‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 28 sur 165 · CHAPITRE VHi · texte numérisé non relu

CHAPITRE VHi

Les assiégeants, durant la première période de l'attaque, ont fait jouer deux mines, tenté deux logements dans la place, donné un assaut et repoussé six sorties.

Leur insuccès prouva qu'on ne prend pas les places avec des baïonnettes quand le tour de la baïonnette n'est pas encore venu.

La seconde période du siège dura vingt-six jours, du 25 avril au 21 mai. L'artillerie des assiégeants s'était accrue de deux pièces de 24, de quatre de 18 et de quatre mortiers de 8 pouces, mais les moyens de résistance des assiégés s'étaient accrus dans une proportion plus forte encore. Rien ne donne mieux l'idée de cette situation que le discours adressé à Djezar par le colonel Plielippaux, sorti de l'Ecole militaire le même jour que le général Bonaparte et ayant eu comme lui Laplace pour examinateur. Il dit au pacha :

« Vous êtes supérieur à l'ennemi en artillerie, votre garnison est plus forte d'un tiers que l'armée des assiégeants ; vous pouvez perdre autant de monde qu'il le faudra sans que cela vous compromette, puisque pour un homme tué i! vous en arrive

trois. Les assiégeants ne sont pas plus de 6 à 7,000, une partie de leurs troupes étant en observation sur le Jourdain ou tenant garnison à Jaffa, à Haïssa, à Gaza, à El Arich,ou étant employées à escorter leurs convois. Si votre garnison était aussi disciplinée qu'elle est brave, je vous proposerais d'en embarquer la plus grande partie et de la débarquer dans la marine de Naplouse afin de porter la guerre sur les derrières de l'ennemi, ce qui l'obligerait à lever le siège. Mais l'exemple de ce que nous voyons tous les jours aux sorties et celui de l'armée de Damas battue dans les plaines d'Esdrelon par une poignée de monde font assez comprendre l'issue qu'aurait une pareille entreprise. Il vous reste un moyen de salut, c'est de marcher à l'ennemi par des lignes de contre-attaque. Vous avez des hommes, vous êtes abondamment pourvu d'outils, de balles de coton, de laine, de tonneaux, de sacs de terre, vous avez l'avantage dans cette guerre. Il dépend de vous d'en profiter. »

Phelippaux, mort peu après, fut remplacé par le * colonel Douglas qui ne l'égalait pas, il s'en faut, en mérite; le système des lignes de contre-attaque réussit néanmoins, et Acre donna la première atteinte au prestige d'invincibilité du grand capitaine.

La ville se défendait à coups d'hommes, mais elle

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