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LE SIÈGE DE SÉBASTOPOL

De l'attaque de* places non investies

Dans une pensée qui s'explique d'elle-même, les Russes ont prêté aux généraux alliés des fautes que ceux-ci n'ont pas faites, et exagéré celles qui ont été réellement commises. Ils ont de même exagéré le mérite des travaux exécutés parla défense qui n'a fait que suivre avec moins de bonheur le système déployé par les Ottomans à Silistrie, et plus de cinquante ans auparavant par Djezar, pacha d'Acre, sur le conseil du colonel français Phelippaux, mort du regret, il faut le rappeler à son honneur, d'avoir si bien servi l'étranger contre sa patrie.

Un bref récit du siège de Saint-Jean-d'Acre me semble donc être plus instructif, plus concluant qu'une dissertation en forme sur l'attaque des places qui peuvent, comme Sébastopol, recevoir librement des secours du dehors.

Bonaparte partit pour la Syrie à la tête d'une armée de 13,150 hommes, à savoir : infanterie, 10,000; cavalerie, 800 ; guides du général en chef, 600; artillerie, 1,600; non combattants 150. Cette armée était partagée en trois divisions aux ordres des généraux Kléber, Bon et Reynier.

Chaque division d'infanterie avait six pièces d'artillerie de campagne à pied ; il y avait dix-huit pièces d'artillerie à cheval, dont douze appuyant plus ordi nairement la cavalerie, total 36 pièces de campagne. Le parc, c'est-à-dire l'artillerie de position, comptait quatre pièces de 12, huit du calibre de 8, qui est notre calibre actuel de campagne, et quatre mortiers de 6 pouces. Le parc de siège se composait de quatre pièces de 24, de quatre de 18, de quatre mortiers de 8 pouces embarqués sur six tartanes aux ordres du capitaine de frégate Eudelet. Dans la prévision, qui malheureusement se vérifia,

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