V. JafFé-Lœwenfeld, p
4. V. JafTé-Lœwenfeld, n«** 3'i00, 3'i66, 3467 et 3401, si toutefois ce dernier document mérite la conliance qu'on lui accorde d'ordinaire.
du Latran les trois premières indictions du registre, c'est que, bien loin d'être pour eux un monument d'ignominie, cette partie gardait la preuve de leur fortune première et du crédit singulier dont ils avaient longtemps joui près du Saint- Siège. Là en effet étaient enregistrées ces lettres que nous avons encore, où le nomenclateur Grégoire était traité de fils chéri par Jean VIll, et Georges d'illustre maître de la milice', où l'on pouvait voir les mômes personnages investis par le pontife des missions les plus hautes et les plus délicates auprès du pouvoir impérial^.
Peut-être se demandera-t-on si ce sont eux aussi qui, après avoir détruit la neuvième indiction du registre, ont jugé à propos d'en emporter les six dernières, et quel motif a pu les pousser à ce larcin. Mais ici encore se trahissent des préoccupations trop naturelles chez Formose et ses partisans. Formose, je le prouve ailleurs , a cru devoir, après comme avant sa condamnation, adoptera l'égard de Photius une ligne de conduite différente de celle de son juge le pape Jean YIII. Toute sa vie, il mit à réduire le schisme byzantin par la rigueur, autant de constance qu'en avait mis Jean YIII à le ramener par la conciliation.
De là, dans Rome, deux courants d'opinion qui partagèrent longtemps les esprits et déchaînèrent plus d'une tempête. Or, si l'on veut bien considérer que toutes les lettres où Jean VIII accuse sa politique de conciliation à l'égard de Photius et de son clergé étaient enregistrées dans le fragment dérobé de son registre^, qu'elles y constituaient, pour ceux qui continuaient les mêmes vues, la matière d'un appel et d'un recours permanents, il n'est pas difficile de s'expliquer pourquoi les Formosiens, sans aller jusqu'à détruire des documents où leur intérêt personnel n'était pas engagé,
1. « Gregorio dilecto filio nomenclatore misso et .-ipocrisiario Sanclac Sedis nostrœ cum Georgio illustri magistro militum ac vesliario sacri nostri palatii. » Lettre de Jean Vlll à Icmpeiear Louis II. (Migne, t. CXXVI^ p. 655, ep. 7.)
2. V. Lettre de Jean VU! à l'impératrice Engelberge^ ap. Dcusdcdit, p. 296.