LA CONFÉRENCE D'ANVERS
dërer si Dumouriez a proclamé roi le duc d'Orléans oo Louis XYII. V
Dans Tëtat de trouble où se trouvait Tannée, une attaque aurait transformé sa retraite désordonnée en un désastre sans remède. Les commissaires de la Convention conservaient des illusions sur la maison d'Autriche et se figuraient encore que« selon un mot prêté à Joseph II, mot de parade s'il en fut, le métier d'un roi était d'être royaliste. Ils se concertèrent avec Dampierre, qui avait pris le commandement en chef. Ce général écrivit, le 8 avril, à Glerfayt, en réponse à la notification qu'il en avait reçue de la rupture de l'armistice. Il y aurait peut-être intérêt à renouer la trêve, disait Dampierre*. Il ft serait alors possible de relâcher les personnes que le pouvoir exécutif a dû faire arrêter » , et l'on pourrait, après avoir député quelqu'un à Paris, a entamer une négociation et proposer l'échange des quatre députés de la Convention nationale et du ministre Beumonville avec ces mêmes personnes détenues à Paris Je serais charmé de reprendre des négociations qui assurassent la gloire des deux armées, le repos et la tranquillité de l'Empire et de la République. » Prise à la lettre, cette insinuation ne se devait entendre que de plusieurs officiers allemands internés à Paris ; mais elle se prétait aisément à une interprétation beaucoup plus étendue, et il suffisait de quelque bon vouloir pour y discerner une première ouverture de l'échange qui s'opéra en 1795 : Marie-Antoinette vivait encore, et sa fille n'aurait pas été seule à en profiter. C'est sur quoi les pourparlers qui suivirent ne laissent aucun doute *.
Gobourg fit savoir à Dampierre • qu'il n'y avait qu'un seul cas, qu'on n'avait pas besoin de nonmier, dans lequel les commissaires détenus devaient trembler pour leurs jours » . Le l'A avril, sur une nouvelle réclamation des conventionnels, il leur adressa, par un trompette, une missive déclamatoire ; elle commençait par une sorte d'apologie de Dumouriez; elle se
> Mortimsa-Tkbeuux, t. Vlly p. 71. Moniteur, t. XVI, p. 150. — Aclabd, t. III, p. 2S2.
* Fbuskei, Journal, 20 avril 1793, t. II, p. 7P et tuiy