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CHAPITRE XXIX

Les commencements d'une révolution sont toujours semés d'hésitations et d'écueils. Il n'est pas difficile alors à un clergé aussi habilement organisé que celui de la hiérarchie catholique de faire agréer des services et d'obtenir certaines concessions; mais dès que le gouvernement nouveau commence à s'asseoir, il entend de toutes parts s'élever en France une voix qui lui dit : Ne vous laissez pas mener par les prêtres. Une des causes les plus persistantes de la popularité de Napoléon est sa ferme conduite à l'égard du clergé, quoique cette conduite n'ait pas été exempte de violences accidentelles plutôt que réfléchies. Des intrigues cléricales ont sans doute servi l'étranger aux jours de nos désastres, mais ce serait une erreur de supposer que, si le clergé eût été plus favorable à Napoléon, l'empire ne fût pas tombé. L'histoire chaude encore de ia Restauration est là pour démontrer que l'appui déclaré du clergé est mortel à tout gouvernement français.

La France a été jusqu'à présent opiniâtrement

catholique, mais catholique à sa manière; car, à vrai dire, le gallicanisme est une sorte de protestantisme catholique. Nous ne nions pas le pape, mais nous lui dénions deux des plus grands pouvoirs dont il se déclare investi : d'abord l'infaillibilité, puis le droit de rendre des décrets obligatoires pour la France, tant que la France ne les a pas déclarés compatibles avec les libertés de son Eglise.

On lit en tête des organiques du concordat de messidor an IX de la république :

« Article lei. Aucune bulle, bref, rescrit, décret, mandat, provision, signature servant de provision, ni autres expéditions de la cour de Rome, même ne concernant que des particuliers, ne pourront être reçues, publiées, imprimées, ni autrement mises à exécution, sans l'autorisation du gouvernement.

» Article 2. Aucun individu, se disant nonce, légat, vicaire ou commissaire apostolique, ou se prévalant de toute autre dénomination, ne pourra, sans la même autorisation, exercer sur le sol français, ni ailleurs, aucune fonction relative aux affaires de TÉglise gallicane.

» Article 3. Les décrets des synodes étrangers, même ceux des conciles généraux, ne pourront être publiés en France avant *que le gouvernement en ait examiné la forme, leur conformité avec les

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