‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 34 sur 165 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

res du matin ; mais bientôt les Français ralentirent le leur, et à dix heures et demie, il était éteint. Les Anglais soutinrent le feu toute la journée, mais sans produire aucun effet décisif.

Voilà comme il est vrai que du côté de la terre, Sébastopol était au début dégarni de moyens de défense et pouvait être enlevé d'un coup de main. La place avait non-seulement une enceinte précédée d'un fossé dont la terre avait été rejetée du côté de la muraille, elle était de plus protégée par des ouvrages avancés en terre, les uns préparés à l'avance, les autres si faciles à établir que vingt jours après l'arrivée des alliés à Balaklava et à Kamiesch, une attaque vigoureuse fut éteinte avec facilité.

Le 3 décembre, le général Canrobert et Lord Raglan annoncèrent* publiquement qu'il fallait attendre le printemps et de nombreux renforts en hommes et en artillerie pour reprendre le siège, mais à moins de faire tort à leur intelligence, il est nécessaire d'admettre qu'ils comprirent la situation le soir même du 17 octobre. En effet, les flottes qui ne pouvaient donner dans le port dont les passes avaient été obstruées, avaient prouvé par le résultat de la journée leur radicale impuissance à entamer les fortifications maritimes de Sébastopol. Il était dès lors visible que la place ne pouvait être réduite

que par le côté de la terre, et selon les règles de fart dont Vauban a été le législateur et le prophète.

Attaque du côté de la mer.

A une heure, l'amiral Hamelin donna le signal de l'attaque, qui fut aussitôt répété par l'amiral Dundas. Il avait été convenu à l'avance que tout vaisseau n'ayant pas une hélice propre serait couplé avec un vapeur.

Les escadres comptaient 25 vaisseaux de ligne, et un nombre plus qu'égal de vapeurs. Le côté sud, attaqué par la Hotte française, comprenait le fort Alexandre n° 1, le fort Alexandre n° 2, la batterie de la Quarantaine, portant ensemble 155 canons d'espèces diverses et du plus fort calibre. Le côté nord, attaqué par les Anglais, comprenait le fort Constantin, la batterie du Télégraphe et celle de la Guêpe; au total, 124 pièces. L'amiral français, retenu par le manque de profondeur de l'eau, combattait à une distance de 1,400 mètres. Plus heureux, l'amiral anglais, auquel s'étaient joints deux de nos vaisseaux, le Napoléon et le Henri IV, réussit à s'approcher du fort Constantin à une distance de 800 mètres. Les défenses extérieures de Sébastopol étaient littéralement enfermées dans un cercle

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