‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 116 sur 165 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

d'Auerswald, tombés sous les coups d'hommes justement reniés par tous les partis, je demande ce que les gouvernements ont fait ou seulement proposé de grand et de durable pour donner satisfaction à l'esprit du temps, et cette question ne rencontre que la célèbre réponse : Rien, rien, rien !

Le roi de Prusse a conclu , le 26 mai 1849, un traité avec les rois de Saxe et de Hanovre pour reconstituer l'Allemagne ; en vertu de ce traité, un collège de princes s'est réuni à Berlin, un parlement s'est assembléà Erfurth. Pour défendre l'union restreinte, Frédéric-Guillaume a mobilisé son armée et menacé l'Autriche de la guerre. A quoi tout ce mouvement a-t-il abouti? Aux conférences de Varsovie, d'Olmutz, de Dresde, puis à la reconstruction de la vieille diète germanique. L'Autriche , vaincue par la Hongrie, a été forcée de recourir aux armes de la Russie, et de toutes ses victoires, souillées d'intervention étrangère et de pendaisons, il n'est résulté pour l'Autriche que l'obligation d'occuper militairement la Hongrie comme l'Italie. Vainement, afin de s'y ménager un moyen d'oppression de plus, l'Autriche a tenté de faire admettre dans la confédération germanique ses provinces non allemandes. Elle n'a réussi qu'à autoriser la Prusse à en retirer ses provinces de Prusse proprement dite

etdePosen. En tout ce qu'ils ont entrepris pour sortir d'un passé dont eux-mêmes avait déclaré la continuation impossible, les gouvernements grands et petits de l'Allemagne ont misérablement échoué.

Allez à Francfort, vous y retrouverez tous les vieux outils de 1815. La diète germanique, qui , après avoir demandé pardon à la constituante, a abdiqué dans les mains du vicaire de l'Empire, est là debout, comme si rien ne s'était passé, avec son plénum, son conseil restreint, son tribunal austrégaî, toujours impatiente de frapper d'estoc et de taille sur l'idée contemporaine, à la manière du Gœtz de Beiiiehiflgen de Gœlhe. Ce duel entre l'anachronisme et le temps présent aura une issue qu'on peut prédire sans être prophète. Ce qui doit préoccuper les hommes du progrès, c'est la pensée d'épargner à l'Allemagne ces explosions sujettes à un recul que n'éprouvent pas les réformes successives, si profondes qu'elles soient. Or, il faudrait supposer les Anglais beaucoup moins intelligents et sagaccs qu'ils ne le sont pour croire qu'ayant besoin de notre alliance autant que nous

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