CHAPITRE XXVI
ae la leur, ils ne comprendront pas que s'ils ne s'unissent à la France pour réorganiser l'Allemagne, la Russie peut soulever une guerre générale où l'influence constitutionnelle et commerciale de la Grande-Bretagne serait engagée autant et plus même que notre puissance propre. Certes, je ne voudrais, par rapport à l'Allemagne, rien qui ressemble à l'article 9 du traité de Paris, article dont il sera question plus loin à propos des moyens d'avancer la Turquie dans les voies de la civilisation ; pais je ne verrais aucune atteinte à la dignité de la confédération du Rhin , dans une déclaration collective de la France et de l'Angleterre qu'elles prêteront appui et secours à cette confédération contre toute attaque venant du dehors.
Une telle déclaration ne serait-elle pas unegaran- (ie de liberté pour l'Allemagne, de sécurité pour l'Europe? rs 'offrirait-elle pas des avantages égaux sinon semblables à la France et à l'Angleterre? On demandera probablement ce que gagnerait à cela la Prusse à qui l'Angleterre s'allie aujourd'hui par un mariage. Question moins embarrassante qu'on ne le suppose. La Prusse y gagnerait d'être la première des deux puissances allemandes, placées en dehors delà Confédération avec laquelle rien ne l'empêcherait de se lier par des traités de commerce et de douanes, et
L'EDROPE ET Là RUSSIE.
par toutes les similitudes de lois qu'il conviendrait aux deux parties d'établir. L'Autriche ellemême, si on lui laissait l'Illyrie par compensation à la Gallicie qu'elle doit un jour ou un autre restituer à la Pologne, n'aurait pas autrement à se plaindre, car elle pourrait devenir un gouvernement dans ses états où elle n'est, par sa politique actuelle, qu'un garnisaire ombrageux et avide.