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CHAPITRE XXVII

La confédération du Rhin, après les adjonctions qu'elle reçut en 1807 et en 1809, comptait trentequatre Etats partagés en deux groupes. Le premier comprenait le royaume de Saxe avec le grand-duché de Varsovie, dans lequel était confondu celui de Posen ; le royaume de Westphalie, qui se composait de la Hesse-Cassel et du Hanovre ; le royaume de Bavière augmenté du Tyrol autrichien, le royaume de Wurtemberg, les grand-duché de Bade, de Clèves- BeiY, les duchés de Wurtzbourg et de Francfort. Le prince primat de Francfort présidait ce groupe formant le collège des rois. Le second groupe, comprenant vingt-quatre petits Etats, formait le collège des princes, dont la présidence était dévolue au duc de Nassau-Isengen, petit duché disparu aujourd'hui de la carte par l'extinction de cette branche de la maison de Nassau.

Or, bien qu'évidemment le nombre des États du deuxième groupe prouve que la médiatisation n'avait pas été assez large, la confédération du Rhin, si elie avait reçu en dot quelque liberté, eût certainement résisté à l'épreuve du temps; car il faut le

redire, l'idée qui présida à sa fondation était si juste, si naturelle, qu'il est presque impossible de n'y pas revenir. Mais Napoléon, comme tous les hommes doués du génie de l'action, n'aimait pas la liberté , parce qu'elle donne aux peuples une trop grande part dans la direction de leurs affaires. 11 voyait le but où il fallait conduire l'Allemagne , et ne voulait permettre à l'Allemagne de discuter ni ce but ni les moyens de l'atteindre.

Par le traité dePresbourg, l'empereur d'Autriche et les princes de sa maison ne possédaient plus aucune province, soit dans l'Italie proprement dite, soit en Illyrie. Revenir à cet acte serait résoudre la question italienne autant qu'elle peut être résolue actuellement. On ne manquera pas sans doute d'objecter que pour rétablir le traité de 1806 il faut commencer par gagner une nouvelle bataille d'Austerlitz, ironie n'offrant que l'apparence d'un raisonnement. S'il y a nécessité d'une bataille, c'est l'Allemagne elle-même qui se chargera de la livrer et de la gagner, ainsi que l'enseigne hautement 1848 que les peuples n'ont pas oublié, quoi qu'on en veuille bien dire.

Après avoir indiqué le point marqué il y a 50 ans où l'on peut ramener l'Autriche pour rendre son existence tolérable en face du nouveau droit euro-

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