CHAPITRE XXVII
SUITE DU MÊME SUJET
Lorsque éclata enfin la guerre d'Orient, on espéra d'un côté, on craignit de l'autre l'entraînement du combat et de la victoire. L'auteur fut au nombre de ceux qui espérèrent que les gouvernements de l'Occident ne pourraient remettre l'épée au fourreau avant d'avoir réparé en partie les abominations du congrès de Vienne, où les princes se partagèrent les peuples comme un vil bétail. La déception que nous causa la paix de Paris, arrivant à mi-chemin de la guerre, fut amère, mais instructive. Si raisonnable que l'on soit, on est toujours impatient, et nous nous irritâmes qu'on eût laissé passer, sans en faire sortir tout ce qu'elle conte-
liait» une occasion chèrement achetée. Mais tout homme de bon sens prend bientôt son parti du présent en regardant vers l'avenir. J'examinai donc quelles avaient pu être, en outre des convenances et des passions personnelles, les motifs qui avaient porté le gouvernement français à accorder à la Russie une paix qui était une grâce, et le gouvernement britannique à se soumettre, sans trop de répugnance, à un arrangement qui rendait superflus les plus grands préparatifs de guerre navale que jamais eût faits l'Angleterre. Le résultat de l'examen fut que la paix avait été donnée par l'une des puissances occidentales, et acceptée par l'autre dans la conviction que l'alliance entre la France et l'Angleterre offrait un caractère de durée, de permanence, qui permettait de ne pas se précipiter vers un but qu'il serait possible d'atteindre plus tard, sans rencontrer des chances d'agitation populaire qui peutêtre étaient à redouter actuellement.
Je ne pense pas, malgré cette dernière considération, qui a sa valeur pour les gouvernements, que l'ajournement des conséquences nécessaires de la guerre de Crimée ait été un bon calcul. Les finances de l'Angleterre pouvaient supporter encore plusieurs campagnes, et les nôtres encore au moins une. Donc, sans parler du reste, il y aurait eu économie