X AVANT-PROPOS
sources dont la discussion sera mieux placée à l'entrée en scène du pape Formose.
Ce ne sont pas, du reste, les critiques de source qui manqueront, même à cette première division de l'ouvrage. On en trouvera deux ici, dont l'importance n'échappera, je l'espère, à personne. Dans l'une est examinée la correspondance de Jean YIII, et plus spécialement le registre célèbre qui nous l'a transmise en grande partie K L'autre a pour objet un opuscule très discuté, mais où il est urgent de porter enfin la lumière, pour peu que l'on tienne à ne pas s'abuser plus longtemps sur la situation du pouvoir temporel et de l'Empire à cette époque. Ce sont, si l'on veut, des vestibules un peu froids, mais qui pourraient bien donner d'autres impressions à ceux qui auront le courage de s'y installer tout de bon.
A défaut de profits plus appréciables, le travail qu'on va lire aura du moins l'avantage de fixer l'attention sur deux pontifes romains, très intéressants à regarder, mais dont la figure est restée jusqu'ici singulièrement énigmatique. Jean VIII surtout semble avoir déconcerté la critique des historiens, même les plus récents. Tandis que les uns se plaisent à voir en lui le type achevé de la loyauté et de la grandeur d'âme 2, d'autres le considèrent comme un politique aussi habile que peu scrupuleux^, actif, mais brouillon et faux^, énergique, mais jusqu'à la cruauté^, alliant par avance aux principes d'un Machiavel les instincts sanguinaires d'un Borgia. Ce qui n'empêche pas Jean VIII d'être accusé par
1. Il nous eût été agréable de publier, en même temps que ce volume, une nouvelle édition du Registre de Jean VIII. On aurait ainsi sous les yeux, la série chronologique des lettres de ce pape, et sur sa vie, sur ses voyages et itinéraires, certains détails minutieux qu'il a fallu écarter d'une étude d'ensemble. L'édition toutefois est plus d'à moitié prête, et il y a lieu d'espérer qu'elle ne tardera pas ù paraître.
2. V. Balan, Il pontificato di Giovanni VIfl, Roma, 1880, p. 103 (Extrait de la revue Gli studi in Jtalia, a. i, t. I); Guglielmotti, Storia délia marina pontificia nel medio evo, t. I, p. 109.
3. V. Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom, 4*^ édit., t. V, p. 205.
4. V. A. Gasquet, Jean VIII et la fin de l'Empire carolingien, dans l'Empire byzantin et la Monarchie franque, Paris, 1888, préf., p. xi.