V. Migne, t. CXXVI, ep, 108, p
2. L'exposé de ces réserves et de ces restrictions a été trop bien fait par Hergenrœther pour qu'il soit nécessaire d'y revenir. V. Photius, t. II, p. 399-199.
3. V. Lettre de Clément IV au Chapitre de Reims. (Raynaldi, Ann, eccle^., a. 1267, p. 57),
plement laissé jouer par un fourbe qu'il connaissait mali. Le trait saillant, la substance môme du caractère de Photius ayant été, à ce qu'on assure, une incommensurable ambition, une soif insatiable de tout envahir et de tout dominer^, il était bien évident qu'un pareil homme ne ferait au Saint-Siège l'abandon d'aucun de ses droits, vrais ou supposés. Le malheur de Jean VIII serait de n'avoir point soupçonné ce qui aujourd'hui, on le dit du moins, crève les yeux du plus myope des observateurs.
Une revision minutieuse de la cause me paraît imposer des conclusions sensiblement différentes. La tâche n'était certes pas aisée à un pontife romain de se faire une idée exacte d'un personnage sur le compte duquel] couraient, même parmi les Byzantins, des rumeurs si contradictoires, et qui, dans le fait, possédait à la fois assez de vertus et assez de défauts pour être proclamé un saint ou un misérable, suivant qu'il était jugé par l'amitié ou par la haine ^. Je ne crois pas cependant sortir de la vérité en émettant l'opinion que de tous les papes de cette époque, Jean VIII est celui qui a le mieux su pénétrer dans l'âme du célèbre patriarche, et y découvrir la vraie cause de son opposition contre Rome.
A parler rigoureusement, c'est fausser l'histoire de Photius, que de lui donner l'ambition pour principal ressort. Photius n'a pas été, au sens vrai du mot, un ambitieux. Ce n'est pas précisément la convoitise du pouvoir, le besoin impérieux d'occuper la première dignité dans l'Église qui a mis en mouvement ses puissantes facultés. Il n'y a eu sûrement qu'une grande passion dans cette âme, la passion d'être admiré et estimé des hommes, non pas pour Téclat de
1. « Giovanni fuingannato, ecco tuto. » Balan, Ilpontificato di Giovanni VIH, p. 85.