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Hlncmari Annales, a. 872 (Pertz, t. I, p

2. C'est lui, à n'en pas douter, qui joua un certain rôle, en 869, dans le concile romain dirigé contre Photius. V. Allocutio Hadriani ah Johanne archidiacono relecta (Mansi, Concilia, t. XVI, p. 122). Dès l'année 853, on le voit assister au concile romain qui déposa Anastase le Bibliothécaire, alors prêtre du titre de Saint-Marcel (Mansi, t. XIV, p. 1021). Son élévation au poste d'archidiacre ne peut toutefois être reportée jusqu'à l'année 826, puisqu'il cette date l'archidiacre de l'Eglise romaine qui figure dans le concile d'Kugène II s'appelle Yalentin. V. Mansi, ibid., p. 1000.

3. V. Lettre de Jean VI ff à Ajon, évêque de Bénévent (Migne, t. CXXVI, cp. 57, p. 710); Lettre à Lambert, duc de Spolèle [ibid., ep. 104, p. 754); Lettre à Pandénulf [ibid., ep. 207, p. 827); Lettre au roi Charles le Gros { ibid., ep. 301, p. 914) ; Lettre à l'empereur Louis II et à l impératrice Engelberge (ibid., ep. 334, p. 939); Lettre au duc Boson {ibid., ep. 222, p. 835).

4. V. Lettre de Jean VIII à l'empereur et à l'impératrice Engelberge (Migne, t. CXXVI, cp. 334, p. 939).

cession solennelle qui, du palais du Latran le conduisait de l'autre côté du Tibre, dans la basilique du prince des Apôtres, plus d'un, parmi les ambitieux évincés ou inquiets, durent se dire, en voyant passer le vieil archidiacre, que l'épreuve ne serait ni trop longue ni trop douloureuse.

Jean YIII, comme plus tard Félix Perretti, devenu Sixte- Quint, préparait à ces illusions de terribles réveils. Ce jourlà même on avait vu, dans Saint-Pierre, un spectacle en apparence insignifiant, mais qui pouvait en dire long à des observateurs attentifs, habitués à regarder devant eux et à conjecturer l'avenir dans les causes présentes. Debout sur les marches du grand autel, le nouveau Pape venait de se recueillir sous la bénédiction de l'évêque d'Albano, lorsqu'à son tour éleva la voix, pour prononcer l'oraison rituelle, un évêque que tout Rome connaissait, que plusieurs admiraient et vantaient au-dessus de tous, personnage déjà fameux dans la chrétienté tout entière, à Byzance comme dans les Gaules et dans la Germanie, mais subissant déjà cette loi en quelque sorte fatale de sa destinée, d'inspirer à la fois des haines violentes et des dévouements passionnés. Formose — car c'était lui qui, en sa qualité d'évêque de Porto, partageait avec les évoques d'Albano et d'Ostie l'honneur de consacrer le nouveau Pape^, — faisait, par sa seule présence à la cérémonie, un contraste digne d'attention. La veille encore il était le rival de celui que maintenant il bénissait. Formose, la veille encore, aspirait à s'asseoir dans celte chaire de saint Pierre, dont il lui fallait à présent faire les honneurs à un concurrent plus heureux^.

La scène par elle-même était curieuse; elle eût paru tragique, si l'on avait pu en apercevoir, dans l'avenir, une autre

1. V. Ordo romanus X/F (Mabillon, Muséum italicum, t. II, p. 272-3); Vita Hadriani Ilf c. ix {Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. II, p. 175).

2. V. Sententia I in Formosum, dans la Lettre de Jean Vl/f à tous les fidèles de Gaule et de Germanie (Migne, t. CXXYI, ep. 24, p. 676). La sentence ne dil pas expressément que Formose ait brigué la papauté à l'époque de l'élection de Jean VIII, mais il est clair qu'il en fut ainsi, puisqu'au moment où Hadrien II fut élu, Formose était absent de Rome (V. Vita Hadriani 11^ c. ix, p. 175), et qu'à l'avènement de Nicolas P'", il n'était pas encore évoque de Porto. Or, ce qu'on lui reproche dans cette sentence, c'est d'avoir voulu échanger son siège épiscopal contre celui de Rome.

bien difTérente; si de la cité Léonine, de la riche basilique romaine, se trouvant transporté tout à coup dans une ville lointaine de France, dans l'appartement le plus isolé d'une maison de Troyes, on avait vu ce même prélat consécrateur, non plus debout et faisant face au nouveau Pontife, non plus paré de la chape et de l'étole, mais en habits laïques, accroupi par terre, sanglotant aux pieds de l'inflexible Jean VIII, et, d'une main tremblante, écrivant sous sa dictée impérieuse l'eno-agement irrévocable de supporter jusqu'à la mort, l'exil et la dégradation K

Caractère de Jean VIII. — Ce serait toutefois se faire une idée inexacte du caractère de Jean VIII de s'imaginer que Rome venait de se donner en sa personne un maître ombrageux, prêt à tout sacrifier à ses passions et à ses intérêts personnels. Les historiens qui l'ont pris pour un homme de rancune et de mauvaise foi, qui n'ont vu, dans les vicissitudes de sa politique, qu'une série de trahisons à tous les partis, se sont trop arrêtés, ce semble, à la surface des faits. Ils ont précisément laissé échapper ce qui a été le fond môme, et, en quelque sorte, la caractéristique de cette nature d'aspect changeant et compliqué, mais en réalité très simple et très fixe.

Ce n'était pas en vain que l'ancien archidiacre avait passé vingt ans au moins de sa vie dans la haute direction des per sonnes et des biens ecclésiastiques de l'Eglise romaine. Son maintien d'ailleurs, durant un si long temps, dans ce poste particulièrement difficile et délicat, où souvent entraient en conflit des intérêts opposés, prouve qu'il en avait acquis les vertus spéciales, Thabitude de n'envisager les causes que dans leur justice propre et leurs avantages généraux, sans considération pour les convenances ou les sympathies individuelles.

Son sens pratique de Romain d'origine ^ s'était encore af-

1. V. Auxilius, In defensionon s. ordinationis Fonnosi papae, c. m (ap. Diimmler, Auxilius und Vulgarius, p. 64). Auxilius tenait ce récit d'un témoin oculaire, Pierre, archidiacre de l'église de Naples. V. ibid,

2. « Johannes, nalione Romanus, ex pâtre Gundo. » Liber pontificalis, éd. Duchesne, t. II, p. 221. L'aspect germanique du nom de sou père a

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fermi dans ce long maniement des affaires; non pas qu'il eût perdu, à ce contact un peu matériel, toute élévation d'esprit, ou toute bonté de cœur; — il y 21 parfois dans ses lettres certains accents pénétrés, comme il en échappe seulement aux grandes âmes, — mais ce qu'il possédait de ressources en ce genre s'était tourné du côté de l'objectif à atteindre. Toute sa passion, si le mot n'est pas trop fort, marchait vers le but qui lui semblait imposé par ses devoirs de pape, le laissant indifférent aux accidents passagers de la route, aux voies et moyens à employer.

Les hommes furent surtout pour lui des instruments, qu'il utilisait ou rejetait dans la mesure où ils pouvaient servir ou nuire à ses desseins. Peut-être même, à les voir de trop près, avait-il contracté, à l'endroit de leur valeur morale, cette pointe légère de scepticisme si fréquente chez ceux qui sont restés longtemps au gouvernement. S'il n'estimait pas que moralement tous les hommes se valent, si personne, mieux que lui, n'a su faire le discernement de l'oppresseur et de l'opprimé, aucune réputation de vertu, si hautement célébrée fut-elle, n'était capable de lui imposer, quand on voulait s'en faire une arme contre lui, pas plus du reste que ne l'effrayaient, chez des instruments moins rebelles, les scandales connus de leur vie.

11 est à croire aussi que ses anciennes fonctions n'avaient pas été étrangères au développement de certaines aptitudes financières, qui sont un des traits saillants du caractère de Jean YIII. Sous son habile gestion, le trésor pontifical devait arriver à un état de prospérité tout à fait remarquable. A la différence de son successeur Etienne V, qui se plaindra

suggéré à Gregorovius l'idée que Jean VIII pourrait bien avoir été de race lombarde (V. Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom, S^édit., t. Itl, p. 171). Mais il n'y a aucun fonds à faire sur ce genre d'arguments, dans un pays où les noms d'origines les plus diverses étaient portés par les membres d'une même famille: « Kainerius, fîlius Josephi » (Léon d'Ostie, Chron. casin., 1. II, ap. Migne, t. CLXXIII, p. 612); « Crescentius.filius Farolfi», « Romanus, filius Atenolfi », « Cocsarius, filius Pippini. » (V. Chronicon Farfense, ap. Muratori, Script, ital., t. II, p. 563, 529; Migne, t. CXXVI, p. 678.) On peut appliquer à l'Italie de cette époque ce que Fustel de Coulanges a si bien démontré de la Franco du sixième siècle. V. Revue des questions historiques, t. XIJ, p. 11-16.

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d'être réduit au plus extrême déniiment^, qui sera même obligé de prendre sur sa fortune particulière pour faire face à des dépenses d'intérêt général-, le pape Jean YIU ne paraît jamais avoir manqué de l'argent dont il avait besoin, non seulement pour les services intérieurs de son gouvernement, mais encore pour soutenir, au dehors, une politique très active et très coûteuse. •

Longtemps il eut à sa solde la marine d'Amalfi^. Les Napolitains furent pareillement, à plusieurs reprises, subventionnés de sa bourse. Des sommes considérables passèrent ainsi de ses mains dans celles des ducs de Naples, Sergius et Athanase *.

A un moment, les finances pontificales ont à supporter le payement d'un gros tribut aux Sarrasins^ et la sortie de dix mille mangons destinés à la solde des Amalfitains. Elles n'en paraissent pas trop souffrir. Tout au plus Jean YIII se plaint-il d'être obligé de n'offrir que de maigres cadeaux au patriarche de Jérusalem^. Mais il n'est pas embarrassé, peu de temps après, pour proposer aux Amalfitains de leur payer annuellement dix mille mangons, et de les exonérer à l'avenir des frais de douane dans le port de Rome, l'une pourtant des plus claires ressources de son trésor^.

Toutes ces dépenses de l'extérieur n'empêchaient pas Jean YIII d'entreprendre à l'intérieur des travaux considérables. Dès la seconde année de son pontificat, il se sentait en mesure de réaliser un vaste plan de constructions navales, de mener de front l'entretien d'une solide armée et l'achèvement de l'enceinte fortifiée de Rome^. Les arts eux-mêmes ne sont pas oubliés, et il commande en Bavière une de ces

1. V. Lettre d'Etienne Va l'empereur Basile (Mansi, t. XVI, p. 425).

2. V. Viia Ste/j/iani V, c. vu {Liber pontificalis, t. II, p. 192).

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