CHAPITRE V
Les coii«ë^enc«s dv 2i jeni^^r parurent immédiatement. La raf>ture «vec TAriigletierre était désonnai^ inévitable. Les passiees aattonalas y ponesaient de peut et d'autre, et les gouTernements y étaient ^Mrolnés. Quelques efforts furent tentés cependant pour retarder Tévénement. Ils demeurèrent mns. Dumouriez voyait tous ses desseins rompus. Louis XVI était exécuté ; le système révolutionnatre triomphait à Paris et en Belgique; la guerre générale, suscitée par les passions des gouvernants, semblait nécessitée par leurs actes. Il se sentait u le désespoir dans Tàme » . Cependant il ne renonçait point encore à frapper quelque grand coup de pactie qui permettrait de procwer la pûx au dehors, de la rétablir ensuite au dedans et de déconcerter successivement la coalition et les Montagnards par Tirraption, puis par le reflux des armées françaises. L'expédition dans Tlnde était impraticable par suite de la désorganisation de la Sotte : le Conseil y renonça'. L'eacpédiiion de Holiande Featiût la dernière ressource de la guerre, mais, dans le dénuement de l'armée de Belgique, un répit de quelques jours était indispensable pour la préparer. 11 importait, siToomaMÀait sur la Hollande, d'y arriver avant que l'Angleterre fût entrée dans la coalition. Dumouriez repré-
> JU^jaBiMr 1793: Aolaad, t. II, p. tMl.
senta aux ministres la nëcessité de gagner du temps. De Maulde avait apporté des propositions de la part de lord Auckland et du grand pensionnaire : ces ouvertures étaient antérieures au 21 janvier. Dumouriez se flatta cependant qu'on trouverait les négociateurs encore accessibles. Benoit, qui arriva de Londres avec des avis de Talleyrand, Tencouragea dans cette illusion.
Danton le soutint. Malgré le revirement qui s^était opéré dans le langage et dans l'attitude des libéraux anglais, Danton croyait encore possible de les ramener à la France, de leur fournir une occasion de renverser Pitt, de les pousser au pouvoir et de traiter avec eux de la neutralité, au moins, peutêtre d*une alliance. Mais ce serait une alliance que la République imposerait et qui consacrerait sa victoire. Danton ke forgeait, à son tour, le dessein chimérique dont s'abusait Brissot, et que Bonaparte devait caresser quelques années plus tard. Il comptait terrifier les Anglais par l'audace et la rapidité des coups, les tenir en haleine cependant par des promesses de négociations, jusqu'au moment où Pitt succombant sous le coup de la crainte publique, les libéraux tremblant sous la responsabilité de la guerre, la peur serait assez forte pour que les Anglais cédassent à toutes les exigences de la France : les opérations militaires seraient alors assez avancées pour que la République négociât sur des faits accomplis, c'est-à-dire la Belgique révolutionnée et la Hollande soumise. L'aristocratie commerciale anglaise voyant ainsi couronnées ces entreprises qu'elle redoutait, se résignerait à en subir les effets pour ne les point aggraver, et abandonnerait la Belgique afin de sauver la Hollande. Les intérêts qui s'étaient coalisés pour soutenir Pitt et l'animer à la guerre se coaliseraient alors pour réclamer la paix et le changement des ministres ' . Malgré la résistance de Glavière, de Pache et de Monge, Lebruu et Garât firent décider la reprise des négociations secrètes avec l'Angleterre.
' Yoir le discourt de Danton du 10 mars 1793. Cf. Robivet, Danton émigré