu- Tbmi^x, t. V, p. 515. -^Çi. QoiNBT, La RéviitUion, Kv. XII, ch. ti : Pfoeèi el most de Louis XV|; iâr. jUUlV,Ch. V 1 : Les conventionnels 41a ^*