‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 90 sur 165 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

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Louis XTV était le roi d'une grande révolution dont Richelieu, si de telles comparaisons sont permises, avait été la Convention et Mazarin le Directoire Les développements de cette révolution étaient forcément démocratiques, quoique le petit-fils de Henri IV crût de bonne foi avoir pour mission d'organiser son gouvernement en laissant debout tous les privilèges nobiliaires et autres dans la mesure où ces privilèges ne pouvaient faire obstacle à la prérogative royale. Il n'tst guère probable que les Anglais fissent à ce sujet de la métaphysique politique, mais ils voyaient, en gens d'affaires et de pratique, la couronne se saisir en France d'une autocra-

lie qu'ils ne voulaient pas lui accorder chez eux. De là les défiances qu'inspiraient de l'autre côté du détroit les relations d'amitié et de consanguinité existant entre les familles royales de France et d'Angleterre. Le dissentiment religieux aigrissait ces défiances. C'eût donc été merveille que, ne se battant pas à coups de canon, on ne se fût pas battu à coups de prohibitions et de privilèges douaniers.

La France a le droit de dire que l'initiative n'est pas venue d'elle dans cette espèce de guerre. Sous Henri IV, qui, tout en proclamant que pâturage et labourage sont les deux mamelles de l'Etat, donna un essor magnifique à nos manufactures ; sous Richelieu, qui, s'il négligea trop peut-être le côté économique des questions gouvernementales, comprit toujours si bien que la puissance politique appuyée sur le développement des intelligences est la source de la richesse nationale, la France pratiqua le système dont on a de nos jours attribué l'invention à sir Robert Peel. Elle traita les produits étrangers comme ils lui parurent devoir être traités, dans l'intérêt de l'approvisionnement des manufactures et de la consommation intérieure sans s'abandonner à la mauvaise pensée de nuire aux autres nations.

Le système de prohibitions et de représailles date chez nous de 1644. Il naquit sous Mazarin et eut

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