CHAPITRE XXV
pire Germanique ; que nous considérons comme éteinte par la Confédération des Etats du Rhin la charge de Chef de l'Empire, et que nous nous considérons par là acquittés de tous nos devoirs envers l'Empire Germanique, en déposant la couronne impériale et le gouvernement impérial. Nous absolvons en même temps les Électeurs, Princes et Etats, et tout ce qui appartient à l'Empire, et particulièrement les membres du tribunal suprême et autres magistrats de l'Empire de leur devoir, par lequel ils ont été liés à nous comme Chef légal de l'Empire d'après la Constitution.
» Nous dissolvons également toutes nos provinces allemandes et pays de l'Empire de leurs devoirs réciproques envers l'Empire Germanique, et nous tâcherons, en les incorporant à nos États Autrichiens, comme Empereur d'Autriche, de les porter dans les rapports amicaux subsistants avec toutes les puissances et États voisins, à cette hauteur de prospérité et de bonheur qui est le but de tous nos désirs et l'objet de nos plus doux soins.
Fait dans notre résidence, sous notre sceau Impérial. Vienne, le 6 août 1806.
Signé : FRANÇOIS.
(Moniteur, 1806, n° 556.)
Le traité de Tilsitt avait été une faute parce qu'il portait en germe, malgré la volonté contraire du vainqueur de Friedland, la pensée que l'Europe ne devait recevoir que deux influences : celle de l'empereur d'Occident et celle de l'empereur d'Orient. Pour contredire cette pensée que l'empire moscovite devait s'étendre vers l'Orient, Napoléon appelait, avec une sorte d'affectation, son frère Alexandre de Russie, le puissant empereur du Nord. L'idée générale résistait à une telle appellation, et, chose digne de la méditation la plus sérieuse, lorsque Napoléon se décida à refouler la Russie dans ses limites d'avant 1792 et à décharger l'Allemagne du poids de ce colosse, l'Allemagne indignée commença de murmurer ces chants qui éclatèrent en 1813 et !a mirent debout comme un seul homme contre son impérieux protecteur.
C'est que les nations veulent qu'on ne dispose pas d'elles sans les consulter; c'est que si légitimes qu'aient été à leur origine les motifs de l'occupation étrangère, cette occupation finit toujours par inspirer à des peuples braves des sentiments qu'il est