‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 119 sur 165 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

à ne pas désarmer en face de la perspective d'an réarmement, qui a fait demander par l'empereur que le contingent annuel fût porté à un chiffre permettant à la France de disposer toujours d'une armée de 600,000 hommes, et qui détermine la Grande- Bretagne à s'imposer les dépenses considérables et inusitées chez elle d'un grand camp de manœuvres et d'évolutions de ligne. Mais, en même temps, j'ai dû considérer l'avantage immense qu'il y avait pour l'Europe libérale à ce qi.e, de part et d'autre, l'alliance occidentale parût tellement solide, que l'on ne craignît pas de la voir se dissoudre par une paix plus ou moins bien faite. Une autre compensation au temps d'arrêt imposé à la guerre, qui d'un pas encore allait toucher au but, c'est l'action plus indépendante désormais de l'alliance envers l'Autriche, dont les finesses, les ruses, les projets ont été percés à jour.

Encore une fois, j'ai regretté, je regrette, j'ai blâmé, je blâme la combinaison qui a amené le traité de Paris à l'heure où il est venu, et y a fait ou laissé entrer un esprit non toujours assez libre des exigences du dogme religieux. Seulement, au lieu de m'enfermer dans une opposition boudeuse et stérile, je m'attache au signe qui résulte du mariage de la fille aînée de la reine Victoria avec l'héritier

présomptif de la couronne de Prusse, et qui démontre non plus seulement la convenance, l'utilité, mais la possibilité actuelle d'établir, par rapport à l'Allemagne, une politique commune entre la France et l'Angleterre.

La sagesse humaine se compose de la connaissance de nos fautes et de leur expiation prompte et sincère.

Il y avait à faire de la révolution de 1848, comme de la guerre d'Orient, ce qu'on n'a pas su en faire immédiatement. Mais, sans récriminer davantage, l'auteur croit pouvoir se féliciter qu'on en soit venu à reconnaître que l'Europe ne saurait vivre en pleine liberté, en pleine sécurité, aussi longtemps que l'Allemagne, constituée sur une large et régulière base démocratique, n'interposera pas sa civilisation entre l'ambitieuse autocratie de la Russie et la civilisation occidentale. La nécessité de reconstituer l'Allemagne , étant reconnue , acceptée par l'Angleterre et par la France, la question est comment on peut amener ces deux puissances à cette politique commune dont il vient d'être parlé, et qui est l'instrument indispensable d'un succès prochain.

Les moyens, les détails, les moments précis d'action ne sauraient être décrits ni même indiqués, car

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