‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 60 sur 165 · DU 23 MAI AU 18 JUIN · texte numérisé non relu

DU 23 MAI AU 18 JUIN

Le 23 et le 24, le premier corps emporta et retourna contre l'ennemi les ouvrages construits en avant du bastion de la Quarantaine, du bastion du Mât et du Cimetière, tous trois reliés au bastion central par une courtine précédée d'un fossé. Toutes ces sortes d'attaques se ressemblent. Celle-ci se heurta le 23 à un hasard qui mérite d'être cité.

Prévoyant que s'ils ne nous occupaient chez nous, on ne leur laisserait pas les deux jours dont ils avaient besoin pour compléter leurs travaux, les Russes avaient résolu une grande sortie, et leurs soldats étaient massés en colonnes lorsque les nôtres les abordèrent. Nous restâmes maîtres toute-

i/EUROPE ET Là. RUSSIE

fois de la droite des ouvrages russes, et, dans la nuit du 24, nous nous emparâmes définitivement de leur gauche. Le soldat français aime, parce qu'il y excelle, les luttes à bout portant et corps à corps.

Mais, pour arriver au but final, il était indispensable que le siège fût au moins aussi avancé sur notre droite que sur notre gauche. C'est pour obéir à cette nécessité que les généraux en chef Pélissier et Raglan résolurent l'attaque du 7 juin, dont voici un court récit indispensable à l'intelligence du reste de ce long et terrible siège.

Les Russes avaient construit en avant du mamelon Vert, et sur sa pente une ligne de contre-approche défendue par de nombreuses embuscades. La position était donc devenue très-forte, flanquée qu'elle était à gauche par les redoutes de Slengliinst et de Yolhynie, à droite par les carrières situées en avant du redan. Mais nous remplissions ici les conditions essentielles pour l'attaque d'un point assiégé. Nos tranchées avaient été conduites trèsprès de la ligne de contre-approche établie en avant du mamelon Vert , et nous avions acquis sur ce point une certaine supériorité, sinon une supériorité complète d'artillerie. Dans une telle situation, il n'est plus rien d'impossible à des troupes braves, ardentes et surexcitées par l'émulation qui a si heu-

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