‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 150 sur 165 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

clamations acceptables ne sauraient s'élever contre la sincérité et l'uniformité dans les monnaies, ni contre l'unité des poids et mesures, ni contre l'union de douanes. Les vassalités chrétiennes voudraientelles donc conserver pour leurs habitants le privilège de s'établir librement dans les provinces musulmanes sans accorder de réciprocité aux Turcs? Ce serait un singulier résultat d'une guerre de tolérance. Enfin, les vassalités chrétiennes auraientelles quelque objection à cette clause : que dans les lois civiles ou criminelles d'aucune province faisant partie de la confédération ottomane, il ne devra être inséré aucune différence fondée sur des différences d'origine, de condition sociale ou de religion? Le supposer serait leur faire injure- La conduite tenue par la Servie au commencement de la guerre pourrait faire supposer que l'établissement d'une confédération ottomane rencontrera de la part de cette population slave une opposition formelle. Mais ce que les Serbes pensaient avant la guerre et surtout avant l'expédition de Crimée est fort différent de ce qu'ils pensent après. L'influence française est maintenant plus puissante en Servie que l'influence russe. Le projet de confédération serait donc accueilli par les Serbes mieux que par les Moldo-Valaques, à qui le traité de Paris a mis en tête

L?BUROPE ET Là RUSSIE.

des idées assez peu justes pour qu'un parti se soit formé qui résume ainsi son programme : Prince étranger, armée étrangère! Quant au Monténégro, tant qu'il ne portera pas le lien formel de la vassalité et celui de la confédération, il n'obtiendra pas un littoral et restera dans ses habitudes de brigandage. Le sultan ne peut, sans imprudence, faire des concessions de territoire et donner accès vers la mer à une population qui va cherchant partout des appuis contre son suzerain et viole, chemin faisant, toutes les garanties sociales. D'un autre côté le maintien du Monténégro en son état actuel est une sorte d'affront pour l'Europe.

Mais, car j'aime à dire toute ma pensée, de l'établissement d'une confédération ottomane j'espère plus qu'un meilleur arrangement des rapports actuels entre les sujets et les vassaux du sultan, j'en espère dans l'avenir la formation en Turquie d'une grande nationalité composite, ce qui divise ici les populations qui toutes appartiennent à la grande race caucasique n'étant qu'une affaire de dogme.

Aux Etats-Unis, le gouvernement est neutre en matières de religion. De droit, sinon de fait, il l'est en France et tend à le devenir en Angleterre. L'État chrétien est une vieillerie ne méritant pas plus de vivre en civilisation que l'État juif ou l'État mu-

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