‹ L'Europe et la révolution françaiseChapitre 70 sur 93 · LA TERREUR REPUBLIGAINE : BLOCUS DE L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LA TERREUR REPUBLIGAINE : BLOCUS DE L'ANGLETERRE

achèvera de confondre sa rivale ' : « Encourageons par nos propres consommations les manufactures nationales; multiplions, perfectionnons nos fabriques, de manière à rendre les besoins des autres peuples tributaires. » Les nations neutres furent invitées à s'associer à cette grande mesure : elles devaient y trouver le même intérêt que la France. Le même jour, le Comité de salut public ordonna au ministre de la marine de préparer un débarquement de 100,000 hommes en Angleterre'. Les 9 et 10 octobre, toutes les marchandises produites ou manufacturées dans les pays soumis au gouvernement britannique furent proscrites du sol de la République. Mais c'était peu d'inviter les neutres à substituer leur commerce à celui de l'Angleterre ; il fallait les obliger à suspendre tout commerce avec cette nation et fermer aux Anglais l'accès du continent. Cette conséquence, d'une logique inflexible, allait s'imposer bientôt aux politiques du Comité. Elle fut signalée, quelques jours après la promulgation de Vacte de navigation, par un illuminé de la Terreur, le Prussien Anacharsis Glootz. Il nous faut, s'écria-t-il le 5 octobre, pour triompher de nos ennemis, joindre les bouches du Rhin à celles du Rh6ne : « L'embouchure du Rhin est essentielle à notre bonheur... C'est en Hollande que nous détruirons Garthage... C'est du Texel que partiront nos escadres révolutionnaires *. . . v Telle est la force des choses, telles sont les nécessités de la guerre et les fatalités de la politique, qu'un rhéteur banal et un énergumène cosmopolite furent conduits à signaler comme la seule issue de la lutte, la conception hyperbolique à laquelle

' • Si je n'enise snccoinbé, j'aurais changé la face dn commarce, amsi bien qna la route de rindottrie... L'impolnon, chex nous, était immense; la prospérité croissait sans mesure... ■ Napoléon à Saintfr-Héléne. Damas-Hivard, p. 70. -^ Tbuebb, t. VIII, p. 130^131 : Blocus continental, son succès, 1807.

* GuiLLOH, La France et t Irlande pendant la Révolution^ Paris, 1888, p. 74.

* Moniteur, t. XVIII, p. 296. Cf. t. XVII, p. 607, Discours de ClooU, en aoAt. Voir Avbhbl, Ànacharsis Clootz, t. II, p. 209-214. — « La Hollande n'est réellement qu'une portion de la France. Ce pays peut se définir en disant qu'il est l'aUuyion du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut, c'est-à-dire des grandes artères de l'Empire... Il est temps que tout cela rentre dans l'ordre naturel... ■ Exposé de la situation da l'Empire, 12 déc. 1801.

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aboutira treize ans plus tard, au milieu du continent conquis ou assujetti, la politique du plus puissant inventeur militaire et du plus prodigieux spéculateur d'État que le monde ait connu. Terrifier les royalistes, supprimer les Bourbons, anéantir TÂngleterre en la bloquant dans son île, voilà, dans ces mois d'août et de septembre, le programme du nouveau C!omité de salut public, et ce sera Tinévitable destinée de TEmpire napo* léonien ' . La coalition, dans le même temps , et sous le même prétexte de représailles, était amenée à mettre aussi, dans la guerre contre la République, la Terreur à Tordre du jour de ses armées et le blocus de la France à Tordre du jour de ses flottes.

Le 17 septembre, Mercy écrivait à Thugut une lettre désespérée : « L'Empereur laissera-t-il périr la reine sans rien hasarder pour I*arracber à ses bourreaux?... Je sais Timpossibilité quMl y aurait à prendre, à cet égard, des mesures politiques communes à toutes les puissances; mais le chef de Tauguste maison d'Autriche, le neveu de I*auguste fille de Marie-Thérèse, destinée à monter sur Téchafaud de son époux, n*a-tr-il pas des soins particuliers à remplir que la politique ne saurait condamner, et qui ne contrarient même point la p<^ tique? » — « Est-il de la dignité ou même de Tintérêt de S. M. TEmpereur de voir le sort dont son auguste tante est

' SO mars 1804 : exécution du duc d'Enghlen. — « La dynastie de Naplei i cessé de régner. » Proclamation do S7 décembre 1S05. — 5 et 10 mai ISOS, abdication des Bourbons d'Espagne. — « L'Angleterre n*a d'autre bot qoe d'empêcher les communications entre les peuples et d'élerer le commerce et rindostrié de l'Angleterre sur la ruine de l'industrie et du commerce do continent. • Toa les Anglais qui se trouveront dans les pays occupés seront faits prisonnien; toutes les propriétés anglaises seront confisquées. Décret du SI novembre 1806. — « II faot que le commerce anglais trouTe tout le continent fermé, et que eei ennemis des nations soient mis hors du droit commun. Bffalheur i la tiIIb <p, cédant k Tégoîsme du moment, trahirait la cause commune f » Monùmr dv 11 novembre 1807

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