CHAPITRE XXÎT
les tendances religieuses de leur roi, se joignirent bientôt des complications parlementaires. Richelieu était trop habile pour se compromettre dans ce conflit. Il laissa même subsister le tarif douanier de 1620, tout favorable aux Anglais. Mais Richelieu mort, Anne- d'Autriche déclara, en 1644, la guerre de douane à l'Angleterre, et par des secours donnés ou promis à la reine Henriette, impliqua la France dans la querelle des Anglais contre leur dynastie.
Cromwell ne répondit pas seulement à cette ingérance étrangère en faisant tomber la tête de Charles Ier, il y répondit par son célèbre bill de navigation, qui fut le signal d'une lutte industrielle non moins fertile en haine et en préjugés de toute espèce que les luttes armées dont elle fut trop souvent accompagnée. La restauration des Stuarts, en 1660, l'année même où Louis XIV prenait en main les rênes du gouvernement, ne fit qu'ajouter au ressentiment des Anglais. Ceux mêmes qui profitaient du. retour de Charles II étaient honteux de savoir leur roi pensionnaire du roi de France. Ils éprouvaient ce qu'éprouvèrent en France tous les cœurs généreux, à quelque opinion qu'ils appartinssent, lorsque fut connue cette lettre où Louis XVIII déclarait qu'après Dieu, c'était à l'Angleterre qu'il devait sa couronne.
Entre la France et la Grande-Bretagne, tout était enjeu : la religion, l'amour-propre national, l'intérêt maritime, l'intérêt colonial, l'intérêt manufacturier.
Si une telle lutte n'était pas devenue furieuse, elle aurait offert un exemple unique dans les annales du monde.