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LA DËFBI9SB NATIONALE ET LA COMMUNE

laissa un chargé d'affaires à Paris. La France en conserva un, La Flotte, à Florence. Manfredini lui avait insinué à diverses reprises le désir de son maître de contribuer au rétablissement de la paix. Ces insinuations avaient été faites avant la chute de Louis XYI ; elles se répétèrent ensuite. La Flotte en informa Lebrun. Ce ministre ne voulut point s'y arrêter. — Il ne croyait pas, manda-t-il à La Flotte le 4 septembre, aux dispositions pacifiques de l'Autriche. Les ouvertures n'étaient que des feintes dans l'intérêt de Louis XYI et de la monarchie. La France ne s'en laissera point abuser. « Le peuple français voudra la guerre parce qu'il voudra la liberté. » Dites à H. Manfredini que « la nation française n'acceptera aucun accommodement qui tendrait à restreindre son indépendance. • • Le peuple français vient de s'élever à une trop grande hauteur pour que, des deux côtés, des ouvertures ne fussent pas disconvenables ^ » — Quelles qu'elles fussent d'ailleurs, la guerre en devait décider. Elle était engagée, et Paris en subissait les terribles contre-coups.

Il fallait remplacer La Fayette & l'armée du Nord. Le 18 août, le Conseil fit connaître à l'Assemblée qu'il avait choisi Dumouriez *. Le choix était intelligent; il marquait de la grandeur d'âme de la part de Servan, que Dumouriez avait congédié deux mois auparavant; il marquait du courage de la part de Danton, car Dumouriez ne passait pas pour révolutionnaire. Danton l'avait entrevu : il le jugeait le plus ingénieux et le plus hardi des généraux français. Il le prit, mais sans se fier à lui. L'Assemblée d ailleurs s'était prémunie. Le

' Voir BOBSAREL, Relations de la France et de la Teecaney 1792-1705. Parif, 1888, extrait de la Révolution française.

* AuLABO 9 Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspond dance des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire^ t. I, 10 août 1792-21 janTÎer 1793. Parité 1889

10 aoClt, elle avait chargé douze de ses membres de se rendre, en qualité de commissaires, aux quatre armées des frontières. Us devaient faire connaître les événements , exhorter les troupes à défendre la Révolution et la patrie. Ils avaient le pouvoir de suspendre provisoirement les généraux. Un des vainqueurs du 10 août, TAlsacien Westermann, rude sabreur dans les rencontres, intrigant par goût, brouillon par tempérament, s'offrit à surveiller Dumouriez. Il brûlait de se lancer dans la politique et de se rapprocher de Danton ; Pétion le patronnait. Il fut envoyé auprès du nouveau général en chef.

Dumouriez était disposé à manifester les sentiments les plus républicains. Il avait la sincérité mobile , Tentliousinsme souple et communicatif. Lorsque, le 18 août, les trois commissaires désignés pour son armée , Bellegarde , Dubois et Delmas, arrivèrent à son camp, à Maulde, il leur fit rendre les honneurs souverains. Le décret qui le nommait commandant en chef fut accueilli par des cris de : Vive la liberté! vive VAs^ semblée! Dumouriez prêta serment devant les commissaires et écrivit une lettre pathétique au président de TAssemblée. Deux jours après, il mandait à Servan que tous les généraux étaient sans^uloties. Lequel d'entre eux, déclarait-il, « serait assez audacieux pour jouer le rôle de La Fayette ou de Bouille » ?

11 flétrissait la conduite de Lafayette et le qualifiait de petit Sylla.

Son élévation Tavait affermi dans son dessein d'invasion de la Belgique. C'était Tidée maltresse de son ministère et le ressort de toute sa politique. « C'est ainsi, disait-il dans sa lettre i l'Assemblée, que le peuple romain transportait son armée en Afrique, pendant qu'Annibal était aux portes de Rome. i> Il estimait que l'offensive était le seul moyen d'entraîner une armée encore incertaine d'elle-même, plus incertaine encore de ses chefs et peu propre aux manœuvres. Il ne croyait pas à l'audace de Brunswick; il n'attendait de ce général qu'une guerre de sièges , et Paris ne lui semblait pas sérieusement menacé. Servan estimait, au contraire, que dans l'état des esprits, en France et à Paris en particulier, il

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