AU DÉBARQUEMENT 1)1 GÉNÉRAL SONAPAITE
généraux et de races ne se manifesteraient-^ 1< a pas au plus |lin| , ,,int dans une campagne lointaine?
Les subsides et l'habileté de M. Pitt, la persévérance el la lénacité de son caractère avaient amené le résultat désiré. Le ministre avait une majorité puissante dans le parlement ; L'opposition s'était amoindrie en face des dangers de la patrie ; Fox, Shéridan, Krskine, faisaient entendre en vain leurs voix puissantes, ils n'étaient pas écoutés. Tout s'opérait comme merveilleusement en Angleterre; le cabinet avait besoin d'emprunts considérables, et il les effectuait à un taux presque au-dessous de cinq pour cent ; les ressources financières de l'Angleterre étaient immenses; le cabinet n'avait qu'à manifester un désir d'emprunt, pour qu'il fut effectué ; la banque prétait , le commerce de l'Inde était florissant l , la Compagnie venait de conquérir Séringapalam et les Etats de Tippoo-Saëb ; les villes indoues, citées aux palanquins d'or, brillaient comme une rangée de perles orientales dans le diadème des directeurs de la Compagnie. A mesure qu'une conquête était faite par les flottes, on l'inondait de produits manufacturés dans Manchester et Birmingham ; si l'on signait un traité de subsides avec l'Autriche, on stipulait en même temps les avantages commerciaux sur l'Adriatique; les vaisseaux anglais transportaient les produits de la Grande-Bretagne partout où les ports leur étaient ouverts. En accordant des subsides à Paul lor, lord Whitworth obtenait des avantages commerciaux dans la Baltique , et une introduction absolue de marchandises manufacturées. Ce qu'il faut bien remarquer dans ces conventions , c'est que la plus grande part des subsides en argent se transformait en fournitures matérielles ; ainsi l'Angleterre confectionnait les armes, les vêtements, les uniformes fournisaux armées russes et autrichiennes, et, par ce moyen, elle favorisait le travail de ses manufactures '2. Dans celte nouvelle coalition, l'Angleterre resta toujours la puissance dominatrice et lame des événements qui allaient surgir. La Russie prêtait les armes et la force immense de ses armées, l'Angleterre donnait la grandeur de si propre civilisation.
La situation diplomatique du directoire, à la face de ces vastes armements de l'Europe, n'était pas bonne; la république française
1 Voir VAnnual Iteyister, ad ann. 1799.
8 La preuve résulte de ce (nie le change de Tienne, S .int-iv ersboorg, Francfort, fut toujours favorable à l'Angleterre.
avait à ses côtés des alliés et des gouvernements neutres dont chacun devait prendre une position dans la paix et dans la guerre ; elle avait d'abord pour alliées ses sœurs de liberté s'étendant du nord au midi, depuis la Hollande jusqu'à la république Parthénopéenne avec Naples sa capitale. Tous ces gouvernements éphémères dépendaient du directoire ; il les faisait mouvoir et agir à son gré ; un ordre des commissaires français suffisait pour lever de l'argent et des troupes ou pour changer la forme de leur constitution ; le gouvernement du directoire trouvait dans cette soumission absolue une facilité pour l'exécution de ses ordres. Toutefois il y avait, au sein de ces républiques, des éléments de décadence et de faiblesse ; si la Hollande soumettait ses flottes au pavillon français avec un abandon d'elle-même remarquable , son œuvre démocratique était néanmoins exposée aux tourmentes du parti orangiste qui grandissaitdans toutes les cités commerciales ; Amsterdam et Rotterdam étaient épuisées, la plupart de ses colonies tombées au pouvoir de l'Angleterre ; le cap de Bonne- Espérance cessait de voir flotter le vieux pavillon du commerce hollandais ; comment compter sur un concours actif et puissant de la part d'une population ruinée par la guerre? Les républiques d'Italie, sous leurs emblèmes lombards et goths, loin d'entrer en lice avec des forces respectables, appelaient sans cesse l'appui de la France ; ces démocraties obérées et sans consistance étaient des embarras plus encore que des alliés et des appuis. Les Autrichiens, par une campagne heureuse en Italie , pouvaient faire tomber ces gouvernements sans vie , ces institutions éphémères en qui nul n'avait foi. Il ne restait, pour la république française, d'allié sur lequel elle pouvait compter que la monarchie espagnole ; il était triste et curieux devoir dans l'ébranlement commun de tous les trônes, lorsque tous se déclaraient pour une croisade politique destinée à restaurer les Bourbons , un petit-fils de Louis XIV, seul , se prononcer hautement pour la république qui avait frappé de mort sur l'échafaud les aînés de sa race.
L'esprit chevaleresque disparaissait de la race des Bourbons ; la terreur et l'apathie semblaient dominer tout entier le cabinet de Madrid , et se partager l'empire ; là où brillait , dans les vieux siècles, l'orgueil castillan , on ne voyait que soumission et obéissance ; la chasse bruyante était la distraction unique de Charlqs IV et de ce prince de la Paix couvert des ordres des Castilles. Sous le directoire.
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l'ambassade de l'amiral Truguel avait semé des vues d'ambition m sein de ce cabinet, et la conquête possible du Portugal tourna, cei faibles têtes politiques; Charles IV entrevoyait avec joie la cité de Lisbonne se réunir à son blason de (bastille , et le roi aurait ainsi réalisé, avec la république française, le plan de fusion que l'ancienne monarchie lui aurait vu, peut-être, accomplir ave» quelque crainte. Le directoire comptait sur l'appui actif de l'Espagne; ses Sottes pesantes de gros navires étaient à la disposition des amiraux français on allait lentement, parce que le caractère espagnol marche toujours ainsi; mais les alliés auraient invoqué en vain le concours de l'Espagne, il était dévolu à la république française; les cadets des Bourbons dédaignaient l'amitié des couronnes, pour la protection des faisceaux.
Quand cette résolution fut bien connue, Paul Ier, qui se posait comme le chef de la coalition diplomatique contre la France , n'hésisla pas à prendre une résolution vigoureuse à l'égard du cabinet ûV Madrid ; il déclara personnellement la guerre à l'Espagne ' dans un manifeste solennel , et il ordonna à ses vaisseaux et à ses troupes de
1 « Saint-Pétersbourg, le 31 juillet.
«Nous, par lagràce de Dieu, Paul Ier, empereur et autocrate de toutes les Russie6>,€ i< ., informons tous nos fidèles sujets, que nous et nos alliés connue» résefas à re
-.ernementsans loi qui domine la France, et que c'est à cet effet que nous nous sommes levés, avec notre puissance, contre lui. Dieu a béni nos armes, et a couronné jusqu'à ce jour, du succès et de la victoire, toutes nos entreprises. Dans le petit nombre des puissances européennes qui paraissent extérieurement lu. et mais qui, en effet, ne craignent que 1 1 vengeance de ee gouvernement rejeJé <: et qui touche à ses derniers instants, l'Espagne, plu» «pie tout autre, a donné des preuves de sa crainte et de son dévouement envers la France, twm-seufemenl par les secours réels qu'elle lui a prêtés , mais encore par le préparatifs qu'elle ■ t'ai'.-- jkjui les rendre efficaces. En vain avons-nous employé tous le- m* \ puissance le vrai chemin de l'honneur et de la gloire, en l'engageant a se réunir a nous, elle a persisté opiniâtrement dans des erreur- et de» mesures qui n'aboutiront qu'à sa destruction, et nous nous sommes \us, enlin. dan» la BéetssM il M fane connaître notre mécontentement en ron>oyant 900 chargé d allai' I noir:- < ■< ur. Quix. Mais, apprenant à présent que noire charge d'affaires, le conseiller Batzow, a été obligé de s'éloigner des États du roi d'Espagne, dan an délai déterminé, ni pouvons regarder cet acte que comme une offense a notre majesté, et nous lui i runs la guerre par la présente. En conséquence, nous ordonnons de Battre le -•■ utrcstre sur tous les vaisseaux e>pagnols qui se trouvent dans no- port», de l.ronfisquer, et d'envoyer à tous le.- commandants de nos force- de terre >'< de mer. l'ordre de procéder hostilement partout et contre tous les sujets du roi d'Espagne.
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la comprendre dans les hostilités qui allaient commencer contre la France. Le langage de l'empereur Paul était aigre , impératif : Charles IV lui répondit avec une hardiesse d'expressions qui lui était dictée, sans doute, par l'ambassadeur de la république ; la fierté espagnole se réveille contre ceux qu'elle appelle barbares , et le roi persiste à maintenir son alliance avec le directoire. Dans ce heurtement diplomatique , l'Angleterre profitait des colonies espagnoles alors en son pouvoir; elle en convoitait d'autres : Manille avec sa pèche de perles et sa cochenille rouge comme le corail , Cuba la puissante , et Mexico , et le Pérou couvert d'or sous le soleil ; ses croisières étaient à la piste de ces galions chargés de quadruples et de lingots qui venaient deux ou trois fois l'année alimenter les trésors de Saint-Ildefonse et de Buen-Retiro. Une guerre contre l'Espagne était tout profit pour la Grande-Bretagne, gagnant des richesses et n'exposant rien ; elle grandissait son commerce, s'emparait des colonies et des vaisseaux de haut bord , vieux cétacés des mers Pacifiques stationnés à la Corogne ou à Cadix. L'alliance de l'Espagne avec la France, mortelle pour la monarchie de Charles-Quint , lui attirait les hostilités de l'Angleterre, riche du commerce et de l'industrie espagnole.
Si la France avait peu d'alliés , pouvait-elle compter sur des neutralités sincères, en cas de revers surtout? J'ai déjà parlé de la Prusse, que le prince Repnin n'avait pu entraîner dans la coalition , quelles que fussent ses démarches actives. Tout en revenant satisfait de sa mission de Berlin, l'abbé Sieyès n'avait pas dissimulé au directoire, « que la neutralité de la Prusse tenait à des causes accidentelles , et que si la coalition obtenait des succès éclatants, la Prusse se joindrait à elle pour en finir avec la révolution française, et avoir sa part dans les dépouilles. Ce n'était donc qu'une neutralité armée et expectante devant les événements , on pouvait y compter dans la prospérité ; au cas de revers , le neutre deviendrait hostile et prendrait rang parmi les ennemis pour un partage , ou pour le triomphe ultérieur d'une cause qui ne serait plus celle de la révolution. Ces sortes de neutralités pèsent souvent plus aux cabinets qu'elles ne leur sont utiles , mieux vaut un ennemi déclaré, on sait alors à quoi s'en tenir *.
Le Danemarck et la Suède conservaient leur neutralité commerciale et la franchise de leur pavillon, ces deux États ne pesaient pas
1 Voir un rapport secret de l'abbé Sieyès au directoire, mais 1799.