CHAPITRE VIII
que ce parc pourrait être intercepté , un parc exactement semblable avait été embarqué sur les frégates VAlceste, la Junon, la Courageuse, aux ordres du contre-amiral Pérée. Celui-là seul arriva, mais dans la seconde période du siège qui dut être entrepris avec de l'artillerie de campagne renforcée par deux caronades de 24 et de 32, prises à Haïssa.
Ici, comme à Sébastopol, l'ennemi put donc profiter de l'absence d'une artillerie suffisante au début du siège pour entreprendre et développer des travaux de contre-attaque.
Acre est située à 30 lieues nord-nord-ouest de Jérusalem, à 10 sud de l'ancienne Tyr, et à 36 sudouest de Damas.
La surface qu'occupe la ville est un trapèze dont deux côtés sont baignés par la mer, et les deux autres fermés par des murailles. Le côté de Test a 600 mètres ; il était flanqué par cinq petites tours ; le côté du nord en a 1,000; il était flanqué par sept petites tours et. par le palais du pacha formant une espèce de citadelle. Ces deux côtés de la place se rencontrent en formant un angle droit. Au sommet de cet angle est une grosse vieille tour qui domine la ville et toutes les murailles. Cette tour est dominée ellemême par la hauteur de la mosquée, qui en est à
1,000 mètres. Un aqueduc entrait dans la ville, près
de la grosse tour du côté du nord. Cet aqueduc, ayant une longueur de 12,000 mètres, portait l'eau des montagnes dans les citernes de la ville.
Le général Caffarelli proposa de faire brèche à la grosse tour, comme la plus éloignée de la mer, et comme dominant toute l'enceinte et toute la ville. Il va sans dire que la proposition fut acceptée.
La tranchée fut ouverte le 21 mars à 300 mètres de la place ; la tranchée s'appuyait à l'aqueduc qui formait une place d'armes naturelle.
Pendant la première période du siège, du 19 mars au 25 avril, l'artillerie des assiégeants consistait en deux caronades prises, ainsi qu'il a été dit, à Baissa, quatre mortiers de six pouces et trente-six bouches à feu de l'équipage de campagne dont douze pièces seulement étaient réservées pour le service des corps d'observation. Les caronades n'avaient pas d'affûts, on leur en fabriqua; pas de boulets, on ramassa ceux que lançait l'artillerie de la place et celle de la division navale de sir Sydney Smith. Bonaparte payait 25 centimes par boulet aux soldats, qui n'en laissèrent pas manquer nos grosses pièces,