Y. Jaffé, dans la Bihliothcca ver. gcrman., t IV
3. M. de Rossi adopte pleinement (Y. De origine, etc., p. xci) le sentiment
HISTOIRE DU REGISTRE i9
croire que c'est l'œuvre de quelque attaché à la bibliothèque pontificale, travaillant probablement sur commande pour le compte de Deusdedit, ou de quelque autre personnage, et recueillant à cette intention tout ce qu'il rencontrait de relatif au domaine temporel 'du Saint-Siège, dans les registres, comme dans les tomi et les tomuli carticii^ au Latran comme dans la Tarris chartularia^ dans toutes les retraites enfin dont il avait la clef, et dont il connaissait les bons coins. Il ne paraît pas le moins du monde évident qu'il se retrouve, dans cette partie de la collection canonique de Deusdedit, la môme méthode, les mêmes habitudes que dans le reste de l'ouvrage. L'opposé serait plutôt vrai, ce me semble.
Ce qui caractérise le fragment en question, c'est le souci de bien renseigner le lecteur sur l'origine et les conditions matérielles des manuscrits qu'il exploite ; de dire comment ils sont faits, s'ils sont de grand ou petit format, à quelle place et dans quelle salle de la bibliothèque on les trouve. A chaque instant, l'auteur s'arrête pour nous prévenir que tel tome est en papier et qu'il fait partie de la bibliothèque Latérane, qu'il a découvert tel cartulaire auprès du Palladium^ que tel synode, au contraire, est conservé dans le sacré palais du Latran ^ Son respect pour les vieux textes est poussé à un tel point, qu'il aime mieux avouer par un signe convenu, un 6, son impuissance à déchiffrer certains passages, plutôt que d'en donner une transcription infidèle'-. C'est l'habitué, j'allais dire le rat de bibliothèque.
Ce qui caractérise au contraire le reste de l'ouvrage,
émis sur ce sujet par M. Enr. Stevenson, dans ses Osscrvazioni sulla Colléetio canonum di Deusdedit, 1 885, p. 94-95. (Extrait de VArchivio délia R. società Romana di storia patria,\o\. \lll, p. 305-398.) A vrai dire, il nie paraît difficile d'élever un doute sérieux sur ce qui fait la partie principale de la thèse de M. Stevenson ( p. 63-94), à savoir que c'est la collection de Deusdedit qui a fourni le même passage à Albino, pour ses CoUectanca (a. 1182-1187); de même qu'à son tour Cencio l'a emprunté à Albino pour son Liber ccnsuum (a. 1189-1192).