‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 101 sur 165 · CONSÉQUENCES DE L'ALLIANCE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES DE L'ALLIANCE OCCIDENTALE

Une alliance formée par les motifs exposés dans le résumé qu'on vient de lire ne saurait être confondue avec ces alliances transitoires nouées pour un objet déterminé et restreint et qui se délient lorsque cet objet est rempli. Déjà, sous le règne de Louis-Philippe, l'Angleterre s'était montrée disposée à une alliance de cette nature avec la France, et visiblement aucune autre n'était possible alors, Les gouvernements des deux pays se rapprochaient, mais avec hésitation, tous deux craignant de dire ou de faire quelque chose qui blessât les susceptibilités nationales. Entre la situation de 1846 et celle qui a

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été faite par la guerre de Crimée il y a la même différence qu'entre la visite au château d'Eu et le voyage de la Reine Victoria à Paris; différence profonde, ineffaçable qui tient aux événements , non aux personnes.

Le mouvement franco-européen de 1848 ne doit pas, ne peut pas aboutir finalement à la négation de la liberté constitutionnelle. Il peut changer la voie du progrès ; au lieu de marcher en avant par des insurrections victorieuses, laisser ou plutôt faire agir des gouvernements issus, n'importe comment, du suffrage populaire, et les empêcher sous peine de suicide de prendre parti pour le principe opposé à leur origine; mais nécessairement un tel mouvement va à son but par-dessus ou par-dessous les obstacles. Sans se préoccuper outre mesure des accidents de formes gouvernementales qui irritent les passions et trompent biensouvent les espérances, on doit donc rester attaché à la logique des faits et ne pas méconnaître la valeur de succès remportés par N d'autres mains que celles de nos amis.

Le petit côté des succès appartient aux individus, le grand appartient aux nations et profite aux causes générales.

Or, la logique des faits exige impérieusement que l'alliance occidentale s'applique non-seulement à

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