V. Forschungen, t. XIV, p
d'excuses. Il nous montre Carloman, après sa mainmise sur le royaume d'Italie, en octobre 877, s'en retournant en Bavière auprès de son père, Louis le Germanique*, — lequel était mort depuis plus d'un an, le 23 août 876. De la part d'un écrivain qui se trouvait aux confins de l'Italie et de la Germanie, à l'une des premières grandes étapes que rencontraient les Allemands en descendant de la Rhétie, Terreur a de quoi étonner. Et cependant il n'y a pas à dire de celui-là que ce n'est point un contemporain. André de Bergame assistait aux funérailles de l'empereur Louis II, en 875 ; il était dans le cortège qui conduisit de Brescia à Milan le cercueil impérial : (( J'en ai porté ma part, dit-il lui-même, et j'ai fait la route depuis la rivière de TOglio jusqu'à celle de l'Adda^. »
A plus forte raison convient-il de ne pas s'inquiéter d'une autre confusion commise par le Libelle^ dans une histoire déjà vieille de plus d'un siècle par rapport à lui. Il s'agit du voyage que fit en France le pape Etienne II en l'année 753, mais que le Libelle attribue au pape Zacharie, son prédécesseur^ De bons esprits se sont ' tellement laissé impressionner par cette nouvelle faute qu'il leur a paru- nécessaire de mettre deux siècles entre son auteur et le voyage d'Etienne II, un siècle, évidemment, ne suffisant pas. Mais, ici encore, on a singulièrement joué de malheur.
L'auteur du Libelle impérialiste de Spolète n'était point le premier, en effet, qui eût envoyé en France le pape Zacharie, au lieu du pape Etienne II. Plus de cinquante ans auparavant, une semblable méprise avait été faite dans le Livre pontifical de l'Eglise de Ravenne*. Et sait-on par qui? Par un écrivain qui avait eu son aïeul emmené et emprisonné dans Rome, précisément à l'issue du voyage en France du pape Etienne II ; par cet Agnelli de Ravenne, qui n'était certes point un étranger à la cour des rois francs, qui même, lors du baptême de Rotade, fille de l'empereur Lothaire, avait eu l'honneur d'habiller de ses propres mains la petite
1. V. André de Bergame, Historia, c. xx. [Script, rer. Lang., p. 230.)