LITTERATURE ET PHILOSOPHIE A LA FIS DO DIRECTOIRE
éternels refrains. Telle était l'époque : on avait vu des événements si graves , on sortait d'un temps si plein de tristes et fortes pensées ! MM. de Ségur n'étaient pas d'ailleurs des rimeurs vulgaires; leurs couplets avaient du charme ; ils en multipliaient les factures dans toutes les formes avec une grâce parfaite et un esprit fort heureux ; et j'ai retrouvé cette vieille chanson du temps, spirituelle et philosophique composition de MM. de Ségur ; ils cachaient des pensées hardies ou fortement réfléchies dans un refrain ; et ces finales en couplets spirituels étaient toujours applaudis , parce qu'ils correspondaient au mouvement des idées dans la jeune génération. En vain la vieille famille poétique de Chénier , de Lebrun , s'efforçait par de grandes œuvres de retenir la France dans les idées républicaines; elle avait soif de lui échapper. Le Français n'avait rien de grec ni de romain ; comme on l'avait plié malgré lui à ces idées , il secouait cette littérature de la toge et du laticlave ; il revenait impétueusement à ses mœurs , à ses usages, à ses habitudes. La révolution avait trop emprunté à Rome; elle avait oublié les caractères nationaux et le passé historique de la France !