‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 23 sur 165 · PLAN DE CAMPAGNE DES ALLIÉS · texte numérisé non relu

PLAN DE CAMPAGNE DES ALLIÉS

En outre des motifs qui viennent d'être indiqués, i'empereur Nicolas en avait un autre et très-puissant pour se décider à accepter la guerre dont on le menaçait. Il voyait les puissances occidentales déployer en Orient des forces tout à fait en disproportion avec la pensée d'abattre la prépondérance russe dans l'empire ottoman. La France et l'Angleterre, se disait-il, peuvent m'empêcher d'aller à Constantinople, elles peuvent même s'opposer à ce que je m'établisse de l'autre côté du Danube, mais un tel échec ne portera pas une atteinte sérieuse à ma suprématie, car, lorsque les puissances occidentales

seront reparties emportant le traité que j'aurai été

38 l'eorope et la rossie.

obligé de signer, je n'en serai pas moins le maître sur la mer Noire, et à deux jours de navigation de Constantinople.

La prévision que Ton pourrait désarmer la marine russe sur l'Euxin, tandis que la marine ottomane resterait armée de l'autre côté du Bosphore, ne se présenta pas à l'esprit du czar. Cette prévision était en effet trop mal d'accord avec les commencements de la guerre pour que l'on dut la faire entrer dans le calcul des probabilités. Mais l'imprévu vint jouer ici son rôle. Le choléra fit aux généraux alliés une nécessité d'agir immédiatement pour ne pas voir tomber tous leurs soldats sans combat, et l'absence de moyens de transport se combinant avec la posi tion douteuse prise par l'Autriche les détermina à se jeter à Timproviste sur la Crimée. La guerre devint offensive, fautes de ressources suffisantes pour resterdéfensive, c'est-à-dire telle qu'elle avait été couçue par toutes les parties belligérantes.

Dans un conseil de guerre tenu le 12 mai 1854, à Varna, entre les généraux et amiraux alliés, le général en chef ottoman et le ministre de la guerre du sultan, il fut décidé que la lre et la 29 division de

Page 1